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Bugale de Beluga
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En bref, pour les pressés!
Les bugale ont retrouvé le plancher des vaches. Moi aussi d'ailleurs, mais je commence à trouver le temps long sur le parking! Le clapotis de l'eau me manque... Je cherche toute personne qui, dans le même état, est prêt pour l'aventure. Faites-nous signe!
Qui est Beluga?
Je suis un Maracuja 42 en alu des chantiers Sindbad. Je suis né en 1983. J'aime quand on éteint le moteur après avoir déroulé le génois et je n'aime pas être hors de l'eau!

DSCN0007BLOGJ'ai quitté les côtes françaises avec les bugale en octobre 2016 pour une aventure de trois années. On a vécu ensemble des moments forts entre les globicéphales au Nord de Sainte-Lucie et les baleines à bosse et baleines bleues du Canada, les fjords de la Nouvelle-Ecosse et de Terre Neuve, le sable noir des Canaries et les lagons turquoises des Iles vierges, les sourires francs et massifs des Cap-verdiens et les notes créoles antillaises. On a traversé des grands silences et des peaux du diable, entre pétole et gros vent. A bord aussi, la vie à 5 se fait intense, entre coup de gueule et cris de joie, c'était rarement le calme plat.

cartebeluga



Et qui sont les bugale...?

20180118_235627Je m'appelle Fanch. J'ai 9 ans. Je n'aime pas être en chantier et naviguer au prés. J'aime bien manger des noix de coco et des mangues ou mettre Beluga à la cape quand il y a un orage. 

20180209_124942Je m'appelle Marjane. J'ai dix ans, bientôt onze. Je n'aime pas quand l'évier se bouche et que je dois faire la vaisselle ou rester trop longtemps à la même escale. J'aime cuisiner des pâtes au thon à la crème ou voir des dauphins ou des baleines tout près du bateau. J'aime aussi dépasser un autre bateau!

20180119_000025Je m'appelle Malo, j'ai douze ans et demi bien tassés. Je n'aime pas que rien n'ai mordu à la ligne de traîne à la fin de la journée ou que je monte une ligne et qu'elle se casse dès le début. J'aime qu'un thon y morde, j'aime le vider et le cuisiner! J'aime me glisser dans la couette pour me réchauffer quand il fait froid ou constater qu'en 24 heures, on a fait une moyenne de 180 milles.

20180207_082626Je m'appelle Jean-Sam. Je n'aime pas quans les voiles battent par manque de vent ou faire un manque à virer. J'aime avoir envie de prendre la barre à la place du régulateur quand Beluga avance bien!

20180219_110723Je m'appelle Sabine. Je n'aime pas quand le vent s'essouffle jusqu'à s'évanouir complètement ou quand le réveil sonne et m'annonce ma prise de quart de nuit. J'aime surprendre le regard d'un de mes enfants se perdre dans le bleu ou plonger dans des constellations encore inconnues ou une pleine lune généreuse tout en écoutant Izia.

Archives
6 mars 2017

Tortuga!

Bon, la voilà enfin! On est dans un mouillage où il n'y a que nous hormis trois ou quatre bateaux de charters ou de location vides et en plus, on a de la connexion depuis la bateau. Les tortues ne pouvaient que débarquer!

Pour Val et Geo, le mouillage, c'est Potatoe bay à St-Kitts! On vous refilera la code WIFI si vous voulez!

Tortuga!

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1 janvier 2017

Des steaks sur les genoux et non dans les assiettes!

Nous voila arrives au Cap Vert apres une nav de six jours qu'on aurait pu ecourter d'une nuit : on a du se mettre a la cape (pour les non-voileux, c'est un moyen d'arreter le bateau) pendant dix heures car on ne peut arriver de nuit sur cet archipel...
On a fete 2017 plus sobrement que des chameaux! Avec un bon gratin dauphinois ceci dit, comme a Kermargon, l'annee derniere dis donc...
Tout va bien, on vient de debarquer sur l'ile de Sal au port de Palmeira... Absolument pas touristique, avec plein de gens dans la rue et de la musique qui sort des fenetres colorees! On croit qu'on va aimer... Ca sent presque le Maroc! Ca fait du bien de marcher a nouveau, em deliant les pas et non comme quelqu'un qui aurait le vertige et se baladerait le long des falaises de Nazare... Etrange impression d'avoir des steaks sur les genoux! On les aurait preferes dans nos assiettes hier...
Pas un bar avec le wifi, je suis dans un point internet avec des ordis alignes de partout (enfin, il y en a trois), institution antique deja pour nous, occidentaux nantis. Excusez donc mes erreurs, car le clavier est en qwerty...
On vous embrasse tous et on vous souhaite une bonne annee 2017, pleine de reves a realiser!

 

 

Ca fouffle

Petite video du debiut de nav un peu corse dans 30 noeuds de vent...

22 décembre 2016

Ça roule...

Me revoilà au mouillage! Enfin... J'ai quitté Santa Cruz vers 18h00 mardi. On est sorti du port peinard puis un gros grain est venu me titiller la poupe. Sabine et Jean-Sam ont de suite réduit ma tenue de bal pour une tenue plus sportive... Le vent est monté et j'ai de nouveau eu des sensations que je n'avais plus eues depuis longtemps! Y a pas à dire, passés 15 noeuds, je me sens beaucoup plus vivant... et mon équipage aussi!

Le vent est monté jusque 25 noeuds puis est redescendu autour des 15. L'eau filait sur mes flancs, chatouillait agréablement mes courbes arrondies! Puis, ça a molli sous le vent de Tenerife... J'ai un peu ralenti. 

Au petit matin, je suis arrivé au pied de falaises plus grosses que moi, bordées de plages de sable noir. A villa Gran Rey. Y avait un copain qui était là... il s'appelle Malin et à pour capitaine le parrain du Fanchou. Retrouvailles, récits des aventures respectives et jeu de tarot arrosés de mojitos,  bières ou caipirinhas dans cette petite ville gavée de touristes allemands. 

Mouillage sympa mais un tantinet rouleur... Au moins, l'équipage ne va pas se desamariner! Si j'ai bien compris, on va attendre le gros rougeaud dans le coin et décoincer dès que faire se peut vers le Cap Vert pour essayer d'y passer le 31. La fenêtre météo semble se maintenir. Ils essaieront de vous envoyer des photos. 

20 octobre 2016

Une vidéo sort de derrière les fagots d'aussières... Gascogne toujours!

Les gnômes sortent chacun à leur tour de leur cabine... devinez qui sera le premier?

