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Bugale de Beluga
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En bref, pour les pressés!
Les bugale ont retrouvé le plancher des vaches. Moi aussi d'ailleurs, mais je commence à trouver le temps long sur le parking! Le clapotis de l'eau me manque... Je cherche toute personne qui, dans le même état, est prêt pour l'aventure. Faites-nous signe!
Qui est Beluga?
Je suis un Maracuja 42 en alu des chantiers Sindbad. Je suis né en 1983. J'aime quand on éteint le moteur après avoir déroulé le génois et je n'aime pas être hors de l'eau!

DSCN0007BLOGJ'ai quitté les côtes françaises avec les bugale en octobre 2016 pour une aventure de trois années. On a vécu ensemble des moments forts entre les globicéphales au Nord de Sainte-Lucie et les baleines à bosse et baleines bleues du Canada, les fjords de la Nouvelle-Ecosse et de Terre Neuve, le sable noir des Canaries et les lagons turquoises des Iles vierges, les sourires francs et massifs des Cap-verdiens et les notes créoles antillaises. On a traversé des grands silences et des peaux du diable, entre pétole et gros vent. A bord aussi, la vie à 5 se fait intense, entre coup de gueule et cris de joie, c'était rarement le calme plat.

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Et qui sont les bugale...?

20180118_235627Je m'appelle Fanch. J'ai 9 ans. Je n'aime pas être en chantier et naviguer au prés. J'aime bien manger des noix de coco et des mangues ou mettre Beluga à la cape quand il y a un orage. 

20180209_124942Je m'appelle Marjane. J'ai dix ans, bientôt onze. Je n'aime pas quand l'évier se bouche et que je dois faire la vaisselle ou rester trop longtemps à la même escale. J'aime cuisiner des pâtes au thon à la crème ou voir des dauphins ou des baleines tout près du bateau. J'aime aussi dépasser un autre bateau!

20180119_000025Je m'appelle Malo, j'ai douze ans et demi bien tassés. Je n'aime pas que rien n'ai mordu à la ligne de traîne à la fin de la journée ou que je monte une ligne et qu'elle se casse dès le début. J'aime qu'un thon y morde, j'aime le vider et le cuisiner! J'aime me glisser dans la couette pour me réchauffer quand il fait froid ou constater qu'en 24 heures, on a fait une moyenne de 180 milles.

20180207_082626Je m'appelle Jean-Sam. Je n'aime pas quans les voiles battent par manque de vent ou faire un manque à virer. J'aime avoir envie de prendre la barre à la place du régulateur quand Beluga avance bien!

20180219_110723Je m'appelle Sabine. Je n'aime pas quand le vent s'essouffle jusqu'à s'évanouir complètement ou quand le réveil sonne et m'annonce ma prise de quart de nuit. J'aime surprendre le regard d'un de mes enfants se perdre dans le bleu ou plonger dans des constellations encore inconnues ou une pleine lune généreuse tout en écoutant Izia.

Archives
12 février 2017

La houle, c'est tantôt haut tantôt bas!

J'ai quitté Mindelo mardi 24 janvier en début d'après-midi. Enfin, c'est ce que me dit le livre de bord tenu par mes chefs de bord aussi scrupuleusement qu'un inspecteur des impôts qui croit que l'argent du contribuable est le sien tient ses registres...
Ça soufflait bien dans le chenal qui sépare Santo Antao et San Vincente. On filait à plus de six noeuds sous trinquette et deux ris dans la GV. Mais, Santo Antao, c'est un peu la Tenerife du Cap Vert. L'île a un sommet qui n'a rien à  envier au Pic du Teide espagnol! Il me toisait de ses 1979 mètres de haut et surtout, m'a cassé les généreux Alizés  jusque tard dans la première nuit. J'étais sous son vent à ce satané sommet. Remonter le chenal pour passer au vent de l'île nous aurait obligés à faire du près dans une mer désagréable...
Bref, première nuit un peu frustrante...

Mais au petit matin, on ne distinguait plus Santo Antao et l'air hautain de ses hauteurs n'avait plus d'emprise sur le vent. Des poissons volants virevoltaient autour de ma coque.

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Ils m'ont toujours bien fait marrer ces individus qui semblent hésiter entre l'air et l'eau. Certains maîtrisent les deux éléments et réussissent des slaloms étroits entre des vagues rapprochées tout en caressant de temps en temps du bout de leurs ailes l'eau bleue. D'autres, peut-être plus jeunes, peut-être simplement très peu habiles, étaient à peine sortis d'une vague écumante qu'ils se prenaient la suivante en pleine face et s'arrêtaient telle une mouche qui se prend un pare-brise.

A bord, chacun prenait ses marques. Le temps était à nouveau rythmé par la vie des quarts. Ils avaient opté pour une tactique en 3-2-2. Ils commencaient par trois heures de veille et de sommeil puis deux et deux. Les levers et couchers de soleil balançaient tout cela. Le pain aussi, a fait son apparition au bout de la troisième ou quatrième nuit. C'est Jean-Sam qui s'y collait... et à la fin de son quart du petit matin, ça sentait la boulangerie dans le bateau,  avec un pain tout chaud qui sortait du four. Le déjeuner et le goûter étaient également des moments chaque fois attendus et marqués. J'ai vu défiler des burgers, des darnes de bonite fraîchement pêchée, des crêpes, des pizzas, des gâteaux au chocolat,  du stoemp, du gâteau au yaourt, de la soupe froide de betterave rouge, des pancakes...

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Bref, c'était presque Top chef à bord  gaque jour. Les mômes ont fait des cabanes de doudous improvisées ici et là dans mon ventre, ils ont joué aux capsules... Ils sont dingues des capsules et les collectionnent à plus soif,  ils seront incollables sur les bières de chaque pays à la fin du voyage ! J'espère que cela ne va pas heurter l'éducation nationale! Et donc, ils s'inventent des jeux auxquels le plus expert des gamers ne comprendrait sans doute rien de rien! Ils ont essayé de toucher du bout de leur pied ma vague d'étrave qui n'en finissait plus de chanter... Ils ont bouquiné pas mal. Après le réveil,  même Fanch prenait un j'aime lire et le lisait à haute voix, lové dans les bras de sa mère. Ils ont très peu regardé de films et les jeux numériques sont toujours interdits de bord! Bref, c'était plutôt sympathique.  

En fin de première semaine, assez rapidement en fait, le vent s'est établi autour de 25 noeuds, parfois plus, parfois moins. La houle a pris de l'embonpoint et écumait de partout... La mer est devenue forte et, peu à peu, elle est même passée à grosse. Je dévalais des collines d'eau bleue. Ça déferlait tout autour...

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C'était surtout la nuit que le vent se faisait capricieux, avec des grains qui amenaient des rafales et même de la pluie parfois. Ils ont joué avec ma garde-robe comme ils aiment bien faire dans ces cas-là... Je suis passée à trois ris dans la grand voile et trinquette... Puis, ils ont carrément fait tomber la GV et ne m'ont laissé que la trinquette à l'avant. Très vite, le génois tangonné est venu lui tenir compagnie. Moi, j'étais bien. On a bien rigolé avec Zizou. C'est un sacré équipier, en or même! Je salue à nouveau au passage ceux qui  l'ont aidé à embarquer avec nous d'ailleurs! Je me bouffais presque 150 milles par jour.

