25 décembre 2016

Tu vas la fermer...

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22 décembre 2016

Ça roule...

Me revoilà au mouillage! Enfin... J'ai quitté Santa Cruz vers 18h00 mardi. On est sorti du port peinard puis un gros grain est venu me titiller la poupe. Sabine et Jean-Sam ont de suite réduit ma tenue de bal pour une tenue plus sportive... Le vent est monté et j'ai de nouveau eu des sensations que je n'avais plus eues depuis longtemps! Y a pas à dire, passés 15 noeuds, je me sens beaucoup plus vivant... et mon équipage aussi!

Le vent est monté jusque 25 noeuds puis est redescendu autour des 15. L'eau filait sur mes flancs, chatouillait agréablement mes courbes arrondies! Puis, ça a molli sous le vent de Tenerife... J'ai un peu ralenti. 

Au petit matin, je suis arrivé au pied de falaises plus grosses que moi, bordées de plages de sable noir. A villa Gran Rey. Y avait un copain qui était là... il s'appelle Malin et à pour capitaine le parrain du Fanchou. Retrouvailles, récits des aventures respectives et jeu de tarot arrosés de mojitos,  bières ou caipirinhas dans cette petite ville gavée de touristes allemands. 

Mouillage sympa mais un tantinet rouleur... Au moins, l'équipage ne va pas se desamariner! Si j'ai bien compris, on va attendre le gros rougeaud dans le coin et décoincer dès que faire se peut vers le Cap Vert pour essayer d'y passer le 31. La fenêtre météo semble se maintenir. Ils essaieront de vous envoyer des photos. 

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16 décembre 2016

Le sens marocain de la vente...

Comment contre-argumenter?

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Cachééééé, coucou...

Vous voyez ces jeux avec cinq ou six billes alignées horizontalement, on en lève une d'un côté et pouf, quand elle retombe, elle lève son opposée. Ou plus simplement les tape-cul qui font rebondir les p'tites fesses des mômes dans les plaines de jeux, une fois l'un, une fois l'autre. Ben c'est un peu comme ça, la vie en quart.

On a repris notre rythme d'une heure cinquante de dodo, dix minutes de battement et de deux heures de veille. On appartenait donc trois fois deux heures à la nuit, à sa lune qui était presque pleine, à ses étoiles un peu timides vu les reflets d'argent de cette dernière sur la mer.A chaque fois que le soleil accélère sa course vers l'horizon et teinte le ciel de ses couleurs, tu te sens un peu petit. C'est un moment qu'on ne loupe que rarement. Il y a quelque chose de presque cérémonial à se goinfrer de ses derniers rayons. Une fois qu'il est parti de l'autre côté, vient la nuit...Tes yeux doivent s'habituer à l'obscurité, tes oreilles sont aux abois du moindre son, ton équilibre du moindre changement de rythme dans la course du bateau. Le gamin qui sort avec sa lampe frontale allumée et t'explose les pupilles comme un radar ton compteur de vitesse, comprend vite à ta réaction, qu'il ne devra plus recommencer! Le radar, lui, ne comprend pas hélas! Car ça prend du temps de s'habituer au noir, de rentrer dans la nuit pour qu'elle t'appartienne un peu. Bon, là, la Lune était là, se couchait tard, peu de temps avant que l'astre solaire ne revienne. Donc, c'était plus aisé que par une nuit nuageuse sans lune.

Ton sommeil doit, quant à lui, s'habituer à l'alarme qui sonnera trois fois... Hachant menu tes rêves, coupant court à tes soupirs d'aise, t'agitant de mouvements aléatoires et maladroits pour taper sur la gueule de cette machine qui t'en fait presque devenir une. Tu dois profiter de la première minute allongée, apprendre à respirer pour que tes yeux pénètrent rapidement dans leur propre nuit, où aucun cargo ne risque de t'éventrer! Une fois que tu as fait taire l'alarme, à la mine! Tu mets tes chaussettes, tes bottes, ta veste, éventuellement une écharpe et un bonnet, presque mécaniquement, encore enrobée de coton tout doux. Tu sors et celui qui veille rentre profiter de la couette à son tour... Tu deviens la veilleuse. Tu retireras ton bonnet à un moment, tu quitteras le coton pour la veste de cuir et ton harnais deviendra une guitare électrique, tu hurleras les paroles d'Izia aux vagues qui se sont transformées en fans en délire!
Et ça recommence au bout de deux heures.              

Peu à peu, une partie du ciel devient moins sombre à l'Est. C'est celui qui chauffe, rassure, éveille qui revient. La nuit descend alors que lui monte. A nouveau des oiseaux volent!

Comme les tape-culs, comme les billes. Et c'est chouette car ce genre de petits jeux plaît en général aux gamins. Ils ont donc goûté, évidemment au soleil qui tombe, la nuit qui monte... Mais cette fois aussi, un peu aussi à l'alarme, au bonnet et au concert rock!

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15 décembre 2016

Escale prévue atteinte !

Me voilà bien arrivé aux Canaries, à Tenerife. 

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Je suis à Santa Cruz depuis hier, dans la nuit... Mes belles formes en alu ont touché le quai vers 3 heures de matin dans la nuit qui était d'une douceur qu'on avait pas encore vraiment sentie depuis le début du voyage. La température de l'eau aussi... ma coque filait dans une eau à 20 degrés!

