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Bugale de Beluga
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En bref, pour les pressés!
Les bugale ont retrouvé le plancher des vaches. Moi aussi d'ailleurs, mais je commence à trouver le temps long sur le parking! Le clapotis de l'eau me manque... Je cherche toute personne qui, dans le même état, est prêt pour l'aventure. Faites-nous signe!
Qui est Beluga?
Je suis un Maracuja 42 en alu des chantiers Sindbad. Je suis né en 1983. J'aime quand on éteint le moteur après avoir déroulé le génois et je n'aime pas être hors de l'eau!

DSCN0007BLOGJ'ai quitté les côtes françaises avec les bugale en octobre 2016 pour une aventure de trois années. On a vécu ensemble des moments forts entre les globicéphales au Nord de Sainte-Lucie et les baleines à bosse et baleines bleues du Canada, les fjords de la Nouvelle-Ecosse et de Terre Neuve, le sable noir des Canaries et les lagons turquoises des Iles vierges, les sourires francs et massifs des Cap-verdiens et les notes créoles antillaises. On a traversé des grands silences et des peaux du diable, entre pétole et gros vent. A bord aussi, la vie à 5 se fait intense, entre coup de gueule et cris de joie, c'était rarement le calme plat.

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Et qui sont les bugale...?

20180118_235627Je m'appelle Fanch. J'ai 9 ans. Je n'aime pas être en chantier et naviguer au prés. J'aime bien manger des noix de coco et des mangues ou mettre Beluga à la cape quand il y a un orage. 

20180209_124942Je m'appelle Marjane. J'ai dix ans, bientôt onze. Je n'aime pas quand l'évier se bouche et que je dois faire la vaisselle ou rester trop longtemps à la même escale. J'aime cuisiner des pâtes au thon à la crème ou voir des dauphins ou des baleines tout près du bateau. J'aime aussi dépasser un autre bateau!

20180119_000025Je m'appelle Malo, j'ai douze ans et demi bien tassés. Je n'aime pas que rien n'ai mordu à la ligne de traîne à la fin de la journée ou que je monte une ligne et qu'elle se casse dès le début. J'aime qu'un thon y morde, j'aime le vider et le cuisiner! J'aime me glisser dans la couette pour me réchauffer quand il fait froid ou constater qu'en 24 heures, on a fait une moyenne de 180 milles.

20180207_082626Je m'appelle Jean-Sam. Je n'aime pas quans les voiles battent par manque de vent ou faire un manque à virer. J'aime avoir envie de prendre la barre à la place du régulateur quand Beluga avance bien!

20180219_110723Je m'appelle Sabine. Je n'aime pas quand le vent s'essouffle jusqu'à s'évanouir complètement ou quand le réveil sonne et m'annonce ma prise de quart de nuit. J'aime surprendre le regard d'un de mes enfants se perdre dans le bleu ou plonger dans des constellations encore inconnues ou une pleine lune généreuse tout en écoutant Izia.

Archives
17 janvier 2018

Serpentins entre Cruzinha et Fonteinhas...

Nous sommes allés sur santo Antao trois jours pour visiter l'île dont la réputation n'est plus à faire à Mindelo. Pendant ces trois jours, on a randonné dans l'île pour la découvrir et notre avant-dernière balade nous a conduit à Cruzinha. 

Nous sommes donc partis à vive allure car un aluguer nous attendait à Ponta da sol, notre point d'arrivée. On lui a donné rendez-vous car c'était dimanche et que peu d'aluguers circulent ce jour-là! La balade était magnifique. Des roches de toutes les couleurs (rouges, jaunes, grises, mauves, noires, bleues,...) et de forme et de matière très variée, parsemaient le sentier à flanc de falaises. Le chemin en pierres n'en finissait pas de descendre et de monter dans des petits zigzags. Un petit muret de pierres sèches nous protégeait du vide. 