Mais, ça tire sur la couenne de l'équipage  ce genre de condition...   Mes mouvements parfois rendus brusques par ceux de la mer, étaient susceptibles d'envoyer dinguer n'importe quel sumo d'un bout à l'autre du carré ! Tout devient compliqué et exige des efforts... Faire à manger, ranger, faire pipi ou plus gros, se faire une toilette de chat, se brosser les ratiches, s'habiller pour la nuit, s'habiller pour le jour. Alors est arrivée la fatigue... surtout en fin de deuxième semaine. Les mômes mettaient moins le nez dehors et avaient moins de ressort. Les conflits ont, à l'instar de la houle, pris de l'embonpoint ! Mais entre les enfants uniquement. Entre Sabine et Jean-Sam, c'était un peu comme entre Zizou et moi!  Le temps leur est devenu un brin plus long,  aux petits monstres... La seule chose qui les mettaient encore en mouvement, c'était ma vague d'étrave et son écume ou leurs capsules.

Ma vague d'étrave, par Beluga, Maracuja 42


Les relèves de quart étaient plus douloureuses, avec un sas de passation de plus en plus court. La joie de celui qui allait se coucher était proportionnelle au dépit de celui que l'alarme de la tablette arrachait à ses rêves! Certains gestes devenaient automatiques... J'ai par exemple surpris Sabine en train d'essayer d'allumer ses lunettes de soleil qui reposaient sur sa tête,  à l'endroit même où la frontale séjournait la nuit.
Mais l'océan étalait chaque jour un doux camaïeu de bleu clairsemé des colères de l'écume et le vent permettait à l'eau de fredonner vitesse et bercement  le long de ma coque. Tous les deux, ils parvenaient à captiver les troupes et à faire du point sur la carte l'épisode d'une série aussi captivante que Game of throne...

Alors est venu un jour, le moment où je suis entré dans le dernier carré de la carte, le moment où j'ai passé le fuseau horaire de la Guadeloupe, le moment où il ne restait que 100 milles, le moment où mon étrave a découvert une langue de terre,  le moment du dernier souper et celui du dernier petit-déjeuner, le moment où on a allumé le moteur, le moment où on a affalé la dernière voile à poste, le moment où les aussières ont été frappées à mes taquets puis à ceux du ponton et enfin, le moment où je me suis immobilisé. Il y avait plus de 2100 milles entre mes deux dernières escales, un océan tout bleu, quinze journées et quinze nuits mais il y avait surtout l'histoire d'une drôle de tribu tantôt complice tantôt tiraillée, qui essaie d'avancer, avec des hauts et des bas, des cris de joie ou de colère, des fous rires ou des crises de nerf...

Maracuja 42, Beluga, en transat...

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23 janvier 2017

Bye bye "petit pays"...

 

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On a adoré le Cap Vert mais il est temps de mettre les voiles. On ne vous dit pas quand précisément car ça porte la poisse ce genre de truc.

On a hésité à aller mouiller sur Santiago, Fogo, Brava et Santa Antao... Le temps est compté. Alors il faudra revenir, lors d'un prochain voyage. C'est fou ces escales qui manquent déjà alors qu'on ne les a pas encore quittées. Y'a un p'tit tourbillon dans les tripes, même si on a envie de voir la houle atlantique caresser la coque de notre Beluga.

Le cap sera celui de Marie-Galante, même si les plus de 2000 milles qui nous en séparent peuvent évidemment bouleverser nos plans.

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C'est bizarre aussi, un peu, de se dire que, pour le moment, on est encore du même côté de l'Atlantique que vous tous...Et que, si tuti va bene, normalement, en touchant du bois et de la peau de singe, en allumant tous les cierges possibles, en croisant les doigts, peut-être, que la prochaine fois qu'on vous enverra un message, et bien... Je vous laisse deviner la suite car je n'ose même pas l'écrire. 

D'ici là, bon vent et belle mer à tous!

 

 

9 septembre 2016

Les Grands sables, Groix.

Après une prise en main dans le golfe du Morbihan à silloner les îles début septembre, voilà enfin qu'ils se décident à me donner du large... On quitte la baie de Quiberon pour rallier Lorient. Mais hélàs, Eole n'était pas au rendez-vous. Du coup, bourrin de la partie. Je n'ai pas pu leur montrer ma garde-robe dans une jolie brise!

Après une nuit au mouillage devant Locmiquélic presque envasé dans mes 90 cm de tirant d'eau quille relevée, on lève l'ancre pour l'île de Groix. Là, ça fouffle un peu. Il m'habille de la trinquette. Elle n'est plus toute jeune la pauvre mais bon, je fends les vagues malgré tout...

Une fois arrivés, on jette l'ancre à quelques longueurs de la plage des Grands Sables, une des seules plages convexes d'Europe. Et là, tous à la flotte...

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2 novembre 2016

Hà tempo...

Quelle surprise de découvrir du breton sur la poupe d'un bateau portugais! Et puis, ils ont bien choisi leur expression. Elle résume tant l'atmosphère du pays que l'ambiance du bord du moment puisque de toute façon, on est coincé dans l'embouchure du Tage jusqu'à l'arrivée de Maurice II le régulateur.

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3 janvier 2017

Farniente tropical...

Depuis hier, nous sommes au Cap Vert sur l'île de Sal. On est au mouillage près de la petite ville et de la plage. Malo, Fanch et moi, on raffole se baigner autour du bateau. Parfois, papa et ou maman nous rejoignent.

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Vers midi, on mange léger car il fait chaud : tomates, concombres, carottes avec des bouts d'orange... Avec un peu de chips et du fromage et du pain. Après, on se repose puis on ressaute dans l'eau !

 

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On joue aussi sur le pont ou sur la jupe arrière. On s'est baladé en ville puis on s'est posé sur la plage où des enfants jouaient au foot. On a joué avec eux... Fanch, lui, s'est trouvé un copain chien qui courait après chaque bâton !

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21 janvier 2017

La rue du Canada sur la plaza Estrella...

Je venais d'aller poser trente tonnes de linge sale dans un lavomatic. Il allait tourner pendant un bon bout de temps. Alors, je me suis assise pour boire un truc frais en observant la vie qui passait sur la plaza Estrella de Mindelo.

Il y avait une dame assez âgée derrière le comptoir de son petit bouis-bouis. Le nez un peu relevé, des yeux qui te regardent un peu de haut tout en restant curieux, presque tendres. Je lui ai demandé une boisson... Quand elle est sortie des coulisses, sa silhouette a dévoilé une longueur de jambes presque infinie pourtant coupée par une jupe qui lui descendait juste sous les genoux. Une jupe droite. Elle avait le pas ferme qu'accentuait le claquement des tongs sur le sol.  Elle avait des mollets encore bien dessinés et quelques varices dessinaient de jolies courbes en descendant sur ses chevilles. Après, il y a eu ses mains, elles avaient des doigts longs, ridés, fins, marqués d'une certaine raideur au milieu des doigts que finissent parfois par infliger les années qui passent.

Il y avait son homme avec elle. Un visage rond et bonhomme, plus souriant de prime abord que celui de la châtelaine. Il avait un air rieur : je l'ai senti toujours prêt pour la déconne.

C'était mes grands-parents. Surtout elle... Lui, je ne l'ai vu qu'après, par glissement en fait. Alors je les ai observés, du coin de l'oeil et j'ai savouré ce voyage spatio-temporel tout en me sentant un peu fragile, des images du 59, rue du Canada à Forest me remontant doucement d'on ne sait quel recoin de la tête ou plutôt des tripes.

On y est retourné plus tard, dans l'après-midi, avec les enfants. Elle nous a servi des assiettes aussi généreuses que celles que ma grand-mère nous sortait, quelque soit l'heure du jour à laquelle on arrivait chez elle.

J'y retournerai sans doute encore aujourd'hui... Et peut-être même chaque jour usqu'à ce qu'on parte.