Nous, parents floutés par la nuit de veille, sommes heureux de le voir si matinal pour une fois. Comme quoi, c'est une grande aventure qui redistribue les cartes tout ça...

Il va nous réveiller comme l'ont commencé les lueurs du soleil.

La mer s'est déjà adoucie et le vent a baissé dans les tours depuis la nuit!

Mais ça bouge encore bien...

Maracuja 42 dans le golfe de Gascogne

24 octobre 2016

Ca flouffait bien dans le port...

Mais le vent a tourné ce soir et la journée fut plus généreuse en UV que celle d'hier. On se prépare donc à larguer les amarres, si tout va bien, demain matin tôt  (enfin, à  l'heure où tout le monde fait vrombir son moteur ou monte dans le bus pour aller au boulot). 

Ca flouffe dans le port de Leixões !

 

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11 mars 2020

Cherche propriétaires

Revenu des Antilles début juillet, j'ai retrouvé avec bonheur le lagon des Glénan. Alors certes, l'eau y est plus fraîche mais les marées m'ont permis de profiter pleinement d'un échouage au nord de l'île du Loch. Il y avait du photoplancton de partout dans les flaques laissées par l'eau, que les bottes, tout en faisant Floc Floc animaient, la nuit, d'une vie plus intense que n'importe quel feu d'artifice.

On a bien profité de l'été entre les Glénuches, l'île de Groix et sa plage des grands sables, le Nord de Belle-Ile. En cellule familiale restreinte ou ouverte à la famille et aux amis. Puis est venu le temps des dépressions, avec leur lot de Sud Ouest et de crachin. On m'a rentré entre les pontons de Port-La-Forêt. Puis assez rapidement, on m'a sorti sur un des Terre-Plein du port. 

Jean-Sam m'a vidé les entrailles, graissé ce qui devait être graissé, frotté ce qui devait être frotté, vissé ce qui devait être vissé, etc. Peu à peu, je l'ai moins vu. Je voyais plus grand monde à vrai dire. Puis d'autres copains des mers sont venus squatter le parking. En attente. Paraît que c'est comme ça ici. On se repose l'hiver. On hiberne. On fait le gros dos. 

Mais mars arrive... Les rumeurs disent que c'est au printemps d'habitude que la vie revient dans le port. Toutes les coques alentours rêvent d'eau salée et d'embrun, et les mats de voiles gonflées vers l'instant présent. On guette, on est à l'affut de la silhouette du grutier. 

Alors même si le coronavirus confine chacun chez soi pour le moment, quand on en sera sorti et que l'hiver sera derrière, sachez que je suis prêt à repartir sur les flots avec toute personne qui aspire juste à un trait bleu sur l'horizon!

21 mai 2018

Changement de Cap...

Beluga est toujours mouillé devant Marigot, sur Saint-Martin. Autour de nous, il y a d'autres bateaux dont certains se préparent à transater vers les Açores. Beluga était censé en faire partie. Mais ça, c'était sur le papier. Il semblerait que le voyage nous propose de demeurer voyageurs, encore un peu. Depuis une semaine, Jean-Sam crapahute à nouveau sur les toits, des toits de tôle et non plus d'ardoises. Il a repris la route du travail, mais en annexe. Comme en témoignent les toitures éventrées et les charpentes en lambeaux, toute l'île cherche des charpentiers couvreurs après le passage d'Irma,. Ils sont accueillis sur un tapis rouge qui ferait pâlir celui de Cannes. Le fait de rester là nous permettrait donc de renflouer nos caisses qui, suite à nos mésaventures bien connues de vous tous qui nous avez soutenus, sont décidément bien vides. Et ce, plus rapidement qu'en terres bretonnes. Nos cerveaux sont donc entrés en ébullition, les bulles c'était les questions. Le mot retour avait été utilisé, comme celui de boucle à boucler. Un poste m'attendait normalement à Pleyben, en Centre Finistère. On avait dit qu'on rentrait. On avait dit que peut-être, on vendrait le bateau. Puis si on reste là... Est-ce que je vais devoir démissionner ? Comment sont les écoles et collèges ici ? Et puis, il y a la saison cyclonique, vivra-t-on sur le bateau ou est-ce que nous l'abriterons dans le Sud, nous vivant à terre pendant ce temps ? Ce qui n'est pas forcément mieux en cas de cyclone que de mettre les voiles une fois qu'une alerte retentit. Et si Jean-Sam seul reste là ? Est-ce que ça va être possible de vivre loin pendant un an, même si l'avion se présente comme solution ponctuelle pour se retrouver ? Toutes ces questions ont bouleversé nos nuits, nos journées. On se renseigne, on budgétise, on trie. Puis peu à peu, ça s'organise. Ça s'éclaire. Un chemin semble se dessiner. Le plus étonnant, c'est que face aux possibilités, on espérait un peu, secrètement, au fond de nous, que des portes se ferment d'elles-même. Que certains choix soient rendus impossibles par l'administration. Que finalement, notre liberté soit un peu contrainte. C'est plus simple, ou du moins, ça peut faire l'effet d'une soupape pour un cerveau sous pression. Mais non, jusqu'ici, aucune porte ne s'est fermée. Alors, même s'il n'y aura pas de choix parfait, c'est chouette et troublant à la fois car, au bout du compte, il nous revient et en même temps, on en est responsables. Il semblerait que les enfants, peu à peu, l'aient intégré. Malo hier, alors qu'on discutait ensemble de tout ça, s'exclame en guise conclusion... « Oh, ben, c'est ça, la vie, non ? - Comment ça ? - Ben, changer d'idée, changer de plan ! Il y a une semaine, on croyait qu'on allait traverser vers les Açores, et maintenant, on pourrait bien rester là ! » Alors voilà, ce n'est pas facile pour eux tous les jours. Ils n'ont à proximité ni famille ni copains fixes, tout comme nous. Mais ils ont ce petit truc en eux, dirait-on, qui commence à pousser... Reste à savoir si on rentrera dans toutes les cases de la demande de dispo... Dans ce cas, on adaptera à nouveau le cap à prendre !
5 novembre 2017

Rétrospective number Four, Haïti.

Je suis bien arrivé à Madère, dans la petite marina de Quinta do Lorde à la pointe de Sao Lourenço après une nav de 4 jours. J'ai bien carburé entre des nuages de toutes tailles et de toutes les couleurs, c'était chouette mais je crois que mon équipage était un peu crevé sur la fin...

J'vous publie une p'tite vidéo de mon passage à l'île à vache sur Haïti...