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Nous avons traversé le petit village de Formiguinhas, d'une dizaine de maisons, vers le milieu de la randonnée. Il y avait une école où deux enfants seulement étaient inscrits. Nous l'avons su grâce à la fiche des résultats affichée à une des fenêtres du bâtiment. On a continué notre route à travers des endroits qui auraient pu servir à des décors de films comme ces ilots frappés par la grosse houle du Nord. Ensuite, nous sommes passés par Corvo. Village niché au creux d'une vallée très encaissée où avaient été construit des terrasses titanesques qui avaient sans doute la superficie d'un champs.

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Un dernier col bien raide nous séparait de Fonteinhas...

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Nous y sommes arrivés un peu tard pour être à l'heure pour l'aluguer de Ponta da Sol qui était encore à une heure de marche. 

Maman et moi, nous avons décidé de partir en avant car certains étaient un peu trop crevés. Mais un aluguer a croisé notre route et nous avons tous pu monter dedans pour rejoindre Ponta da Sol dans les délais. 

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16 août 2017

On surfe et... Pas sur de l'eau!

Nous sommes allés aux quais du waterfront de Halifax. Fanch et moi, nous étions dans ma cabine en train de "coudre" quand Papa nous a crié de venir voir. Nous sommes donc allés dehors. Une fois sortis, j'ouvris grand les yeux et je sentis une bouffée d'excitation monter en moi. On était amarrés a un petit ponton normal mais autour de nous, sur la terre, il y avait des restos, des petits immeubles et plein de personnes qui grouillaient à coté de tout ça.

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On s'est très vite préparé tellement on avait envie d'aller visiter Halifax. Nous avons fait un peu de skate avant de partir et Malo a continué à en faire jusqu'à ce qu'on arrive sur une grande place. Au centre il y avait une très grosse (et fausse ) vague sans doute en béton. Il y avait aussi un bâtiment décoré d'écriture et de queues de baleine et même un sous-marin (en plastique) transformé en pleine de jeux. Fanch et moi, nous avons foncé droit dessus, après avoir demandé si on pouvait... On essayait de grimper tout en haut mais presque à chaque fois, on s'arrêtait à la moitié et on glissait sans pouvoir lutter. 

Mais à un moment, j'ai pris un grand élan, pieds nus, et j'ai couru vers la vague. En chemin, j'essayais de ne pas glisser en appuyant fort sur mes pieds... Et j'ai réussi à monter au sommet.

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Après, c'est devenu un jeu d'enfant (le pire, c'est que c'était un jeu d'enfant!)... Je grimpais sans élan, à l'endroit, à l'envers! On s'est vraiment bien amusé!

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15 août 2017

Skate et cinéma à Halifax

Quand nous sommes arrivés au centre de Halifax en bateau, nous sommes allés nous balader en ville et Papa a sorti son skate. Il nous a montré quelques trucs pour monter sur la planche à roulettes.

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Lorsque nous sommes arrivés sur une petite place, nous nous sommes entraînés pendant que les parents discutaient entre eux. Après maints efforts nous avons réussi à tenir debout et à avancer sur le skate.

 

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Le lendemain, nous sommes revenus avec Papy sur cette place et nous avons continué notre apprentissage rigoureux.

Ensuite, nous sommes allés voir un court-métrage qui parlait du Bluenose, un bateau qui avait été conçu pour participer à une course nommée la Fisherman Race. Il était très rapide, ce qui lui permettait d'arriver le premier sur les grands bancs de Terre Neuve où on pêchait la morue à l'allée et à la criée au retour. Il a gagné toutes les courses de la Fisherman Race auxquelles il a participé. Le film était diffusé dans une demi-sphère juste à côté du musée maritime d'Halifax...

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18 septembre 2016

Le sable champêtre de l'estran de Bananec

Sympa ce coin... Quel grand jardin! Il y a enfin de la place pour se dérouler les pattes. Et puis, il y a plein de trucs qui poussent... des espèces de plantes poisseuses à la frontière entre le marron, le vert et le jaune. Les insectes que je croise au bord de l'eau sont rigolos... ils se déplacent sur le côté, un peu comme le bateau quand il dérive (hé, c'est que j'enrichis mon bagage lexical avec leurs folies!)...

