16 août 2017

Déserts de Nouvelle-Ecosse

Nous voilà dans l'Atlantique Nord. Certains d'entre nous l'attendaient un peu avec impatience après quelques nuits tropicales étouffantes où moustiques et sueurs s'allient et transforment doux rêves en cauchemars. Le beurre aussi semblait attendre un peu de fraîcheur. Notre groupe froid étant gravement décédé, il fondait lamentablement quelque soit notre système D de refroidissement. On rêvait donc de beurre solide et de nuits ventilées. Les nuits se sont refroidies, nous permettant de renouer avec un sommeil sans obstacles jusqu'à l'aurore et le beurre a retrouvé une consistance normale. On peut même conserver du lait plus d'une journée sans qu'il ne se transforme en fromage. Nos banettes sont à nouveau équipées de couettes où chacun s'enroule avec grand plaisir après une soirée frisquette. Les shorts sont au placard et les jeans de sortie, les bottes ont détrôné les tongs et les bonnets les borsalino. On a retrouvé les manches aussi, et avec elles, cette désagréable expérience qu'on avait oubliée, celle des manches que tu remontes pour faire la vaisselle mais qui finissent toujours par redescendre en effleurant l'eau grasse juste avant que tu n'aies le temps de les remonter à nouveau! L'eau des réservoirs atteint une température où il devient difficile d'envisager une douchette même éclair sur la jupe arrière. Le ciel a perdu ce bleu profond, son soleil fidèle et ses vents réguliers.

Beluga se noie souvent dans une fleur de coton épanouie. On apprend à lire son approche lorsque l'horizon est clair... On découvre ces nuances inconnues des Tropiques où le brouillard n'existe pas. Ici, il est roi... Une fois qu'il a avalé la côte et la mer, qu'il ne reste plus que le brame incessant des balises pour habiter cet univers blanc, on cherche les signes précurseurs de sa disparition... Du blanc terne et gris, on peut passer à un blanc plus lumineux lorsqu'on quitte le centre de la fleur et qu'on se rapproche de sa périphérie où le soleil perce enfin les fins pétales! Ou pas... Il arrive que pluie et brouillard ne quittent pas le ciel de la journée et de la nuit. On quitte un mouillage et on arrive dans le prochain dans cette même fleur de coton parfois très humide, devinant à peine le rivage.

MAISONBRUME

Le soleil, quand il est là, rend à chacun ses couleurs et ses contrastes. Les îles rocheuses éclatent sur l'horizon, parfois surplombées par un phare respectable. Les plages de galets encore brillants de la marée descendante tranchent avec l'orée des forêts où se dressent des sapins patibulaires. Les quelques maisons timides dans la brume affichent presque fièrement leurs couleurs vives ou leur façade ornée de détails parfois kitsch.
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Un hangar de tôle rouillée, oublié au fond d'un jardin, prend des teintes orangées dignes des plus beaux couchers de soleil caribeen. On croise peu de bateaux et dans cette côte découpée où se multiplient les repaires secrets d'anciens contrebandiers, rares sont les mouillages où on a de la compagnie. Les oiseaux du large accompagnent encore souvent nos voiles et des phoques gris nous saluent parfois de leur regard moelleux à l'approche des côtes toutes un peu esseulées!

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On est presque surpris quand on entend un chien aboyer au loin, quand on devine une silhouette humaine au bout d'un quai ou juste un bateau. Alors quand en plus, on a une connexion wifi qui tombe du ciel, on en profite pour vous envoyer des échos de tout ça.

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On surfe et... Pas sur de l'eau!

Nous sommes allés aux quais du waterfront de Halifax. Fanch et moi, nous étions dans ma cabine en train de "coudre" quand Papa nous a crié de venir voir. Nous sommes donc allés dehors. Une fois sortis, j'ouvris grand les yeux et je sentis une bouffée d'excitation monter en moi. On était amarrés a un petit ponton normal mais autour de nous, sur la terre, il y avait des restos, des petits immeubles et plein de personnes qui grouillaient à coté de tout ça.