 

Pérégrinations nautiques d'une famille nombreuse, Haïti

 

25 août 2017

Ma cabane au Canada...

Beluga est tout près de Baddek. Il n'abrite plus que nous cinq après avoir ouvert ses voiles au padre. Alors, on se sent creux. Chaque visite modifie l'espace temps beluguéen. Une fois que ça se termine, il faut faire avec ce qui reste. Et c'est pas facile car ce qui reste, ce sont des trous. Une cabine un peu trop vide, un évier moins chargé, une brosse à dents évaporée du gobelet de la salle de bain, une paire de bottes en moins dans le carré, une assiette et un verre à retirer quand on met le couvert. Puis ces petits vides ont le chic pour vous en rappeler des plus grands. Vides exigés par tout voyage un peu loin, un peu long. Un gars nous avait dit ça un jour. Partir, c'est avant tout quitter! 

Alors parfois, ces petits trous finissent par peser lourd. Creux pesant qui assomme par son paradoxe. La dernière fois, quand l'avion des cousins s'était envolé, il y avait celui d'Halifax qui devait atterrir. On n'avait pas trop l'temps de traîner sur les côtes etatsuniennes et la fenêtre météo s'était emparée de nos états d'âme en les nourrissant de tortues luth, de brume, de poisson lune et de soleil perçant. Cette fois, personne n'a eu la bonne idée de nous rejoindre à Saint-Pierre et Miquelon. Et la fenêtre météo à la gueule d'une lucarne de mansarde parisienne en plein coeur de l'hiver. Alors tu restes là avec ces vides qui pèsent un âne mort. Et les questions s'immiscent dans ces fissures, fusent et tournent en boucle sans que personne ne parvienne à leur fermer l'clapet. Partir malgré la lucarne ? Terre Neuve plutôt que Saint-Pierre? Redescendre vers le Sud plutôt que retransater vu les dépressions - du ciel hein, nous on n'en est pas là !- vu les dépressions qui prennent du souffle et la saison qu'on sent prête à basculer? On ne parvient à aucune décision stable et définitive car chacune exige de tuer le choix et qu'on n'est simplement pas en mesure d'en faire un! 

Beluga a laissé le petit port de Baddek sans très bien savoir où pointer l'étrave. Finalement, un léger crachin nous a dirigés vers le mouillage le plus proche. Un petit trou au bout d'une rivière où il a jeté l'ancre. On va se lover là tous les cinq et faire le gros dos en attendant que ça passe, que certains vides se transforment en bons souvenirs et que les autres deviennent des projets, ici, dans notre petite cabane au fin fond du Canada.

 

29 avril 2017

Fin de chantier, circulez!

C'est une vraie fourmilière autour de moi. Ça brique, ça frotte, ça colsonne. Le pont ouvre à 17h30... Passera, passera pas. On verra. Si ce n'est pas pour aujourd'hui, ce sera pour demain.

Me voilà donc à nouveau à l'eau, après maintes gouttes de sueurs de l'équipage, de tensions ou de relâchement. On m'a installé un détecteur de fuite électrique, un nouveau beau tableau bien chebran do it your self, des connexions étanches, etc, etc, etc... Niveau jus, je suis pas mal. Niveau patouille entre primaire d'accroche, primaire epoxy, antifouling, je brille presque comme un sou neuf. Mais il semblerait que la peinture n'ait pas vraiment bien accroché.  Après, je me dis que c'est mieux que ce soit la peinture qui n'ait pas accroché à la coque plutôt que mon équipage à mon bord! Avec ce genre de tuile, y'en a un paquet qui prenne la poudre d'escampette et vont cueillir des fleurs plutôt que de l'écume. A priori, ils sont prêts à remonter pour d'autres aventures. Et puis, s'il faut le repeinturlurer quelque part, on visera une escale avec sableuse et tuti quanti!

Je tiens à remercier tous ceux qui ont soutenus mes moussaillons par leurs messages, par leur courrier, par leurs colis garnis! Ils ont à chaque fois redoublé d'énergie après ces gentilles surprises!

Allez, il est 16h47. Va falloir que je me prépare à passer le pont... Puis, selon mon bon Georges, ce s'ra tout de suite l'aventure!

 

8 mars 2017

Une boîte à vraies lettres...

Beaucoup d'entre vous  nous ont demandé, parait-il, une adresse postale pour pouvoir nous envoyer des petits mots doux, des dessins extravagants ou des colis chargés de trésors ! 

Voici celle du chantier où on va me sortir de l'eau pour checker ma coque et ses appendices : 

BATEAU BELUGA

CHANTIER NAVAL POLYPAT CARAIBES

Pont de Sandy Ground
BP 4012
97064 Saint-Martin Cedex

J'y serai à partir du lundi 13 mars pour au moins une semaine! Alors, juste entre nous comme ça, les quelques courriers reçus jusqu'ici ont vraiment enchanté mes moussaillons, les petits comme les grands!  N'hésitez pas, c'est chouette le voyage mais c'est bon aussi d'y sentir ses racines...

8 février 2017

Pieds à terre...

Ça y est, on est de l'autre côté.

Les Alizés, Beluga et Zizou nous ont menés jusqu'à Grand Bourg, sur Marie-Galante en un peu moins de quinze jours. 

Tout le monde va bien... même si on est passé par pas mal d'états différents, au contraire de la houle et du vent qui étaient plus stables que nous.

On laisse un peu décanter tout ça, histoire de voir ce qui se déposera dans le fond de nos cafetières d'ici quelques jours...

Gros bécots à tous... 

Un spécial joyeux anniversaire à Anne et Philippe, on a mangé un gâteau à vos années en nav'!

 

3 janvier 2017

Premiers quarts de nuit...

Pendant la traversée, j'ai fait quelques quarts... Un ou deux par nuit. Souvent avec maman. Le temps est à la fois long et court. On regarde les étoiles. J'ai vu Cassiopée et Orion. On écoute de la musique... Au début de la musique douce comme Moriarty ou Hindi Zahra puis de la plus énervée, comme Izia... De temps en temps, on regarde pour voir s'il n'y a pas de cargos ou de bateaux. C'est Zizou, notre régulateur qui barre dans ces moments-là. Tout autour du bateau, il y avait du plancton phosphorescent. Il s'illumine au passage du bateau, à cause des remous. C'est rigolo : ça fait plein de petits points jaunes ou verts fluo. Parfois, il y en a des gros comme une pomme qui explose... C'est joli mais au bout d'un moment, on a tout de même envie de rejoindre notre lit !

3 janvier 2017

A nos étoiles...