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Par contre, je ne comprends pas très bien le nouveau jeu... Déjà la balle de tennis, je trouvais ça limite abrutissant... Mais là, ils m'envoient un truc en l'air qu'ils dirigent avec des ficelles... Dès que le truc est sur le point de toucher le sol, il remonte super vite. Impossible à attraper nom di chtoup!

9 août 2017

P'Town, la grillade!

Dans la baie de Province Town, alors que nous étions au mouillage, nous avons vu des pêcheurs qui remontaient des poissons quatre par quatre... Aussitôt dit, aussitôt fait, le lendemain, nous allons dans la vile touristique en quête d'un magasin de pêche. Nous en avons trpouvé un qui possédait tout ce que nous cherchions. Au crépuscule, armés de nos cannes, Robin et moi avons commencé à pêcher... Au bout de deux minutes, Robin a remonté six maquereaux d'un coup ! Nous avons ôté les hameçons de leur bouche et nous les avons mis dans un seau...

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Pendant ce temps, j'en ai remonté cinq autres. Nous croulions sous les poissons. Nous avons finalement décidé d'arrêter quand nous sommes arrivés à quatorze pêchons. Nous les avons cuisinés au four avec des oignons et des poivrons ainsi que des pommes de terre à la cocotte-minute. Un pur régal!Mais nous avions mis de côté six poissons ! Le lendemain, nous avons levé l'ancre pour se rapprocher d'une jolie plage. Nous avons mis le bois fouillé à l'eau, j'ai débarqué avec tandis que les autres débarquaient en annexe... Nous nous sommes baignés et nous sommes approchés au maximum d'une colonie de phoques jusqu'à ce que nos ventres crient famine ! J'ai donc eu l'idée de griller les derniers maquereaux sur la plage avec un petit feu... Maman aussi était partante. Nous avons demandé l'avis de papa. Il n'était pas contre. Aussitôt dit, aussitôt fait, nous avons ramassé du bois avec Robin nous avons créé un foyer en creusant un trou dans le sable pendant que maman allait chercher la grille et les poissons restés au bateau. Nous avons vite obtenu de belles braises. Nous avons positionné les poissons sur ce grill improvisé...

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Peu à peu, l'odeur de la viande s'est fait sentir. Tandis que nos estomacs hurlaient à la mort, nous conservions notre sang froid légendaire pour ne pas nous jeter sur les grillades ! Une fois la cuisson finie, nous avons emballé la viande, nous avons repris la grille et nous sommes partis dare dare au bateau. Arrivés au bateau, nous avons fait une petite salade et... aussitôt dit aussitôt fait, nous avons attaqué la nourriture...

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11 décembre 2017

Le retour de l'arrivée

Depuis quelques jours, nous sommes à Sal, une île du Cap Vert, toute sèche et presque dépourvue de vie végétale. Quand nous sommes arrivés,  il y avait une mauvaise visibilité à cause du sable du Sahara emporté par les Alizés.  Une fois l'ancre bien accrochée,  nous sommes restés un moment à discuter et à regarder la terre. Je trouvais ça bizarre mais à la fois agréable d'arriver dans un endroit que nous avions déjà visité l'an dernier. Papa et maman avaient envie de se reposer car ils étaient crevés mais nous sommes tout de même allés à terre car nous devions faire les papiers. Nous avons fait deux groupes, un qui allait chercher les douanes et un autre qui s'occupait de jeter les deux pouvelles du bord. Je suis allé avec papa et Malo au bureau des douanes mais quand nous sommes arrivés,  un policier nous a dit de revenir le surlendemain car le douanier n'était pas là.  Nous avons retrouvé maman et Fanch qui avaient réussi à trouver un endroit dédié aux déchets. Nous avons pris la sage décision de se poser quelque part, à une terrasse. Nous avons commandé des boissons, papa et maman ont pris la bière locale, la strela. On était content de retrouver leur capsule! Puis, on a mangé.  J'ai pris une cachupa. C'est un mélange de pois chiches, fèves de haricot avec un oeuf sur le plat et quelques tranches de chorizo. C'était un peu sec mais délicieux.  Autour de nous, des enfants jouaient avec une brouette, l'un poussant à toute allure l'autre qui trônait dessus! Un petit poussait une cagette en plastique un peu comme un trotteur. Un ado est passé à pleine balle sur un vélo, en équilibre sur son vélo.  On savourait la vie quotidienne du petit village de Palmeira, pour la deuxième fois!