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On s'est très vite préparé tellement on avait envie d'aller visiter Halifax. Nous avons fait un peu de skate avant de partir et Malo a continué à en faire jusqu'à ce qu'on arrive sur une grande place. Au centre il y avait une très grosse (et fausse ) vague sans doute en béton. Il y avait aussi un bâtiment décoré d'écriture et de queues de baleine et même un sous-marin (en plastique) transformé en pleine de jeux. Fanch et moi, nous avons foncé droit dessus, après avoir demandé si on pouvait... On essayait de grimper tout en haut mais presque à chaque fois, on s'arrêtait à la moitié et on glissait sans pouvoir lutter. 

Mais à un moment, j'ai pris un grand élan, pieds nus, et j'ai couru vers la vague. En chemin, j'essayais de ne pas glisser en appuyant fort sur mes pieds... Et j'ai réussi à monter au sommet.

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Après, c'est devenu un jeu d'enfant (le pire, c'est que c'était un jeu d'enfant!)... Je grimpais sans élan, à l'endroit, à l'envers! On s'est vraiment bien amusé!

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15 août 2017

Skate et cinéma à Halifax

Quand nous sommes arrivés au centre de Halifax en bateau, nous sommes allés nous balader en ville et Papa a sorti son skate. Il nous a montré quelques trucs pour monter sur la planche à roulettes.

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Lorsque nous sommes arrivés sur une petite place, nous nous sommes entraînés pendant que les parents discutaient entre eux. Après maints efforts nous avons réussi à tenir debout et à avancer sur le skate.

 

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Le lendemain, nous sommes revenus avec Papy sur cette place et nous avons continué notre apprentissage rigoureux.

Ensuite, nous sommes allés voir un court-métrage qui parlait du Bluenose, un bateau qui avait été conçu pour participer à une course nommée la Fisherman Race. Il était très rapide, ce qui lui permettait d'arriver le premier sur les grands bancs de Terre Neuve où on pêchait la morue à l'allée et à la criée au retour. Il a gagné toutes les courses de la Fisherman Race auxquelles il a participé. Le film était diffusé dans une demi-sphère juste à côté du musée maritime d'Halifax...

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La vague d'Halifax

Halifax c'est un endroit du Canada. C'est à Halifax qu'on a retrouvé mon papi. Il avait apporté deux reccueils de Spirou. Il y avait vague dure. Des enfants grimpaient dessus. Moi aussi!

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09 août 2017

Mother Nature is in charge (spéciale dédicace à Greg de Norfolk)...

Beluga a quitté les côtes etatsuniennes vendredi dernier après une dernière escale à Boston. Robin, Lola et Julien y ont repris l'avion, laissant un grand vide là où avant, il y avait leurs chaussettes, leurs sourires, leurs pyjamas, leurs regards, leurs dessins, leurs blagues, leurs culottes ou caleçons. Dans un si petit espace, chacun prend une place qui devient vite béante une fois qu'il s'en va! Alors on s'est un peu forcé et on n'a pas traîné dans les faubourgs de l'aéroport où un avion survolait toutes les deux minutes notre mat.

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Les amarres larguées, les voiles hissées, Beluga a mis le cap sur la Nouvelle Écosse, faisant le deuil du Maine et de ce bout de famille repartie. La fenêtre météo était là, il ne fallait pas la rater dans ce coin de l'Atlantique où la stabilité des Alizés fait rêver. On y passe rapidement de la pétole au coup de vent, en passant semble-t-il rarement par la jolie brise, tout ça avec une girouette opérant des demi-tours radicaux d'une journée à l'autre. Les prévisions nous annonçaient trois jours de vent de secteur Sud, un peu Sud Est qui s'orienterait de plus en plus en Suroit. C'était pas un portant bien franc mais faut pas cracher dans la soupe, surtout par ici...