Quand on est parti, la mer était bien formée et le vent soufflait comme on ne l'avait plus senti depuis Gascogne. On savait que ça n'allait pas durer, que c'était juste un moment à passer.

Des vagues plus grosses que des maisons, avec des descentes comme des pistes de ski.... Certes pas des noires mais des jolies bleues ! Le train de houle était ridé, un peu comme le sable à marée basse quand il est marqué par le passage de la marée qui recule, ourlé de mini-dunes qui se répètent à l'infini. Là, les mini-dunes sur la plage devenaient des mini-vagues marquées par d'un fin trait blanc d'écume sur une vague plus ventrue,. Ca résonnait, le grand dans le petit, à la manière des fractales. Il y en avait des énormes, des paquets d'écume... Ils ondulaient sous l'eau, dans le dos des vagues avant de ressortir de l'autre côté en grande pompe, bruyants comme un train qui négocie un pont de fer.

Cette mer bien formée a rempli notre première journée et première nuit. Le rythme des quarts est revenu. L'appréhension de la nuit aussi. C'était difficile de rentrer dedans, jusqu'à la troisième nuit. Et c'est étrange car on aurait dit que le soleil, la lune et les étoiles avaient du mal eux aussi.

Le jour était pâle, d'une luminosité éblouissante mais sans contraste, trop blanche. Le soleil ne perçait pas ou très peu. La nuit était totale. Pas de lune, bon, ça, on le savait... mais pas d'étoiles non plus ! Rien. La panne d'électricité non-prévue en plein mois de décembre, où tu n'as ni bougie, ni briquet, ni alloufs, ni lampe de poche et où même, pas de bol, ton portable est à plat ! C'est pénible, hein, ce genre de situation à la noix. Quand tu sortais pour prendre ton quart de veille, t'avais l'impression de conduire une formule 1 les yeux bandés. Mais peu à peu, tes pupilles s'habituent et tu distingues vaguement la silhouette un peu moins sombre du foc sur l'horizon, comme tu distingues vaguement l'arête du mur des chiottes que tu allais te prendre en plein front. On s'habitue à tout...

Ni lune, ni soleil... Juste l 'obscurité que chasse la lumière et la lumière que chasse l'obscurité. Et bien, c'est plus difficile sans ces deux astres qui rythment tellement bien les journées de leurs lever et coucher ! Chaque prise de quart est un peu douloureuse sans eux... Tu restes quelques minutes les yeux rivés sur tes pieds, dans le flou, comme le restant de ton corps tout ouateux. Tu émerges, ou pas ou peu. Dehors, c'est parfois comme un dimanche chez mémé devant un feuilleton de l'inspecteur Derrick. Ta tête essaye de rester droite à surveiller compas et horizon ou écran carré de qualité discutable, mais la force irrésistible de Morphée la tire lentement vers le bas, tout comme tes paupières toujours trop lourdes. Tu parais rentrer en toi-même comme un trépied télescopique. Puis, quand une vague un peu plus grosse claque sur la coque ou que le coucou de la pendule à mémé hurle le temps, tes paupières et ta tête se redressent d'un seul coup, en un éclair... Et là, tu scrutes l'horizon toujours trop noir pour te réveiller, à la recherche des loupiotes d'un éventuel cargo. Tu te sens un peu ridicule, un peu minable. Tu espères toujours un peu que mémé ne t'a pas vu ! Il y avait bien le photoplancton. Il éclatait de lumière dans l'eau noire. Le sillage de Beluga était luminescent et l'écume de sa vague d'étrave aussi. Mais, c'est pas comme une étoile, une lune ou un soleil !

Au troisième jour, le soleil est revenu. La visibilité avec lui. Tous deux très timides au début. On a compris qu'un vent chargé du sable du Sahara avait soufflé... une pellicule jaune ocre tapissait tous les endroits au vent de Beluga. Il s'appelle l'Harmattan. La lune n'était toujours pas prévue mais quelques étoiles étaient bien haut dans la nuit. Tout ça s'est amélioré peu à peu. Les deux dernières journées pétaient de soleil et j'ai même aperçu le premier croissant de lune qui revenait. Les étoiles aussi sont revenues... La vie revenait autour de nous, il n'y avait pas que juste la lumière ou que juste le noir. Et là, on a pu constater qu'on avait laissé dans notre sillage quelques degrés de latitude Nord. La polaire, qui était à quatre ou cinq mains au-dessus de notre chêne à Kermargon, presque à pic au-dessus de nos têtes, trônait à seulement quelques centimètres de l'horizon, derrière nous. Et devant, dans le balcon, se dessinait la croix du Sud, cette constellation qu'on n'avait encore jamais pu contempler et qui inaugure vent doux et mer presque chaude pour nous, les Bretons adoptifs...

 

 

 

 

9 décembre 2016

Essaouira... qui Essaouira bien le dernier!

Nous voilà enfin un peu plus au Sud... on est descendu de trois degrés de latitude, on le sent... Il est bientôt 19h30 et l'équipage est toujours en T-Shirt dehors!

J'ai a pu hisser les voiles entre quelques moments de moteur. Jean-Sam a eu l'idée de tangonner l'Eugene, loin de toute image scabreuse, il s'agit de brider le génois avec un tangon pour pouvoir faire du vent arrière.  Sabine était perplexe mais je me comportais en vrai funambule expert dans la houle... je gigotais beaucoup moins et je pouvais descendre directement vers le cap voulu. Je l'ai donc bien convaincue!

Pour les navs de nuit, ils ont fait retentir une alarme toutes les 1h50 et se relayaient comme ça... Ils semblaient moins fatigués et bien dans le rythme... leurs yeux avaient moins l'air de ceux de batraciens en pleine traversée du désert lorsque le réveil sonnait la relève de quart.

Me voilà dans le petit port minuscule d'Essaouira. Ça grouille de partout autour de moi... que des bateaaux de pêche,  il y a seulement deux collègues à la voile avec qui je peux allègrement discuter puisque je suis à couple! Ça débarque des caisses pleines de poiscaille en tout genre, ça les fait griller sur les quais, ça brasse, ça gueule, ça vit.

 

Bon, moi je n'ai pas été me balader dans la ville évidemment.  Mais tout l'équipage y est allé et semble un peu moins conquis que par les ruelles poisseuses de Salé,  ses facades décrepies, les gens. Essaouira est, de ce que j'en ai saisi, beaucoup plus lêché... Le souk est davantage une machine à rabattre les promeneurs dans les boutiques pour leur faire acheter ce dont ils n'ont pas besoin qu'un vrai marché. Bon, je suppose qu'ils vous raconteront ça plus largement demain... là, ils vont pas tarder à tomber comme des mouches sous le poids de l'enclume du sommeil ! 