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17 janvier 2017

Les arbres poussent sur les escudos capverdiens !

Beluga a fait escale sur trois des îles de l'archipel du Cap Vert...
La première,  c’était Sal. Nous avons jeté l'ancre à Palmeira, petit port de commerce et de pêche.  Un seul quai qui ne peut accueillir qu'un seul cargo qui charge et décharge tout près du port de pêche où sont regroupés surtout des barques qui sortent à la journée et qui paraissent minuscules face aux chaluts du Guilvinec.
Des rues et ruelles pavées de gros cailloux serpentent villes et villages où circulent surtout des pick-up, seuls les axes entre les villes sont macadamés. Quelques échoppes, presque uniquement tenues par des chinois, arrivés là on ne sait encore ni comment ni pourquoi. Échoppes qui tomberaient des nues même devant la grande surface d'une petite ville provinciale. L'Intermarche de Pleyben, ce serait le Beverly Hills du commerce ici... Pas d'"avenues" à marchandises dans ces chétives échoppes. On n'ose à peine appeler "rayons" les étagères qui exposent les quelques denrées. Au menu, boîtes de conserve d'origine portugaise, mais attention, très peu de plats préparés, juste la base comme des haricots rouges, des petits pois, du thon. Des huiles, de la farine, des légumes secs, du riz, un peu de pâtes.  Fini le festival des questions existentielles devant 47 marques de dentifrices, 53 marques de jus de fruits, 18 sortes de pâtes. Finis les caddies tiens aussi. Ça fait presque bizarre de s'imaginer un caddie au bout des mains!
Les fruits et les légumes sont à prix d'or. Ben oui, quand t'as fait l'tour de l'île, tu comprends mieux pourquoi. Tout est importé, des îles de l'archipel ou de plus loin.
Palmeira, c'est aussi des jeunes et moins jeunes assis à l'ombre d'arbres dans lesquels des gamins pieds nus grimpent. D'autres consomment une bière à la terrasse d'un café,  prêts à se déhancher à la moindre note de musique. D'autres encore jonglent une balle au pied sur la plage, au milieu de chiens curieux prêts à mordre dans l'objet rondelet.  Un enfant invente le principe du syphon avec une vieille bouteille de plastique abandonnée et un bout de tuyau, il crée des volutes d'eau qui finissent sur les pavés poussiéreux après avoir été traversées par la lumière du soleil qui fatigue... C'est super joli.

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Boa Vista et le petit village de Sal Rei nous ont tendu leurs plages de sables blancs,  leurs dunes gigantesques, leur eau turquoise. Un écho des Glénans avec quelques degrés de plus. On ne dormait pas très bien dans le mouillage un peu rouleur les premières nuits, mais qu'est-ce qu'on s'est baigné par contre. 

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Ce petit bijou sur terre attire évidemment touristes et investisseurs... On a donc vu des paillotes comme dans les cartes postales où des gens bouquinent tout en se dorant la pilule et en sirotant un cocktail bien frais. On a vu des kite-surf à gogo et des veliplanchistes nous narguer à quelques brasses du bateau. On serait bien monté dessus! Tout ce business n'étant hélas pas aux mains de capverdiens mais d'italiens ou autres européens.  On a moins senti battre le coeur de Boa Vista, il s'est un peu perdu dans le sable blanc. Du côté de Sal Rei, un peu plus ceci dit... On avait l'habitude de débarquer sur une petite plage où étaient mouillés les barques de pêche du coin, un peu écartée de la grande dune là où nait la baie. Là,  on a vu des mamys capverdiennes venir se rafraîchir d'une baignade et se tailler un bout de discussion tout en infusant, on a vu des gamins venir jouer avec les nôtres, des pêcheurs débarquer leur recette alléchante... 

Depuis quelques jours, Beluga est dans la baie de Tarrafal, sur São Nicolau. A nouveau des rues et ruelles poussiéreuses pavées de gros cailloux, des échoppes tenues par des chinois, des gamins un peu partout... surtout sur le quai où tu peux débarquer en annexe. Ils sont là,  prêts à se porter garants de la sécurité de ton youyou, pour une piece6ou rien du tout.  Des pêcheurs qui coupent et nettoient le poisson à l'endroit du débarquement, des femmes qui le vendent deux pas plus loin, ainsi que des fruits et des légumes un peu moins chers que sur Sal ou Boa Vista. Parce que Sao Nicolau est moins aride. C'est une île plus jeune qui n'a pas encore souffert de l'érosion. On l'a parcourue un petit peu, avec un chauffeur de pick-up et un capverdien surnommé FaNch - on prononce, à l'ibérique, le A et le N...
On a vu du vert comme en Bretagne... Mais pas avec des pommes au bout, avec du maïs un peu. De la canne à sucre, des manguiers, des tamariniers, des trucs avec des sortes de haricots blancs au bout, des papayers, des plantes grasses Ouillettes, etc, etc... Attention, le maïs, c’était pas la crise du logement comme en Bretagne. Ils avaient de la place pour s'exprimer les épis.

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On a vu du jaune qui nous a fait un peu pensé au rouge de l'île de Sal. Grandes plaines désertes avec une végétation fragile, rase et cuite où déambulaient tout de même des troupeaux de maigres brebis ou chèvres.

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On a vu du noir et du bleu, sur la côte... avec des pêcheurs qui regagnaient leurs pénates après avoir nettoyés la poiscaille du jour ou avec d'autres touristes qui, bouche bée, contemplaient comme nous le travail de l'érosion dont est capable une mer houleuse. Bref, un éventail de couleurs baigné des sourires des gens qu'on a croisés.

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Alors oui, les étalages des épiceries sont presque aussi tristes qu'un frigo vide pour nous,  c'est rare qu'il y ait l'eau courante et on n'a pas pris de douche depuis presque un mois, les îles sont tout de même pas mal polluées de déchets qui volent avec le vent, il n'est pas rare qu'on se demande si on s'est pas un peu fait arnaquer,... Mais il y a quelque chose de juste beau ici... Quoi au juste ?  C'est un peu une mentalité à la con, finalement, de trouver jolies ces ruelles qui transpirent le manque, le précaire,  le rude. D'apprécier l'absence d'hôtels et de touristes à gogo qui doivent tout de même un peu favoriser l'économie capverdienne, ou pour le moins, on l'espère.
Au-delà de ça,  peut-être que ce qui est juste beau, c'est l'absence de superflu, le recours à presque rien pour tout : une canne à pêche avec une branche de canne à sucre, des voiles avec des sacs de riz cousus ensemble, un mat taillé dans les restes de la tige d'une plante qui a fleuri. Tiens, et puis d'ailleurs, on n'a croisé aucun panneau publicitaire... Ni sur Sal, ni sur Boa Vista, ni sur Sao Nicolau. Ce qui est juste beau, peut-être, c'est la liberté qui va avec tout ça, ils ont la tête fraîche des astuces qu'ils inventent pour palier aux manques, ils ont les yeux clairs, sans trop d'images prémachées par les lois de la vente... Et sur leurs escudos, il y a des arbres, des voiliers, des tortues et des instruments de musique! 

15 décembre 2016

Escale prévue atteinte !

Me voilà bien arrivé aux Canaries, à Tenerife. 

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Je suis à Santa Cruz depuis hier, dans la nuit... Mes belles formes en alu ont touché le quai vers 3 heures de matin dans la nuit qui était d'une douceur qu'on avait pas encore vraiment sentie depuis le début du voyage. La température de l'eau aussi... ma coque filait dans une eau à 20 degrés!