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6 octobre 2017

Généreuses trombines...

Voilà presqu'un an que je quittais le Finistère et m'engageais dans un golfe de Gascogne un peu tourmenté en ayant abandonné un pilote automatique récalcitrant sur les pontons bretons. Jean-Sam et Sabine avaient barré non-stop et savouré la mer. Mais il nous fallait tout de même un barreur en plus! Ils ont opté pour Zizou le régulateur! En arrivant à la Corogne, ils ont fait appel à vous tous, les gens, petits ou grands, rêveurs ou terre à terre, proches ou plus lointains, navigateurs ou terriens, enthousiastes ou sceptiques mais tous généreux... 

Grâce à vous, Zizou a pu monter à bord... Et on a aussi pu faire face aux autres aléas (lala) que réserve le voyage. Alors voilà, grâce à vous, on entame notre deuxième année, on repart vers le Sud au lieu d'avoir pointé notre étrave au Nord! 

Merci à vous tous... Anma et Laorz, Gaëlle, Seb et Céline, Marthe, Ann-Marie, Karine, Yula et Maïan, François, Anne, André et Monique, Yvette et Roger, Paul et Jeanne, Julien, Carole, Mathieu et Anne, Quentin et Maria, Hubert, Alan et Anaïs, Yves, Marco et Bleuenn, Papa, Alain, Julos et Mélanie, Cécile, Elly, Mélanie, Sylvie, Maïna, Anne-Fré, Edith, Teddy et Mélissa, Eléna, Christina et Ricardo, Camille, Charlotte, Fred, Edwige, Bob et Françoise, Karen et Ban. Je crois n'oublier personne. 

Il reste de la place sur le trombinscope et à mon bord! Si vous voulez embarquer dans ce petit projet familial, n'hésitez pas! 

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Force 0,  pétole   jusqu'à  5 euros. Contrepartie : notre infinie reconnaissance.

Force 2,  légère brise jusqu'à  15 euros. Contrepartie : notre infinie reconnaissance et votre photo sur notre site.


Force 4, jolie brise   jusqu'à 25 euros. Contrepartie : notre infinie reconnaissance, une carte postale de tout l'equipage à une escale de notre voyage, votre photo (si vous voulez) sur notre site.

Force 6, vent frais jusqu'à  50 euros. Contrepartie : notre infinie reconnaissance, trois cartes postales envoyées des escales les plus étonnantes de notre voyage, votre photo (si vous voulez) sur notre site.

Force 8, coup de vent jusqu'à 100 euros. Contrepartie : notre infinie reconnaissance, trois cartes postales envoyées des escales les plus étonnantes de notre voyage, votre photo (si vous voulez) sur notre site et un colis surprise avec une babiole rigolote d'un pays visité. 

Force 10, tempête, 250 euros. Contrepartie : notre infinie reconnaissance, trois cartes postales envoyées des escales les plus étonnantes de notre voyage, votre photo (si vous voulez) sur notre site, un colis surprise avec une babiole rigolote d'un pays visité et un we à bord.