 

 

 

18 novembre 2016

Un nouveau continent, un nouveau pays...

Après deux jours et deux nuits de nav, arrivée au petit matin sur Rabat-Sale.

J'ai quitté l'Europe mercredi vers quinze heures de la marina de Lagos, au Portugal. Personne n'était vraiment navré de larguer les amarres des pontons de cette marina envahie par des retraités anglais et allemands qui passaient leur temps devant les menus des petits restos artificiels qui bordaient les quais, se demandant comment ils allaient pouvoir emplir leur panse déjà plus rondouillarde que la mienne. C'est dire! Les côtes dorées de l'Algavre se sont éloignées peu à peu. Ainsi que Lagos dont l'ancienne partie de la ville avait tout de même bien charmé mes occupants! D'abord au moteur puis avec un vent de 10 noeuds que Maurice, rebaptisé Zizou depuis ses premiers bords avec nous, gérait comme un chef. Le soleil s'est couché laissant un début de nuit sans lune où s'est plongé tout l'équipage. Puis, la Lune s'est levée... Grosse moitié d'orange sur l'horizon, qu'un rapide coup d'oeil aurait presque pu la confondre avec l'astre solaire! Elle est peu à eu montée éclairant la houle d'une lueur bleuetée. Le vent a forci dans la nuit, fatiguant mon génois Eugène... La trinquette a été hissée et je n'avançais pas beaucoup moins vite. Ca remuait pas mal dans le bateau à cause de la houle qu'on a d'abord eu presque de face puis de travers et enfin, par l'arrière... Elle épousait en fait l'entonnoir de Gibraltar. C'est ce qu'ont pensé Sabine et Jean-Sam en tous les cas. L'après-midi du deuxième jour, la houle s'est essoufflée ainsi que le vent. Heureusement car ils commençaient d'ailleurs à essouffler tout le monde! Les milles ont glissé sous ma coque, un oiseau est venu s'abriter sous mon aile, à la grande joie des plus petits comme des plus grands.

J'ai pénétré dans l'oued Bouregreg, avec au Nord Sale et au Sud Rabat ce vendredi matin. On m'a amarré au ponton d'accueil où douanes et autorités locales sont venus faire leur boulot sans excès de sourcils froncés, les yeux plutôt souriants! Accueil chaleureux des gars de la marina, couronné d'un thé à la menthe servi sur le ponton, dans les règles de l'art... Avec la théière à un mille au-dessus de la tasse!

"Bienvenue au Maroc" a été clamé nombre de fois avec enthousiasme, escorté dans les roulements de la langue par une luminosité qui chauffait les visages fatigués de la nuit...

DSCN0685

6 novembre 2016

Lisboa

Hier, nous sommes partis sous un temps un peu grisonnant au-dessus de nos têtes. La captitainerie d'Oeiras nous a emmené jusqu'à la gare la plus proche et là, nous sommes montés dans un train de banlieue qui a longé le Tage jusqu'au centre de Lisbonne.

On avait le guide du routard. Nos estomacs commençaient à grincer en arrivant sur la capitale. J'avais repéré un petit parc dont les experts disaient du bien. On a pris le métro jusqu'à la station la plus proche... Qui n'était pas si proche que ça. On est sorti. On a grimpé. Les enfants commençaient à pigner. Puis, à quelques foulées du lieu convoité, une drache bien de chez nous tombe comme un rideau. On s'est abrité tant bien que mal sous un kiosque à journaux, je crois, qui n'était pas encore ouvert ou déjà fermé, au choix. La pluie n'a pas cessé. On a repris le bus setecentos e sessenta pour descendre, dans un coin touristiquement plus névralgique. Un vieux portugais a craqué pour Marjane et Fanch... Y allait de ses grosses paluches sur les joues timides de notre blondinette et tapotait la capuche humide de notre Murphy en herbe. On a rangé le guide aussi.

Quand le bus nous a déposés, la pluie avait cessé. On s'est assis à un abribus, en rang d'oignons, pour soulager nos estomacs. Un peu la loose le pique-nique, non? Ben en fait, on vous recommande ce genre de pratique. Personne ne te remarque et tu as une vue d'ensemble sur ce qui se passe tout autour. Le mec qui court après son bus mais dont la porte refuse obstinément de s'ouvrir, les touristes qui font la queue pour les car sightseeing accueillis avec le flegme légendaire des hôtes portugais, les balayeurs de rue qui commencent à se débattre avec les premières feuilles d'automne. Et grâce à cette petite pause a priori sans charme, tu te rends compte que l'été est en train de quitter le Portugal. Que les chaleurs de Cascais étaient un peu comme ces dernières journées d'été indien en Bretagne... On ne verra pas les lumières jaunes de Lisbonne et le tage en mode fleuve de paille, on aura vu les tas de feuilles mortes.

 

3 novembre 2016

Une mésaventure bien ficelée !

Me revoilà à Oeiras. Je suis parti puis je suis revenu… La balade fut un peu courte. On n’a même pas quitté le chenal d’approche du port, ou à peine.

 

Mon étrave pointait le premier pont du Tage qu’un des enfants a confondu avec le Golden Bridge. Gérard ronronnait paisiblement parce que le vent jouait de nouveau les Arlesiennes. Le pilote, celui qui ne sait barrer que par pétole, gérait le cap tandis que certains membres de l’équipage s’activaient à dénouer les cabestans des pare-battes et à lover avec amour les aussières. Je crois que de l’eau n’allait pas tarder à bouillir pour une tisane. On n’était donc pas mal quoi…J’étais bien content à l’idée de faire plonger l’ancre et de faire défiler les fonds sous ma coque.

Et puis là, sans crier gare, Gérard s’est mis à bouder d’un coup ! Il s’est pris la tête avec un bout’ qui traînait entre la coque et le fond justement. Et cette satanée corde à la dérive  a fini par le baillonner le pauvre… Bref, hélice immobilisée et grosse pétole mais aussi gros courant. On n’avançait plus sur l’eau mais l’eau elle, entraînait à deux nœuds mes 15 tonnes dans les entrailles du Tage !

Alors, après un point du bilan rapide, la décision est prise de jeter l’ancre légère dans les 25 mètres de fond du fleuve. Ca gigotait bien, même sans vent, il y avait un clapot dégueulasse. Et là, ben fallait avancer dans le point du bilan. Jean-Sam a courageusement enfilé combi et masque. Il s’est glissé sur le lieu du crime. Après quelques aller-retour palmés, il en a conclu que le baillonage était digne de la mafia italienne. Alors la VHF nous a mis en contact avec la marina d’Oerias.