Je crois qu'on ne va pas rester quinze ans ici... car l'île offre pas mal de mouillages... donc, ceux qui voulaient envoyé un colis, attendez une nouvelle adresse! Et ceux qui l'ont fait, peuvent-ils nous contacter pour nous prevenir de la date d'envoi? Merci à tous... 

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29 novembre 2016

On fait des sauts, des ombres et des dessins dans un parfum de tajine!

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On est allé à la plage quand il ne pleuvait pas. C'était chouette... On a vu des pêcheurs comme un peu partout. Certains se cuisinaient un tajine avec un feu de bois! Ca sentait bon sur la jetée. Puis, on a fait des sauts. C'était trop bien! On a aussi dessiné sur le sable avec des empreintes de bouteille et on a joué avec nos ombres. Elles étaient immenses comme le soleil était bas. J'étais très grand!

 

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28 novembre 2016

Bienvenue au Maroc, mon ami!

Bon, on ne vous a pas encore parlé du gite Tachmyrte et de notre expédition dans la cédreraie d'Azrou.

On est arrivé après bien des méandres dans Meknes à choper un grand taxi pour Azrou. On a d'abord marché, on s'est trompé. On a ensuite marché, on s'est tendu, on s'est trempé aussi -il pleuvait à grosses gouttes ce matin-là. Puis on a marché en se trompant moins, mais en se détendant? Pas encore!

C'était des torrents qui tombaient du ciel à l'extérieur. Soudainement, il y avait des milliers de marchands de parapluie, totalement absents la veille! Fanch s'est d'ailleurs émerveillé devant une envolée de parachute au beau milieu de l'avenue! On s'est finalement mis à l'abri dans une espèce de marché couvert. D'ailleurs, les halles de Meknès qui doivent savoureusement filtrer le soleil par ses fissures au printemps, laissaient là piteusement passer la flotte par endroits! Mais bon, c'était plaisant à observer tout de même ces montagnes d'avocats et de mandarines, ces collines de cornes de gazelle et de griwech ou plus crûment ces têtes d'agneau à la langue pendante et ces cervelles d'on ne sait trop quelle tête animale... Quand les torrents sont devenus petites rivières, on s'est aventuré dehors à nouveau où des marchands ambulants cherchaient à sauver leurs étales avec des bâches en plastique improvisées, très calmement ceci dit par rapport à la menace de l'humidité ambiante sur les bons petits pains tout ronds qui devaient faire la recette de la journée.

Bref, le soleil revient... On se détend, un peu. On ne se trompe plus et on finit par passer une porte de la ville derrière laquelle c'est la fourmillière aux taxis. Il y en a de partout. On en trouve un. On nous annonce un prix qui est celui qu'on nous avait dit... Et qui à cinq, est plus léger que le bus. On s'en tire pour 15 euros en taxi jusque Azrou qui est à une heure au bas mot. On s'engouffre dans le taxi, au chaud et au sec. On s'éloigne de la ville et peu à peu, la route se met à monter. Rassurez-vous, ce n'est pas l'Himalaya mais ça monte tout de même un peu, mes zamis! Il flotte, peut-être même qu'il grêle. Le paysage se dénude... Laissant derrière des banlieues toujours en travaux mais qu'on dirait abandonnés. Des bâtiments de grosses briques rouges (un peu comme les bons vieux parpaings de chez nous quoi) dont les vitres et les toits sont absents. On voit des belles montagnes à l'horizon...

On arrive à Azrou après une heure de taxi. Azrou n'est pas petit mais paumé. On a froid. Il pleut. On a un vague contact d'un gite. On se met au chaud au café Bellevue où on nous fait asseoir comme des rois sur des beaux canapés en skaï blanc où chacun sirote un truc fumant pour se réchauffer. Jean-sam appelle le contact.

Aziz du gite Takchmyrte arrive dans le quart d'heure. Il nous emmène. Une espèce d'ours des bois le gars. Il nous propose un tajine mitonné par sa femme pour le soir. On signe des dix doigts. Le tajine sera bon mais le feu dans le micropoêle encore meilleur... Une vraie prière pour l'allumer.

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On dort bien et on attend le lendemain pour faire des grands projets.

Le lendemain, petit déjeuner... Aziz déboule au milieu. On lui demande des bons plans de petite marche. Il nous évoque le cèdre Gouraud et la forêt de cèdre. Il nous y déposera une demi-heure plus tard en nous indiquant un vague chemin dans la forêt.. Nous annonçant en arrivant qu'"au fait, le cèdre Gouraud est mort depuis deux ou trois ans mais, il est toujours debout, mon ami!"

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Il neige... Fanch est en bottes en caoutchouc, Malo en pantacourt et baskets éponges, Marjane en baskets pas éponges mais un peu poreuses tout de même. Les singes magots nous accueillent ainsi que les attrapes couillons. On passe notre chemin, surtout moi devant ces bestioles qui ne m'inspirent rien qui vaille (les singes hein, les autres ça va, j'arrive à gérer). J'imaginais déjà leurs griffes dans mon bonnet pour voir ce qu'il pouvait y avoir dessous. Bref, on n'est pas équipés pour la montagne mais on se dit que c'est tout de même fou de se retrouver à marcher sous la neige. On est bon public, on y va quoi.

Après le quart d'heure de liesse insouciante, Malo fait sploch sploch avec ses baskets... Il a froid. Fanch à qui on s'est évertué à dire de ne pas faire de boule de neige mais qui les a tout de même faites découvre avec effroi le froid au bout de ses petits doigts. On fait le point du bilan. J'échange de chaussures avec Malo... J'aurai un pantalon mais des chaussures mouillées et lui un pantacourt mais des chaussures sèches. Et on continue. La forêt est belle. Il y a des couleurs malgré le ciel blanc laiteux. Les enfants marchent comme des sherpas et s'éclatent...

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On fait environ 4 km avant d'arriver à une route goudronnée comme nous l'avait indiqué Aziz... On est gelé et des échopes attrape-couillons nous tendent les bras. Y'en a même une qui a l'air mieux achalandée que les autres dis donc : de la fumée s'envole de son petit toit en bois. On tourne autour et Ahmed nous tend un verre de thé à la menthe, nous invite à nous asseoir pour nous réchauffer. On se demande toujours s'il ne faudra pas allonger des dirhams à la fin. Mais on se laisse tenter... Et on a bien fait, les enfants admirent les cristaux qu'il vend mais on repart comme on est venu, riches de son hospitalité en plus.

On attaque la route goudronnée. Sympa la randonnée Aziz. Y'a des voitures et des camions qui déboulent devant derrière. Des singes nous suivent dans notre expédition certes, il y a des beaux arbres encore certes... mais ta balade, franchement mon ami...

En plus, comme on descend, ben il ne neige plus. Vous aurez deviné ce qui nous tombe sur la truffe! Les fameux torrents de Meknès sont de retour. Mais bon, on marche. Puis, dans une ligne droite, une sorte de Pick-up ralentit après nous avoir doublés, s'arrête, recule et ô miracle, nous ouvre ses portes. Son conducteur nous ramènera à bon port. Il nous offre même un sac de cumin dont le parfum innondait l'intérieur de son véhicule. On lui propose une clope ou quelques dirhams... mais lui non plus n'en veut pas. "Hors de question mon ami! Bienvenue au Maroc!"

On rentre au gite où on se dit que le père Aziz, il nous aura fait un petit feu dans son micropoële... Mais le feu ne crépite pas. On lui demande... On peut faire un p'tit feu pour se réchauffer un peu? "Ah naaan mon ami! Le feu c'est le soir. On fait des économies!"

Bref, il n'y a pas que les déserts de sable au Maroc, il y a aussi la neige, mon ami!

Au fait, Aziza, la femme d'Aziz, nous allume un feu très rapidement après le refus de son ours...