Heureusement que nos têtes étaient emmitouflées de ces bons moments de tribu élargie... Il y a eu du brouillard dès la première nuit. La pleine lune s'est voilée comme dans certains films où surgit le loup-garou, puis elle a complètement disparu. On était comme dans du coton, mais du coton très, très humide. Notre bon vieux radar est devenu nos yeux et on priait un peu, sans le dire, qu'il ne se mette pas à faire la tronche! La deuxième nuit a commencé avec le débarquement de Golgoths électriques. Moi, j'ai fait l'autruche dans mon sac de couchage et Jean-Sam a mis ses lunettes de soleil pour ne pas devenir aveugle sous le coup des trop nombreux éclairs. Quand mon quart a sonné, les Golgoths filaient au loin sur l'horizon et Jean-Sam semblait revenir d'un match de boxe. Mais la purée de pois leur a rapidement succédé, voilant à nouveau une lune bien ronde! Il faisait froid. Le vent piquait un peu. Bonnets, cache-cou, chaussettes et bottes étaient évidemment de la partie. Le brouillard est resté une bonne partie de la journée. On a entendu un cargo claironner dans notre travers, arrachant à notre coeur quelques battements! Puis le coton est devenu moins épais, plus lumineux.

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Il laissait presque percer le soleil. Ensuite, toujours à ce moment que tu n'attends plus, tu remontes de la descente après un check-up radar, échevelée sous un bonnet de traviole, et là, tes yeux un peu cernés sans doute et pas tout à fait en face de leurs trous clignent voire double-clignent devant la ligne bleue qui s'étire bien nette à l'horizon. Il n'y a plus cet effet fondu, tu vois le haut du mat... La brume est partie! C'est presque un autre monde dans la même journée.

Les oiseaux étaient là à nouveau, des océanites cul-blanc sans doute et des puffins majeurs peut-être. Les uns, petits, volent à ras de l'eau, l'effleurant parfois d'un jeu de pattes qui vaut largement un jeu de jambes James Brownien.

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Les autres, plus grands, plus ventrus, ne payent pas de mine à côté d'un fou de bassan. Mais leur vol est plus fascinant que le sourire de la Joconde! On dirait qu'ils ne volent que pour le plaisir de voler. On les voit rarement plonger.

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Ils semblaient accompagner Beluga, planant tout autour de lui et venant parfois caresser du bout de la dernière plume de leur aile la vague la plus proche. On a vu des ailerons... Entre requins ou sunfish ou autre, on ne sait plus trop. On a vu une énorme tête aussi. Au début, on pensait à un phoque frappé de boulimie mais une carapace d'un bleu qui se confond avec la mer traînait derrière l'occiput. Une tortue Luth! Elle était énorme, comme la sensation de la voir là, au milieu de ce rien qui est tout en bateau. Il y a eu des dauphins aussi... furtifs. Le brouillard et les éclairs nous ont enfin laissé tranquilles.

On a eu une dernière nuit étoilée et une dernière journée lumineuse comme une journée de montagne. Le coucher et lever de soleil prennent leur temps par ici, l'un étant le négatif de l'autre.

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Les couleurs s'enflamment lentement jusqu'à teinter le ciel d'un rouge incandescent qui tombe ou apparaît derrière l'horizon. Le vent nous poussait, les oiseaux aussi. On a donc décidé de poursuivre la route au lieu de risquer de s'enfermer dans les bras de Yarmouth. On a passé le Cap Sable. Les abris se faisaient plus nombreux, offrant un repli au cas où la météo prévue change d'humeur trop vite. Beluga a pointé la côte et le phare Sambro, en milieu d'après-midi, laissant derrière lui la vie du large et ses oiseaux. Il aurait bien continué je crois. Mais derrière la pointe, il y avait Halifax où un avion ne va pas tarder à atterrir !

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Nota Bene : mon reflex étant gravement décédé, j'ai piqué les photos des animaux volants sur la toile!

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P'Town, la grillade!