Je crois qu'on ne va pas rester quinze ans ici... car l'île offre pas mal de mouillages... donc, ceux qui voulaient envoyé un colis, attendez une nouvelle adresse! Et ceux qui l'ont fait, peuvent-ils nous contacter pour nous prevenir de la date d'envoi? Merci à tous... 

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09 décembre 2016

L'argent n'a pas d'odeur?

... Je ne sais pas qui est le crétin qui a sorti ce dicton, mais ce jour-là,  il ne devait pas avoir les narines en face du nez tout de même! 

Évidemment que le flouze a une odeur... On dit bien "ça pue le fric!", là ok, je suis d'accord!

Essaouira est un petit joyau de la côte marocaine. Quand tu arrives en bateau,  tu aperçois des cailloux découpés où vient s'éclater en écume bouillonnante la houle, même calme, une île débordée par la présence d'oiseaux en tout genre et une enfilade d'habitations tantôt rouges brique, tantôt crème comme un lait russe. On aurait dit Douarnenez depuis Beluga.

Le port est un régal pour les yeux... Ça grouille de partout, les gens crient leur pêche, leurs efforts, leur joie des caisses bien remplies. Ça circule à vélo, en mobylette, en tchouktchouk, en voiture... Bref, ça fourmille dans un joyeux bordel un peu crasseux que j'aurais pu scruter la journée durant.

La ville, c'est un autre monde. On a été saisi par le contraste avec Salé qui avait plutôt les allures du port d'Essaouira que de sa médina. J'en avais presque mal au bide dis donc...

Tout y est propret, charmant, mignon, arrangé. Le souk est une enfilade d'échopes colorées au fond desquelles tu te retrouves en un clin d'oeil avec un magnifique collier berbère dans les mains, sans savoir comment! Ils sont des virtuoses, ces marchands, des grands malades de la bourse, des tacticiens hors pair dans la technique de vente, des magiciens du verbe (les italiens font bien triste mine face à eux)! Et vas-y que je te fais un cadeau au blondinet, un autre à la blondinette.  Paf, ils ont les gosses dans leur poche d'ailleurs bien taillée..."Il est trop gentiiiil le monsieur...!". Ceci dit, c'est bien sympa tout de même de se retrouver à boire un thé à la menthe avec eux et à se faire baratiner des proverbes berbères en veux-tu en voilà! Et finalement, tu ressors avec un magnifique collier berbère dans le sac que tu as négocié "comme une vraie berbère".

Bref, c'est sympa mais c'est un peu Disneyland ou Locronan si tu forces le trait! Tout y fait pour que les touristes que des cars dégueulent du matin au soir allègent un peu le poids de leur bourse (au singulier hein!). Tu te demandes un peu où est la vraie vie, tu te dis que tout cela, pue un peu le fric tout de même et que ce satané blé a même dénaturé les pavés de cette jolie ville!  Reste plus qu'à se perdre un peu plus loin  peut-être, dans des méandres trop tortueux et trop étroits que pour y sortir un zoom ou encore retourner se faire un café au bateau pour y faire entrer les parfums de la vie des pêcheurs, qui elle, finalement, n'a d'autre odeur que la sienne! Et surtout,à ramener l'autre imbécile à Essaouira pour lui recalibrer les narines!

On vous enverra des tranches de vie marocaine du port en photos prochainement!

Posté par sabineetjeansam à 15:48 - - Commentaires [2] - Permalien [#]

Essaouira... qui Essaouira bien le dernier!

Nous voilà enfin un peu plus au Sud... on est descendu de trois degrés de latitude, on le sent... Il est bientôt 19h30 et l'équipage est toujours en T-Shirt dehors!

J'ai a pu hisser les voiles entre quelques moments de moteur. Jean-Sam a eu l'idée de tangonner l'Eugene, loin de toute image scabreuse, il s'agit de brider le génois avec un tangon pour pouvoir faire du vent arrière.  Sabine était perplexe mais je me comportais en vrai funambule expert dans la houle... je gigotais beaucoup moins et je pouvais descendre directement vers le cap voulu. Je l'ai donc bien convaincue!

Pour les navs de nuit, ils ont fait retentir une alarme toutes les 1h50 et se relayaient comme ça... Ils semblaient moins fatigués et bien dans le rythme... leurs yeux avaient moins l'air de ceux de batraciens en pleine traversée du désert lorsque le réveil sonnait la relève de quart.

Me voilà dans le petit port minuscule d'Essaouira. Ça grouille de partout autour de moi... que des bateaaux de pêche,  il y a seulement deux collègues à la voile avec qui je peux allègrement discuter puisque je suis à couple! Ça débarque des caisses pleines de poiscaille en tout genre, ça les fait griller sur les quais, ça brasse, ça gueule, ça vit.

 

Bon, moi je n'ai pas été me balader dans la ville évidemment.  Mais tout l'équipage y est allé et semble un peu moins conquis que par les ruelles poisseuses de Salé,  ses facades décrepies, les gens. Essaouira est, de ce que j'en ai saisi, beaucoup plus lêché... Le souk est davantage une machine à rabattre les promeneurs dans les boutiques pour leur faire acheter ce dont ils n'ont pas besoin qu'un vrai marché. Bon, je suppose qu'ils vous raconteront ça plus largement demain... là, ils vont pas tarder à tomber comme des mouches sous le poids de l'enclume du sommeil ! 

 

 

 

Posté par sabineetjeansam à 14:43 - - Commentaires [1] - Permalien [#]