 

 

22 octobre 2016

Esta se bem...

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Le Papy belge est reparti prendre son train jeudi dernier... Avec lui, nous avons découvert les méandres des transports en commun de Porto.

Il nous faut une bonne demi-heure pour parcourir la distance qui nous sépare du centre névralgique de cette capitale économique. On contourne le port de Leixoes où roupillent des cargos gargantuesques qui se reposent avant de repartir gonflés de leurs containers... On dirait un jeu de Tetris pour Titan. Il y en a de partout. Des rouges, des verts, des jaunes, des anonymes ou des nominés. N'y a-t-il pas, cachés derrière certains, d'autres aventures qui se jouent, classées dans une autre catégorie que celle de la plaisance. Des silhouettes pelotonnées qui cherchent juste un horizon où se déplier sans papiers! C'est tellement facile pour nous, du vent, deux voiles et on va où bon nous semble...

Après le bus, le métro... Un technicien est posté devant le distributeur automatisé de billets. Calme, il intervient à chaque fois que celui-ci bloque le flux de la file. Les usagers attendent patiemment, seuls certains lâchent parfois un soupir discret. Au dehors, des marrons grillent. Rien ne perturbe le brasero flegmatique.

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Une fois la gare atteinte, nous saluons notre hôte et nous retournons dans les ruelles colorées, un brin poussiéreuse. Les façades sont garnies de céramiques et de temps à autres de linge qui cherche le soleil. Parfois, on surprend une mamie en pleine discussion avec un pigeon depuis le rebord de sa fenêtre. On accueille notre Moumoune à nous. On déambule encore. Des lampions décorent le ciel, une méduse de papier prend des airs d'ombrelle.

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Le long du Douro, fleuve qui prend sa source en Espagne, des musiciens partagent leur chansonette.  Nos enfants grimpent sur les murs d'une église, disputent une partie d'échecs à côté d'une fontaine ou encore jettent des cailloux depuis la rive. Leurs ronds dans l'eau jouent avec l'ombre des arches métalliques du pont Maria Pia qui rappellent celles que Mr Eiffel a également laissées à Paris.

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Il faut attendre le café. Mais il est délicieux. Rien ne semble pouvoir bousculer le temps nécessaire pour savourer les petites choses. Par contre, sur le retour, le conducteur n'hésite pas à griller un feu rouge alors que nous sommes déjà cramponnés vu l'allure de bolide qu'adopte le bus.

 

 

 

 

16 décembre 2016

Cachééééé, coucou...

Vous voyez ces jeux avec cinq ou six billes alignées horizontalement, on en lève une d'un côté et pouf, quand elle retombe, elle lève son opposée. Ou plus simplement les tape-cul qui font rebondir les p'tites fesses des mômes dans les plaines de jeux, une fois l'un, une fois l'autre. Ben c'est un peu comme ça, la vie en quart.

On a repris notre rythme d'une heure cinquante de dodo, dix minutes de battement et de deux heures de veille. On appartenait donc trois fois deux heures à la nuit, à sa lune qui était presque pleine, à ses étoiles un peu timides vu les reflets d'argent de cette dernière sur la mer.A chaque fois que le soleil accélère sa course vers l'horizon et teinte le ciel de ses couleurs, tu te sens un peu petit. C'est un moment qu'on ne loupe que rarement. Il y a quelque chose de presque cérémonial à se goinfrer de ses derniers rayons. Une fois qu'il est parti de l'autre côté, vient la nuit...Tes yeux doivent s'habituer à l'obscurité, tes oreilles sont aux abois du moindre son, ton équilibre du moindre changement de rythme dans la course du bateau. Le gamin qui sort avec sa lampe frontale allumée et t'explose les pupilles comme un radar ton compteur de vitesse, comprend vite à ta réaction, qu'il ne devra plus recommencer! Le radar, lui, ne comprend pas hélas! Car ça prend du temps de s'habituer au noir, de rentrer dans la nuit pour qu'elle t'appartienne un peu. Bon, là, la Lune était là, se couchait tard, peu de temps avant que l'astre solaire ne revienne. Donc, c'était plus aisé que par une nuit nuageuse sans lune.

Ton sommeil doit, quant à lui, s'habituer à l'alarme qui sonnera trois fois... Hachant menu tes rêves, coupant court à tes soupirs d'aise, t'agitant de mouvements aléatoires et maladroits pour taper sur la gueule de cette machine qui t'en fait presque devenir une. Tu dois profiter de la première minute allongée, apprendre à respirer pour que tes yeux pénètrent rapidement dans leur propre nuit, où aucun cargo ne risque de t'éventrer! Une fois que tu as fait taire l'alarme, à la mine! Tu mets tes chaussettes, tes bottes, ta veste, éventuellement une écharpe et un bonnet, presque mécaniquement, encore enrobée de coton tout doux. Tu sors et celui qui veille rentre profiter de la couette à son tour... Tu deviens la veilleuse. Tu retireras ton bonnet à un moment, tu quitteras le coton pour la veste de cuir et ton harnais deviendra une guitare électrique, tu hurleras les paroles d'Izia aux vagues qui se sont transformées en fans en délire!
Et ça recommence au bout de deux heures.              

Peu à peu, une partie du ciel devient moins sombre à l'Est. C'est celui qui chauffe, rassure, éveille qui revient. La nuit descend alors que lui monte. A nouveau des oiseaux volent!

Comme les tape-culs, comme les billes. Et c'est chouette car ce genre de petits jeux plaît en général aux gamins. Ils ont donc goûté, évidemment au soleil qui tombe, la nuit qui monte... Mais cette fois aussi, un peu aussi à l'alarme, au bonnet et au concert rock!

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19 octobre 2016

Le rondouillard est bien rempli!

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Nous sommes allés chercher les chaussures et les fournitures scolaires à l'école de Lennon et de Lannédern. Il y avait beaucoup, beaucoup de sac avec des chaussures et il y avait aussi pas mal de fournitures. J'ai déballé et trié tout ça avec Fanch et Malo... Puis, nous avons rempli le bateau pour emmener le tout à l'orpelinat et l'école de Haïti. Les rangements de la cabine avant sont pleins et nous avons même du en mettre dans les rangements des cabines arrière.

Merci à tous les écoliers finistériens!

30 septembre 2016

Où est mon tarin?

Voilà une semaine que je me sens nu comme un ver et coincé au port sans pouvoir pointer vers l'horizon bleu...

Un gars est venu il y a dix jours, m'est monté sur le tarin et m'a complètement désarticulé. Une grue est même venue l'aider. Bref, je me posais pas mal de questions... jusqu'où allait-il aller? 

Bon,d'après les bruits de pontons, on me préparerait de nouvelles articulations et on mettrait ma garde-robe au clair! C'est plutôt une bonne nouvelle finalement.

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Après, Sabine et Jean-Sam, m'ont vidé les entrailles. Y'en avait de partout... ils ont trié, jeté,  rangé et rerangé. Ils avaient l'air de savoir y faire en tous les cas et je me sens un peu plus léger maintenant! 

 

 

28 novembre 2016

Mère Nature...

Pendant deux ou trois jours, nous sommes allés dans les terres marocaines. Nous sommes d'abord allés à Meknes puis à Azrou dans un gîte près d'une forêt de cèdres. Autour de l'auberge, il y avait deux collines. La première était haute et pénible à escalader mais, une fois tout en haut, la vue était magnifique.

 

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Nous y avons beaucoup joué à cache–cache. A un moment, pendant que nous jouions, Fanch a vu des moutons. On a descendu la pente a toute berzingue pour aller les caresser.