Ils sont arrivés. On a essayé de libérer Gérard avec des coups de moteur, une fois en avant, une fois en arrière, une nouvelle fois en avant, une nouvelle fois en arrière mais rien n’y fit. Il fallait plonger. Alors on m’a mis un bout’ de remorquage, plus sympa celui-là !

Une fois au port, les combis ont été enfilées. Sabine et Jean-Sam étaient aussi à l’aise dans l’eau que des pingouins à l’aise pour marcher sur la banquise, les pauvres. Mais ils ont pris sur eux et se sont relayés avec le couteau de plongée d’un pilier breton… Seb du Parcou, je crois qu’il s’appelle ! Ils l’ont invoqué plus d’une fois. Le schlass tailladait gaiement les 5 tours que la bailloneuse avait fait autour de l’arbre d’hélice ! Après quelques plongées dans les eaux douteuses du port, chargées de méduses et autres joyeusetés, après une ou deux tasses d’eau bien salée, ils ont réussi à libérer Gérard de l’harceleuse !

Mais bon, le courant s’était inversé et le soleil s’était couché. Donc on a baillonné nos envies de mettre les voiles et on m’a attaché au ponton… On est tous baillonné quelque part, mais il est bon de choisir ce qui nous baillonne tout de même !

 

19 octobre 2016

Oyez, oyez contributeurs de tout horizon.

Merci à ceux qui nous ont déjà envoyé leurs écus. Au-delà du portefeuille qui sourit, une émotion étrange monte quand on voit les noms qui s'affichent! Une sorte de fragilité qui sonne à la porte du bide.

Des inconnus ou des profils déjà croisés de près ou de loin montent un peu davantage à bord de Beluga.

N'oubliez pas de nous laisser votre adresse pour qu'on puisse vous envoyer une jolie carte d'une escale symptahique.

Vous pouvez passer par le blog ou nous envoyez un message sur la messagerie du voyage : bugaledebeluga@gmail.com

 

 

 

15 octobre 2016

Gascogne, ça cogne!

Ca y est... je suis en Espagne. Depuis hier soir. J'ai décollé mercredi matin avant l'aube. Ils m'ont rempli de gasoil avant de partir et puis, ils ont hissé la trinquette toute refaite et la GV avec 1 ris en quittant Port-La-Forêt. Une bonne fenêtre meteo était annoncée, du gros vent d'Est... Par contre, Maurice n'était toujours pas revenu à bord! Ils vous expliqueront je suppose! Mais je crois qu'il est vraiment très fâché ! On est passé par le chenal des moutons, au Nord des Glenan. On a vu le phare rouge de Penfret, il luisait bien dans la nuit claire. Quand le ciel s'est teinté de rose, on devinait l'ancien phare et la tour de Cigogne. La côte s'est rapidement (je suis modeste, j'aurais pu dire très vite) dissoute dans la ligne d'horizon que mordaient des vagues de plus en plus gourmandes. L'écume parsemait de blanc le bleu... c'etait plutôt joli. A l'intérieur , c'etait beaucoup moins poétique. .. quelques uns des équipiers se sont vidés les entrailles. Ça sentait pas spécialement bon là -dedans. Voire dégueulasse. Le vent est monté et les vagues se sont passées de gourmandes à ogresses... c'était pas encore des Titans, loin de là, mais c'était un peu impressionnant tout de même, surtout pour les equipiers les moins aguerris. On a pris un deuxième ris... puis la nuit est venue. On a descendu la trinquette qu'on a remplacée pour un foc... j'étais dans une tenue un peu légère. Ma dérive centrale est rentrée dans son logis et là, je me suis éclaté sur des grosses vagues qui de temps en temps déferlaient ces coquines. Eclaté dans le sens "amusé", qu'on se rassure. D'apres leurs calculs, j'ai bien bourriné... Une moyenne de 8 noeuds, avec une pointe à 10,4 noeuds. La lune s'est levée. C'etait hyper beau...
Au petit matin, le vent soufflait encore bien... l'équipage a peu à peu émergé. Grâce aux moins malades, les malades se sont peu à peu remis sur pied, pas encore très marin, certes... mais ça allait mieux. Les estomacs se sont homéopathiquement lestés.
Dans l'après midi, le vent a enfin molli. On a relancé de la toile...
La deuxième nuit a été plus organisée. Ils ont un peu réussi à se reposer... Certains ont fait des nuits complètes. Vers 4 heures du matin, dans mon travers, j'ai aperçu une lueur jaune qui scintillait à l'horizon. C'était une marque d'eau saine espagnole... des phares se sont manifestés, quelques uns puis après, c'était presque le périphérique de nuit dis donc... comparé à l'obscurité de la premiere nuit où seule la Lune m'a un peu accompagné. On distinguait des villes et des scintillements multiples, des phares ou des balises au loin... parfois des bateaux de pêche aussi. Les équipiers de quart discutaient d'ailleurs longuement à leur sujet... Collisionnera? Collisionnera pas?
Au petit matin, Jean-Sam et Sabine étaient un peu sur les rotules... Ben oui, le gros Maurice n'était pas là  pour les aider à barrer pendant ces 48 heures. Mais l'ambiance était bonne! On distinguait bien la côte. Par contre, pas de bol... le vent s'est mis de face. J'ai du tirer des bords pour rallier la Corogne... C'était un peu longuet mais le soleil rendait la balade agréable. 

Bref, c'etait une traversée un peu musclée mais bien sympathique... et puis surtout, on n'est pas resté à rêver en chemin quoi...
Vu les circonstances, ils n'ont pas pris beaucoup de photos... Elles seront sans doute publiées incessamment sous peu!

3 avril 2018

Parce que...

...ça fait trop longtemps que Beluga est à sec, qu'on n'entend plus sa vague d'étrave chanter, que l'alarme de notre réveil de quart est silencieuse, que les oiseaux marins ne volent plus autour de nous, que le soleil ne se fait plus engloutir par le bleu quand la nuit tombe, qu'on n'a pas vu de dauphins et que notre ligne de traîne ne traîne que de la poussière de chantier qui collent à nos semelles au lieu d'un sable blanc et fin à nos pieds. 

Parce qu'être scotché sur un terre-plein positionne nos pensées dans un espace-temps qui semble sans fin, un peu comme par un jour de pluie, on a du mal à se projeter sous le soleil! 