Dans la baie de Province Town, alors que nous étions au mouillage, nous avons vu des pêcheurs qui remontaient des poissons quatre par quatre... Aussitôt dit, aussitôt fait, le lendemain, nous allons dans la vile touristique en quête d'un magasin de pêche. Nous en avons trpouvé un qui possédait tout ce que nous cherchions. Au crépuscule, armés de nos cannes, Robin et moi avons commencé à pêcher... Au bout de deux minutes, Robin a remonté six maquereaux d'un coup ! Nous avons ôté les hameçons de leur bouche et nous les avons mis dans un seau...

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Pendant ce temps, j'en ai remonté cinq autres. Nous croulions sous les poissons. Nous avons finalement décidé d'arrêter quand nous sommes arrivés à quatorze pêchons. Nous les avons cuisinés au four avec des oignons et des poivrons ainsi que des pommes de terre à la cocotte-minute. Un pur régal!Mais nous avions mis de côté six poissons ! Le lendemain, nous avons levé l'ancre pour se rapprocher d'une jolie plage. Nous avons mis le bois fouillé à l'eau, j'ai débarqué avec tandis que les autres débarquaient en annexe... Nous nous sommes baignés et nous sommes approchés au maximum d'une colonie de phoques jusqu'à ce que nos ventres crient famine ! J'ai donc eu l'idée de griller les derniers maquereaux sur la plage avec un petit feu... Maman aussi était partante. Nous avons demandé l'avis de papa. Il n'était pas contre. Aussitôt dit, aussitôt fait, nous avons ramassé du bois avec Robin nous avons créé un foyer en creusant un trou dans le sable pendant que maman allait chercher la grille et les poissons restés au bateau. Nous avons vite obtenu de belles braises. Nous avons positionné les poissons sur ce grill improvisé...

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Peu à peu, l'odeur de la viande s'est fait sentir. Tandis que nos estomacs hurlaient à la mort, nous conservions notre sang froid légendaire pour ne pas nous jeter sur les grillades ! Une fois la cuisson finie, nous avons emballé la viande, nous avons repris la grille et nous sommes partis dare dare au bateau. Arrivés au bateau, nous avons fait une petite salade et... aussitôt dit aussitôt fait, nous avons attaqué la nourriture...

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08 août 2017

Un beluga au milieu de baleines!

 

Il n'y a pas très longtemps, nous avons rencontré des gens qui vivaient sur un bateau (à voile). Ils nous on dit que pas très loin de là où on était il y avait des baleines. Comme on rêvait d'en voir depuis le début du voyage et que c'était sur notre route, nous avons mis le cap sur CAPE COD. Une fois arrivés là-bas, nous nous sommes posés au bateau. Chacun avait une occupation différente. Malo et Robin pêchaient, Lola et moi, on jouait au pendu. Maman, Papa et Julien discutaient et Fanch bah... aucune idée. Dans la baie de P'Town, il y avait plein de phoques. Ils étaient gris-noir et leur tête ressemblait un peu à celle d'un chien. On les guettait depuis l'étrave...

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Le surlendemain, nous sommes partis à la plage d'en face. Là-bas, il y avait peu de fond à 20, 30 mètres de la côte mais après ça descendait d'un coup. Dans l'eau peu profonde, il y avait une colonie de phoques. On les entendait rugir et meugler ! On a passé quelques temps à la plage.

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Le lendemain, Beluga a filé vers les baleines. On a mis du temps à les trouver, mais avec papa dans les barres de flèche et des gros bateaux à moteur qui les cherchaient aussi, on a vite eu des indications. Nous étions à l'avant depuis cinq minutes Lola et moi quand nous avons vu notre première nageoire caudale de baleine à bosse! On a changé plusieurs fois de direction, en suivant ou en s'écartant des gros bateaux. On a vu une grosse forme noire avec un minuscule aileron... C'était le dos immense d'une autre baleine ! C'était le plus gros animal que j'ai jamais vu... En tous les cas, quand on les voit, on a vraiment l'impression de se transformer en fourmi...

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Posté par sabineetjeansam à 21:17 - - Commentaires [3] - Permalien [#]