 

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La deuxième colline, elle était haute et rude mais tout en haut c'était trop bien. Malo a mêmedécouvert une sorte de plongeoir en plus large. Nous avons eu l'idée de glisser dessus, c'était rigolo, ça allait vite comme un toboggan.

 

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Nous sommes ensuite retourné voir Fanch qui ramassait des débris d'assiettes ou de plats en terre cuite. Maman n'était pas d'accord pour qu'on ramasse des bouts de verre. ils étaient jolis pourtant... Mais bon, coupants. Il y a toutes sortes de choses par terre au Maroc. J'ai même vu un rasoir dans un buisson qui aurait très bien été pour papa... Mais maman n'a pas voulu non plus!

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Quand nous sommes retournés à l'auberge, il y avait à nouveau deux moutons sur le chemin. On a voulu les caresser mais ils semblaient un peu en colère. Alors, on les a évités. Une fois à l'auberge, on a attendu trois heures que Aziz nous ramène à Azrou en jouant aux échecs. Finalement, nous avons mangé un couscous avant de repartir pour la ville. C'était chouette cette pause nature!

 

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28 novembre 2016

Petit voyage dans le grand

Après nos enquêtes canines, mardi dernier, le 22 je crois, le besoin se fait sentir de nous évader un peu de Salé où le moindre pas s’accompagne de regards en tout sens pour repérer les poils de Maki dans le paysage urbain.

Malgré l’hiver qui sonne aux portes marocaines, la pluie crachant sur le pont et la neige annoncée en altitude, nous décidons de prendre un train pour Meknès. Nous montons à bord après une petite attente. Il y a foule… Les wagons sont répartis en cabines, un peu comme les trains couchettes qu’on ne voit plus guère en France puisqu’ils vont tous trop vite maintenant. Huit places par cabine. Il y aura même un gars qui passera plus tard avec son charriot rempli de gourmandises, annonçant son passage en tapotant une cuillère à café dessus... "Comme dans Harry Potter!" s'exclament Malo et Marjie. Nous arpentons un ou deux wagons avant de nous résigner à asseoir deux enfants sur trois et le reste de l’équipage stationne dans l’allée. Pas de touristes exceptés nous. Que du local… Une jeune femme et sur ses genoux, son enfant aux yeux pétillants, deux gars attendris par la petite bouille et une femme un peu plus âgée qui sourit elle aussi au bébé. Cette charmante troupe se modifiée au gré des arrêts du train…

Le paysage défile, le train laissant derrière lui les faubourgs de Salé et nous offrant des horizons de plus en plus dénudés, recouverts d’une terre rouge qu’engloutissent souvent eucalyptus, mandariniers, amandiers ou oliviers. On devine des silhouettes dans les champs. On voit des mulets, même un qui tire une petite charrue, encouragé par son maître. On voit des troupeaux de moutons au loin, guidé par leur berger ou seuls, occupés à paître les rares touffes d’herbes laissées par l’été. On voit des chiens aussi… qui nous font évidemment songer à la nôtre!

Le temps passe, on joue aux échecs, les passagers sont intrigués et conseillent Fanch. D’autres n’ont pas besoin du jeu pour nous aborder… Ils s’étonnent de nous voir filer vers le Nord alors que le Sud est plus doux à cette époque. Plus doux mais plus loin… Marrakech est à quatre heures de train et on se dit qu’Essaouira qui n’en est pas très éloignée sera peut-être sur la route de Beluga...

Nous arrivons à la tombée de la nuit à Meknès où nous trouvons une maison d’hôtes à prix plus qu’abordable en cette saison de moins en moins touristique. La pluie est toujours là. Nous profitons des lits pour nous reposer un peu et regarder les plafonds intriguants... Comment ils font pour avoir autant de motifs dedans? Je me demande même s'ils auraient du placo prédécoupé!

Puis, nos ventres commencent à avoir envie de se remplir. On a repéré Aïcha sur les pages web… un petit resto sans prétention à deux pas, dans l’ancienne Medina. On suit le chemin indiqué par notre gardien et on tombe dessus au tournant d’une ruelle. C’est tout petit comparé à Aïcha et ses bras… Elle nous conseille une soupe de pois chiche accompagnée de Makoudas, beignets de pomme de terre dont on ne se nourrit presque qu’exclusivement depuis notre arrivée. C’est un délice… Coriandre, persil, gingembre, céleri, oignons se plient en quatre dans nos bols pour égayer nos papilles. Aicha nous explique ses secrets culinaires et on lui explique comment on est arrivé là, elle écoute curieuse et nous de même. Vient ensuite un couscous aux légumes sensé être pour deux personnes mais qu’à cinq, nous ne parvenons pas à terminer… Là encore, elle nous explique l’astuce de la graine. On savoure tout ça avec un éternel thé à la menthe. On repart, le portefeuille pas beaucoup plus léger qu’en s’attablant. On se loge et on se nourrit pour trois francs six sous par ici !

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On rentre dormir, nos bedaines bien remplies par le charme de la cuisine d'ici. Demain, on commencera avec un petit-déjeuner faits de crêpes marocaines garnies d'un miel qui sent déjà les montagnes qu'on s'apprête à découvrir, près de Azrou, dans le Moyen-Atlas, et où la neige est sensée tomber dans les jours qui viennent! Le ciel est prometteur en tous les cas...

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21 septembre 2016

L'île à vache, Haïti

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Nous profitons de notre projet pour mener une action coopérative auprès d'un orphelinat de l'île à vache au Sud d'Haïti.


En lien avec l'association « L'île aux enfants d'Haïti » de Saint-Brieuc, nous y acheminerons du matériel : groupe électrogène, chaussures d'occasion en bon état, petit matériel scolaire ne craignant pas l'humidité (règles, taille-crayons, gommes, feutres, crayons bois, stylos billes, trousses,...) des médicaments et du riz que nous embarquerons lors de notre escale en Guadeloupe.

Deux écoles primaires et leurs équipes éducatives nous suivent déjà dans cette aventure... tout notre équipage leur a présenté le bateau et le projet ce matin même... Ce sera l'occasion, pour nos enfants et ceux de ces écoles, d'échanger sur le thème élargi du voyage et des rencontres, par mail, par voie postale ou par ce blog...


A tous ceux qui souhaitent participer à cette collecte, merci de nous envoyer un message via ce blog ou via le mail suivant : bugaledebeluga@gmail.com

Merci d'avance!

28 septembre 2016

Problèmes de gaz, Gilberte?

Bon... Ça fait un moment qu'on n'a pas laissé un signe de vie sur le blog... Quelques tuiles nous sont étrangement tombées dessus dernièrement.  

Dans un premier temps,c'est notre pilote, le sacré Maurice, qui nous a fait la grimace.  Il n'avait jamais vraiment souri à bord.  Alors on attend le verdict final d'un électronicien chevronné que Maurice fait également tourner en bourrique. Bref, suspens.

Ensuite, le guindeau... vous savez ce truc qui, une fois électrique,  remplace vos bras pour remonter l'ancre pesant un âne mort et qui peut donc être bien pratique. Ben notre Jean-Claude, il fait la tête lui aussi. Sans doute un souci de connectique... bon, comme il fonctionne en manuel, il ne nous empêchera pas de partir avec sa mauvaise humeur! 

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Après,  il y avait cette odeur de gaz qui se manifestait à chaque utilisation de notre superbe gaziniere Gilberte. Pas au tout début,  évidemment... juste quand on a mis une nouvelle bouteille bien pressurisée! On se disait que c'était sans doute la vanne ou un truc léger quoi... ben après multes depiotage, on en est arrivé à la conclusion que c'était bien le rigide de cuivre qui avait un souci. Et évidemment, il passe sous les vaigrages, les coffres et tout le bazar. Fallait refaire tout le circuit...