On vous a pondu une petite vidéo de notre transat sur Beluga... On était sept cette fois-ci, Quentin et Nina étant montés à bord au Cap Vert, pour soulager nos nuits de quart et partager toutes ces petites choses qui paraissent tellement loin aujourd'hui!

Merci encore à tous ceux qui nous soutiennent, moralement, financièrement ou les deux! Elle est un peu longue cette vidéo, sans doute parce que, ici aussi, c'est un peu long! 

 

Traversée Atlantique, Maracuja 42

6 octobre 2018

Un boulet pour l'apéro!

Voilà un bon mois que Beluga est délaissé la journée et que nos pieds se trainent entre salles de classe et toitures.

La saison cyclonique suit son cours sans trop de mauvaises suprises jusqu'ici, nous invitant à toucher du bois et de la peau de singe et à commencer chaque journée par un coup d'oeil au site du NOAA. En passant, on rend hommage à la page facebook d'Olivier Tisserand dont le moindre mouvement est gueté comme la fin d'un gros grain et les posts accueillis à yeux grands ouverts puis lus avec une attention toute particulière. Chapeau bas Monsieur Tisserand et grand merci. 

Aujourd'hui, une pluie tropicale bat le pont. On entend presque les cocotiers, flamboyants et autres chanter sa venue. On en profite pour saisir la savonnette et se karchériser la peau sur la jupe arrière. On a ouvert les entrées de réservoir pour qu'ils boivent toute cette eau tombée du ciel. Marjane est partie célébrer l'anniversaire de Nathalia, une copine mexicaine de collège qui saluait douze années à son actif avec une pool party. J'crois qu'elles seront moins mouillée dans la piscine que dehors!

Hier soir, alors qu'on venait de poser nos postérieurs après une semaine bien remplie, le bruit d'un moteur d'annexe s'éveille sur l'horizon. Le ciel était devenu noir, un gros nuage nous amène rafales et vent fort. 

"Ohé, ohé, il y a quelqu'un?"

Un "oui, oui" sort mollement du carré, ne parvenant pas aux oreilles de l'intéressé.

"Ohé, ohé, il y a quelqu'un?" à nouveau. Plus assuré, plus ferme et ponctué de trois coups de mandale sur la coque. Mais quel est ce malotru qui s'invite de la sorte pour l'apéro? se demande-t-on!

"Un bateau arrive sur vous!"

Branle bas de combat... Un bateau au vent dérapait et nous avait pris pour cible. Présentant son flanc ventru au nez de Beluga, qui ne sourcillait pas, prêt à éperonner l'assaillant. Tout l'équipage était sur le pont, allumant le moteur, attachant pare-batte, branchant le guindeau et les instruments. Notre invité surprise, qui n'était finalement pas du tout là pour s'en jeter dans le godet, dirige vaillamment sa monture motorisée pour essayer de faire pivoter le boulet. Mais son aide précieuse ne sert, là, pas à grand chose, le boulet finit sur notre chaine, son safran ronronnant sous les maillons et termine dans notre étrave. Pour ne pas se faire emporter et risquer de finir définitivement saucissonné à l'intrus, on est obligé de larguer le mouillage et toute la chaîne, en ayant rapidement noué un pare-batte au bout pour pouvoir le retrouver. Plus tard, quand le boulet aura passé son chemin. 

Sans ancre, on se sent bien à poil. Certes, on en a une autre sous le coude au cas où. Mais bon, on s'dit que ce serait vraiment pas le moment de se choper l'oring d'un copain ou un vieux bout' oublié. On se dirige vers la marina tout près, à deux pas, le temps de parer Beluga de ses aussières... Le temps aussi de trouver les fameuses aussières que nous n'avions plus utilisées depuis, depuis, depuis... La Guadeloupe peut-être, en mai dernier. il fait sombre comme dans un grenier mais le vent souffle presque comme dans un réacteur. Beluga approche lentement de sa cible. Cible minée de trous, irmanisée... Le ponton avait subi les assauts du fameux ouragan, présentant  à certains endroits ses entrailles. On saute prudemment, on mule pour ramener la coque qu'écarte le vent. 

On passera la nuit là. Au petit matin, notre chaîne retrouve sa baille et nous notre tranquilité du mouillage. Le week-end peut commencer, enfin!

9 décembre 2016

L'argent n'a pas d'odeur?

... Je ne sais pas qui est le crétin qui a sorti ce dicton, mais ce jour-là,  il ne devait pas avoir les narines en face du nez tout de même! 

Évidemment que le flouze a une odeur... On dit bien "ça pue le fric!", là ok, je suis d'accord!

Essaouira est un petit joyau de la côte marocaine. Quand tu arrives en bateau,  tu aperçois des cailloux découpés où vient s'éclater en écume bouillonnante la houle, même calme, une île débordée par la présence d'oiseaux en tout genre et une enfilade d'habitations tantôt rouges brique, tantôt crème comme un lait russe. On aurait dit Douarnenez depuis Beluga.

Le port est un régal pour les yeux... Ça grouille de partout, les gens crient leur pêche, leurs efforts, leur joie des caisses bien remplies. Ça circule à vélo, en mobylette, en tchouktchouk, en voiture... Bref, ça fourmille dans un joyeux bordel un peu crasseux que j'aurais pu scruter la journée durant.

La ville, c'est un autre monde. On a été saisi par le contraste avec Salé qui avait plutôt les allures du port d'Essaouira que de sa médina. J'en avais presque mal au bide dis donc...

Tout y est propret, charmant, mignon, arrangé. Le souk est une enfilade d'échopes colorées au fond desquelles tu te retrouves en un clin d'oeil avec un magnifique collier berbère dans les mains, sans savoir comment! Ils sont des virtuoses, ces marchands, des grands malades de la bourse, des tacticiens hors pair dans la technique de vente, des magiciens du verbe (les italiens font bien triste mine face à eux)! Et vas-y que je te fais un cadeau au blondinet, un autre à la blondinette.  Paf, ils ont les gosses dans leur poche d'ailleurs bien taillée..."Il est trop gentiiiil le monsieur...!". Ceci dit, c'est bien sympa tout de même de se retrouver à boire un thé à la menthe avec eux et à se faire baratiner des proverbes berbères en veux-tu en voilà! Et finalement, tu ressors avec un magnifique collier berbère dans le sac que tu as négocié "comme une vraie berbère".