Puis, pour couronner le tout en matière de tuyauterie, ce sont nos superbes toilettes qui sont vraisemblablement bouchées! Oh joie et bonheur! On ne les a pas baptisées encore... si quelqu'un a une idée!

Voilà... du coup, ben on démonte et on se demande quand on va pouvoir enfin partir. 

Mais le moral est revenu... on a du gaz de nouveau et le gaz semble rester dans les tuyaux.

Puis on profite de ce temps au port pour arranger tout ça le plus tôt possible...

 

19 octobre 2016

Le cap Finisterre.

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Après un bref repos à La Corogne, dans un port ceci dit assez rouleur et donc un brin insomniaque, voilà qu'ils remettent ça...

Ils se sont réveillés vers 5 heures du matin lundi 17... Ils ont pris un bon café et m'ont laissé m'échapper un quart d'heure pour que j'aille renifler les dernières odeurs espagnoles.

On a largué les amarres et le nez de Beluga a pointé vers la sortie de la baie de la Corogne, au moteur car il n'y avait pas de vent. Les phares scintillaient encore sur la côte. J'ai même vu la Tour d'Hercule qu'on avait visité la veille. Une sacrée celle-ci... Mon flair me dit qu'elle est là depuis des lustres!

Le barreur a visé les îles Sisargas... Ca n'aurait tenu qu'à moi, je me serais bien posée là. Il n'y avait pas grand chose mais j'aurais au moins pu me défouler les quatre pattes!

Une fois ces îles passées, Beluga a pointé au 180°... Un mot revenait sans cesse : le cap Finisterre. Une vraie Arlésienne celui-ci... A chaque fois qu'un enfant sortait, il demandait : "c'est celui-là le cap Finisterre?". A chaque fois, non, pas encore. Bref, il s'est bien fait attendre.

Le vent s'est enfin établi. On était peinard, tranquille, il faisait super bon.

Vers midi, des animaux rigolos sont venus jouer près de l'étrave de Beluga. Ils avaient l'air très à l'aise dans l'eau. D'ailleurs, ils faisaient un peu les malins avec leurs petits bonds élégants! Moi aussi, je sais en faire, comme ceux que je faisais au-dessus des talus du Centre Finistère. Les enfants n'en avaient plus que pour eux... Ces bestioles, ma foi bien sympathiques cependant, sont restées longtemps à nos côtés, provoquant à chaque fois la joie de tout l'équipage.

Pour ma part, j'ai davantage été fascinée par des oiseaux fuselés comme des bombes... juste magnifiques. Ils plânent en rasant l'eau du bout de leurs ailes, puis remontent d'un coup d'ailes vers le haut avant de plonger comme des flèches d'une quarantaine de mètres parfois pour chasser le poisson. Vraiment impressionnant. Je crois qu'ils appelaient ça des fous de bassan.

Après, l'équipage s'est excité pour envoyer une voile que je n'avais pas encore vue. Une sorte d'énorme bulle multicolore... Elle tirait bien le bateau vu sa surface. Je crois qu'ils l'ont appelée le "spi". Ca vous dit quelque chose?

On a faille passer le Cap Finisterre avec... Mais il a suffi que Papy Yves en parle pour qu'on ait besoin d'affaler. J'ai encore appris qu'il ne faut rien pronostiquer en bateau sinon, ben... Ca n'arrive pas. Mais bon, on l'a enfin passé ce cap... Après une bonne dizaine d'autres avant (Cabo Vilano, Cabo Torinana).

Bon, je vous passe le récit de la nuit et de la journée d'hier. Le vent était instable. Il a plu.

On est arrivé vers 21 heures à Leixoes, sous un bon vieux crachin breton qui s'est peu à peu épaissi. Enorme port de pêche et de commerce. Une petite marina qui ne paye pas de mine nous a ouvert ses pontons. C'est pas hyper joli mais authentique au moins!

On est juste avant Porto... Où parait-il, le port est moins économique. J'ai l'impression qu'on va un peu rester là. Bah... Y'a plein d'odeurs bien garnies!

 

19 octobre 2016

La Corogne

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Nous sommes enfin arrivés à la Corogne après trois jours de navigation haute en couleurs. Le port est très propre et la ville très belle. Derrière l'avenue de la marine, il y a la place de Maria Pita avec un hôtel de ville énorme et ses coupoles était recouvertes ď'écailles de cuivre. On a longé la côte et on est arrivé à la torre dé Hercules. 

Comme j'adore la myhtologie, j'ai appris qu'un mythe raconte qu'Hercule aurait construit le phare original après avoir tué le roi d'une tribu de géants qui terrorisait la population locale. On sait que les Romains ont construit un phare sur cette colline au II siècle et qu'il fut utilisé comme fort par la suite. Il a été restauré en 1792 et est maintenant sur la liste du patrimoine mondiale de l'UNESCO. Le soir, on a mangé dans un petit restaurant.

Lors de notre balade nous avons eu la chance de croiser un bagad galicien, le biniou résonnait dans les ruelles. Nous sommes bien en terre celte ! Il y a d'ailleurs des menhirs visible depuis la mer sur le cap d'Hercule!

19 octobre 2016

Quelques images, un peu floues, de Gascogne...

C'était la veille de la première nuit... Et au terme d'une journée déjà bien mouvementée. Notre speedo était bloqué et nous n'avions donc que l'affichage du vent apparent... Il est monté jusqu'à 29 noeuds sous certaines rafales et nous étions au portant... il faut donc rajouter quelques noeuds pour donner le vent réel.

Bref, ça soufflait bien. Les mouvements du bateau sont toujours restés sereins. Beluga ne nous a jamais inquiété. Il avait l'air très à l'aise dans ces vagues croisées dont les déferlantes venaient parfois lui lêcher les francs bords ou la jupe arrière.

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On est arrivé rincé à La Corogne mais on y est arrivé vite, avec un bateau qui a toujours été poussé par le vent et la mer... C'était le but!

Voici quelques images, un peu floues... Comme nous même l'étions tous un peu lors de cette première traversée.

 

4 novembre 2016

Un projet, deux manières de contribuer...

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Encore merci à tous!

 

 

9 octobre 2016

Ils préparent quelque chose?

Après avoir mis un sacré boxon, Jean-sam et Sabine ont fini par tout ranger...

Les gars qui étaient venus m'ôter le mat sont venus le remettre en place. Quel soulagement! J'en avais un peu marre d'avoir la tête d'une caravane flottante. En plus, mes haubans et pataras sont tout neufs... Blinquants. J'ai également reçu des nouveaux câbles d'antenne, tout beaux qu'ils sont! Puis ils ont bidouillé des trucs en tête de mat... J'ai une magnifique girouette maintenant, qui tourne au quart de tour. Mes sacs à voiles sont tous revenus à bord. Les bruits qui couraient sur les pontons étaient donc bien fondés.

Par contre, Maurice (vous savez, mon pilote), n'est toujours pas revenu... Ce qui semble d'ailleurs pimenter de nervosité l'ambiance du bord... . Jean-Claude a l'air au poil lui, par contre. Ils lui ont remis toutes les connexions au goût du jour.

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Bref, avec tout ça, j'ai l'impression qu'ils me mijotent quelque chose. Qu'en pensez-vous, vous?

7 septembre 2016

Enfin une jolie nav' avec du vent!

le lendemain, ils lèvent l'ancre de manière très matinale... on se serait cru aux heures de bureau dis-donc.

Ils me parent de ma grand-voile et de mon génois... c'est que le vent ne doit pas être trop tempétueux.

On longe tout d'abord la côte Nord de Groix... Les petits matelots s'aventurent à l'avant et s'asseyent non loin de l'étrave... Ils s'en donnent à coeur joie. j'essaie tant bien que mal de les éclabousser mais mon franc-bord est tellement haut que je n'y parviens que trop rarement. L'essentiel étant tout de même qu'ils ont le sourire jusqu'aux oreilles.

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18 septembre 2017

On n'est pas des puffins!

Beluga a quitté saint-Pierre mardi 5 septembre. On avait envisagé de rester sur ce bout de caillou français une petite semaine, de s'y balader, de se poser un peu et de laisser décanter le choix de notre route future. Mais la lucarne météo qu'on avait sentie depuis Terre Neuve est devenue veranda ensoleillée. Donc après une trop brève journée bullage et balade sur l'île aux chiens, branle-bas de combat. On se prépare au cas où, en laissant passer le coup de brafougne annoncé pour lundi. Le retour du 220V nous remet le bateau d'équerre : notre aspirateur rugit à nouveau, lui qui était contraint au silence depuis les eaux bahamiennes. Il avait de quoi se remplir les entrailles, vous imaginez bien! Avitaillement, pleins d'eau et de gasoil. Entre deux, un bout de baguette garni de calendos! On est prêt. On hésite. L'atlantique nord nous impressionne. Olbia, un autre bateau français, nous pousse un peu la poupe. Le centre Météo France de l'aéroport confirme la fenêtre. Irma, le cyclone en cours mourra sur la Floride et son 'petit', qui deviendra plus tard, le grand José, ne devrait pas être sur zone avant une bonne grosse semaine. Alors on largue les amarres en même temps qu'Olbia, qui lui, visera Douarnenez!

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Route au 90 pour éviter le barrage anticyclonique qui s'étend au sud avec une grosse zone de pétole. Alors qu'on devine encore un peu Saint-Pierre et Terre Neuve, à quelques longueurs à peine, une baleine courbe l'échine, lentement... On prend ça comme une invitation au retour auquel on aspire déjà à peine partis. Il y aura d'autres souffles au loin, une dernière nageoire caudale et la température de l'eau ne fera que chuter. La nuit, nos mains se blottissent dans des gants qu'on avait presque oubliés et nos têtes dans leur bonnet. Le thermomètre du bord était-il déjà descendu si bas? L'eau était à dix degrés, l'air on ne veut pas savoir. Le Sud Ouest soufflait, faisant suer de brumes épaisses les eaux froides des bancs de Terre Neuve. On devinait parfois le soleil ou la lune. Parfois.

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Mais ça grouillait de vie. Des dauphins nous saluèrent de nage en piqué roulé boulé. Et il y a eu les oiseaux. Des petits oiseaux noirs, improbables, qui volent presque comme des papillons. On les avait vus déjà en traversant le golfe du Maine. Là, la nuit, la nuit seulement, ils voletaient autour de nous et nous maintenaient éveillés par leur incessant barouf qui résonnait comme un printemps à la campagne. Il y a eu les fous encore et toujours. Mais attention, ça bosse un fou. Ça trace sans jeter une oeillade. Jamais un fou n'est venu batifoler autour de nous. Et il y a eu les puffins beluga friendly, coup de coeur de l'année! Il nous a fallu trois jours pour laisser derrière nous les bancs. Trois jours pendant lesquels on s'est plus d'une fois demandé comment ils faisaient les mecs, il y a pas si longtemps, pour venir pêcher la morue, ici, en plein hiver... avec des doris à rames, parfois à des jours de leur bateau-mère. Nous, on se calfeutrait dans notre cabane flottante en sortant de temps en temps pour voir si la brume s'était évaporée, un thé fumant entre les mains.

Dimanche, notre Gillot Petre nous annonça qu'on pouvait descendre en loffant pour anticiper le retrait de l'anticyclone. Le roi des Açores allait en effet laisser de la place à une perturbation venue du Sud. On s'est demandé si c'était pas un copain ou la fin de l'autre 'petit' qui suivait Irma... Beluga pointait enfin Flores, navionics nous annonçant une arrivée dans quatre jours. A l'intérieur, on se fait à une vie à bord au près, à laquelle on avait peu gouté jusqu'ici. Le vent est encore souffle caressant et la mer comme en sommeil. On range cependant puzzle et chateaux de cartes.

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On s'empare des mammifères marins qu'on décline en dessins et le jeu d'échec aimanté reste vaillant.

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Les mouvements du bateau restent doux. Mais la perturbation arrive... Le vent forcit et se fait refuseur. Que nenni... passeront pas! Beluga chevauche les vagues qui lui font face, monte et descend du rostre tout en gitant de plus en plus. Mercredi et jeudi, il s'est carrement mis en colère. Soufflant d'abord à 25-30 noeuds, puis à 30, flirtant avec les 40 en rafales sans jamais les étreindre. Merci à lui! Le foc détrône la trinquette. Pour la première fois depuis notre rencontre, la GV prend un troisième ris, n'offrant plus qu'un maigre triangle blanc au vent. Les corps essayent d'anticiper les mouvements plus secs de Beluga. Lui et Zizou font tout pour ne pas enfoncer des pieux dans la mer qui se creuse de plus en plus. Mais parfois ça claque et moi, ça me faisait mal, le gréement qui encaissait chaque marche ratée. On range les mammifères marins et les crayons aussi. Petits et grands assuraient chaque pas en s'appuyant ici ou là. T'as intérêt à toujours avoir une main libre ou presque sinon, c'est un coup à s'retrouver avec une empreinte nasale ou dentaire dans les vaigrages! Un assiette ou un bouquin mal calé volaient parfois, finissant dans un grand paf de l'autre côté du bateau. Est venu le moment où Beluga en a eu marre de tirer des bords carrés dans une mer plus que formée. Nous aussi. On a fait le gros dos après maintes tentatives de route infructueuses. On s'est mis à la cape, le temps que ça passe. Certains grains, d'après le radar, couvrait jusqu'à six milles. Il y a eu des éclairs, au loin. Beluga encaissait les vagues qui s'écrasaient avec force sur le pont. Il s'inclinait sous le vent dans les rafales alors que l'anemo s'emballait. La pluie faisait comme des milliers de danseurs à claquettes au-dessus de nos têtes. Presque deux nuits ont passé comme ça. Attendre. On essayait de repartir parfois... mais c'était pas la peine. La distance parcourue ne valait pas l'effort.

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Un petit matin, le vent a tourné à droite, enfin essoufflé par son trop plein de rage. On est reparti, ayant envie de relancer de la toile mais craignant encore un peu les grains retardataires. Le vent avait tourné mais pas la houle, que Beluga recevait de face... il lui fallait des forces. Fallait tomber le foc pour la trinquette, au moins la trinquette... Le jour s'est levé, les yeux se nichant dans leurs poches frappées par une plus forte gravité que de coutume. T'as le teint blême d'un contrôleur de la RATP et l'énergie d'une caillou. Tu sors le sac. Tu le traines sur le pont jusqu'à l'avant. T'as juste l'impression de tirer un âne mort et de te déplacer comme un éléphant. Tu saisis les mousquetons du foc. Tu peines à les desendrailer. Ton équilibre est mis à mal par les mouvements désordonnés de la mer sur laquelle tu poses le regard. Juste pour respirer, un peu... Et là, tu vois un puffin frais comme un gardon, planer au loin, avec la légèreté d'une feuille qu'emporte l'automne. On n'est pas des puffins! C'est pas notre monde ici... Mais que c'est beau, un puffin!

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