Bref, c'est sympa mais c'est un peu Disneyland ou Locronan si tu forces le trait! Tout y fait pour que les touristes que des cars dégueulent du matin au soir allègent un peu le poids de leur bourse (au singulier hein!). Tu te demandes un peu où est la vraie vie, tu te dis que tout cela, pue un peu le fric tout de même et que ce satané blé a même dénaturé les pavés de cette jolie ville!  Reste plus qu'à se perdre un peu plus loin  peut-être, dans des méandres trop tortueux et trop étroits que pour y sortir un zoom ou encore retourner se faire un café au bateau pour y faire entrer les parfums de la vie des pêcheurs, qui elle, finalement, n'a d'autre odeur que la sienne! Et surtout,à ramener l'autre imbécile à Essaouira pour lui recalibrer les narines!

On vous enverra des tranches de vie marocaine du port en photos prochainement!

6 mai 2017

Saint-Martin, c'est fini...

Nous sommes sur le point d'enfin lever l'ancre. Ce fut notre plus longue escale,  après Rabat qui signait la perte de Maki. Pendant ce chantier, on a perdu des litres de sueur, peut-être quelques terminaisons nerveuses à force de les titiller, certainement quelques liasses épaisses de dollars mais au moins, on n'aura perdu personne.
On a eu le temps d'y gagner quelques petites habitudes, d'y développer des repères, ce que seuls les longs arrêts permettent. Alors, si un jour, vous passez par ici,  n'hésitez pas à aller casser la croûte au sous-marin... petite brasserie où tout le monde se pète le bide pour trois francs six sous à coup de casse-dalle double burger ou de paninis bien garnis. Il y a aussi la voilerie Incidences où je me serais bien vue bosser en compagnie de Patrick et Sonia, laissant Fanch crapahuter avec Titouan aux alentours et les retrouvant le soir au mouillage à côté de Cielo de Dios. Il y a le chinois,  juste en face du chantier où on ne parle ni français ni anglais mais où on peut trouver le rouleau de PQ qui manquait au bataillon. Y'a le garage Gamiette où Lucien vous sauvera une caution de location avec ses doigts en or.  Y'a l'île marine, le ship du coin où Lomig nous a fait des prix hors concurrence et où ses conseils sont venus à bout de nos plus sombres emmerdes.  Et puis il y a eu les chouettes rencontres à travers lesquelles on peut échanger sur les aléas du voyage en famille et que les nimbus apprécient pour les bulles d'air qu'elles font éclater avec d'autres nimbus. Cocodelo et l'Eclectic en font partie.

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Alors voilà,  on va quitter tout ça.  On est presque prêt. Il nous reste quelques courses, les pleins d'eau et de gasoil et on sera enfin en route pour la suite de notre périple.  Les destinations vont être modifiées. Panama aurait fait une nouvelle entaille dans notre coffre fort qui est de moins en moins fort. On va devoir mettre de côté pour un moment nos envies de Terre de feu. Mais on se dit que ce sera pour plus tard. Car ces récentes tuiles ne sont pas venues à bout de nos envies de vague d'étrave qui chante... Et finalement,  c'est surtout ça qu'on n'aura pas perdu ici!

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10 octobre 2016

Vagues à l'âme...

Quand on a commencé à penser à tout ça, c'était il y a 14 ans, quand on y a pensé plus sérieusement, c'était il y a 14 mois...

Aujourd'hui, on est à quelques jours de partir. Il est tellement facile de l'évoquer ce truc... Mais tellement compliqué de le faire se réaliser. Construire une maison d'abord, préférer intervenir soi-même sur chaque étape plutôt que de faire intervenir quelqu'un, parce qu'au sinon, ben c'est le porte-feuille qui coince... Faut que tout coïncide bien ensuite... La vente de la maison, l'acquisition du bateau, le déménagement et l'aménagement... Bref y'a toujours une liste en cours dans tout ça et les nuits sont courtes car certaines idées font comme des vis dans le cerveau.

Puis maintenant, voilà que cela devient complexe en plus. Pas d'un coup... Non.

Au début, il y avait les arbres. Ben oui, ça peut être noueux un arbre. Et en même temps, on peut difficilement être plus ancré qu'un arbre. Ils peuvent difficilement mettre les voiles eux. Je coinçais dès que je voyais un bel arbre.

Les premiers, c'étaient ceux en haut du bout de bois qui menait au canal... A Kermargon. Il y avait là deux arbres très élancés. Ils s'enlaçaient... Une branche de l'un passait dans la branche de l'autre. Ils n'avaient rien à envier aux amants de Klimt. Ils dansaient un peu dès que le vent se mettait à souffler, timidement.

Après, il y a eu le petit chêne qui saute aux yeux quand on arrive chez nous. Le petit chêne qui ne l'était plus quand on a quitté les lieux. Il avait pris en assurance le bougre.

Puis, l'érable dont je me suis dit que je ne pourrais contempler les feuilles rougeoyantes à l'automne, le mirabellier qui commençait à peine à être généreux mais dont nos papilles ne dégusteraient pas l'évolution , les ifs où on a projeté tellement d'arc...

Ceux du bord des routes, des chemins, les connus, les moins connus.

Après, j'ai élargi un peu le point de vue et sont venus les paysages... Tout ce vert qu'il y a partout. Du vert pomme au vert bouteille, le gris de la pluie bretonne est magicien quand il s'agit de ressortir autrement. Une colline, un bocage et hop, mon œil devenait pensif, absent... Et puis, dans ces paysages, quelque fois, c'est mon quotidien que je me surprenais à épier. La route de tous les matins, les murs de l'école, les cris dans la cour, mes enfants dans le trampoline, chez les voisins, chez leurs grands-parents, les échanges avec une copine ou une collègue... Tout ça devient presque fragile.

Et puis un jour, les yeux se posent sur les gens, proches ou lointains, les piliers ou les roseaux. On les croise, par hasard ou moins... Et on se dit que, ben on les verra plus avant un bon bout de temps. Et alors, la complexité te saute à la gueule d'un coup. Tu es triste et en même temps tu te dis que c'est pas possible d'être aussi con, que les couchers de soleil te donneront mille fois les rouges de l'érable, que nos corps vont découvrir des rythmes que les amants du talus ne soupçonnent même pas, que les dégradés vont enfin prendre d'autres couleurs que le vert, que tu vas rencontrer plein de gens, différents ou moins différents. Mais rien y fait, tu es triste. T'as l'impression qu'on t'arrache un truc à l'intérieur, et tu en viens au constat que c'est complexe de partir, bordel de merde, un sac de nœuds tout aussi torturés que le sont les branches des arbres. Mais bon, pas d'inquiétudes... Une fois que les amarres auront été larguées, les vagues prendront la place des arbres. C'est noueux aussi les vagues, des fois!

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