Force 12, ouragan, 1000 euros. Contrepartie : notre infinie reconnaissance, trois cartes postales envoyées des escales les plus étonnantes de notre voyage, votre photo (si vous voulez) sur notre site, un colis surprise avec une babiole rigolote d'un pays visité et une semaine à bord.

 

VOUS POUVEZ EFFECTUER UN VIREMENT DIRECTEMENT SUR NOTRE COMPTE DE VOYAGE : 

Titulaires du compte : Coeckelbergh Sabine et Perrolle Jean-Samuel - Cosquinquis 29190 LENNON

IBAN : FR76 1380 7001 4430 4194 5919 705

BIC : CCBPFRPPNAN

OU PASSER PAR NOTRE COMPTE PAYPAL :

https://www.paypal.me/bugaledebeluga

16 octobre 2016

Y a-t-il un pilote dans le bateau?

Pour les curieux, voilà à quoi ça ressemble...

ET NON... NOUS N'AVONS PLUS DE PILOTE... NOUS AVONS BESOIN DE VOTRE AIDE POUR UN REGULATEUR D'ALLURE...!

Le pilote automatique qu'on avait sur le bateau, surnommé Maurice, a rapidement montré son désaccord avec notre projet : il refusait de fonctionner. Ceux qui ont suivi notre périple depuis ses prémices sont au courant. On a tout essayé pourtant. D'abord par nous-mêmes. Puis un électronicien chevronné nous l'a déclaré inapte à faire ce voyage.... Bref, il est HS.

Or, impossible de mener ce projet sans pilote. Nous allons donc devoir acquérir ce type d'instrument pour pouvoir continuer. Nous avons choisi un régulateur d'allure et non un pilote car le pilote est électronique et électrique avant d'être mécanique et que le régulateur lui, n'est que mécanique. Moins de risque de souci ultérieur donc. 

Mais ce genre d'équipement va évidemment bien plomber notre budget... 

Nous faisons donc appel à tous les férus ou moins férus de voile, les convaincus des petits projets citoyens comme celui que nous menons avec Haïti et les écoles de Lannédern et de Lennon,  les amoureux de la mer ou simplement de la nature, les voyageurs d'hier, d'aujourd'hui ou de demain, les curieux, les stupéfaits, les inquiets, les enthousiastes... Je crois que j'ai fait le tour ou presque... 

Merci à tous... Bien sincèrement!

6 juillet 2018

Beryl

Le premier ouragan de la saison est aux portes de l'arc antillais. Tandis que Sabine et les trois moussaillons vivent les émotions complexes d'un retour à terre, Jean-Sam et moi gardons un oeil sur Beryl, de son p'tit nom. 

Il devrait faiblir avant de frapper les terres et repasser en tempête tropicale. On croise les doigts et surtout les aussières pour que ce soit le cas!

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22 janvier 2018

Bye bye morabeza...

Ça fait presque deux mois qu'on est là... Beluga a sillonné les eaux de l'archipel capverdien grâce au souffle magique des Alizés dans lesquels se mêlait parfois l'Harmattan, amenant avec lui du sable qui fardait tout d'une brume presque bretonne.

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Il y a eu Palmeira à Sal, tout à l'Est. Où on est arrivé et où on a eu du mal à décoincer. Pourtant, le village et plus largement l'île n'ont rien d'exceptionnel. Il y a certes une plage mais la couleur brunâtre de l'eau rappelle plus certains fleuves nordiques moribonds que le sable blanc et les eaux turquoises des Tropiques. L' île ressemble à un gigantissime court de Roland Garros avec en plus, des grosses bosses, trois ou quatre grandes collines et des déchets qui volent au vent fou ou restent coincés sous un gros caillou. Partout, poussière rouge avec parfois un arbuste échevelé qui s'y aventure, roussi par le trop plein de soleil avant d'avoir grandi. Pourtant, l'année dernière déjà, on avait eu du mal à partir. Il y a là-bas un truc qui retient les pieds, la tête et l'ancre. Un truc qui brille dans les sourires. Un truc, le dimanche soir, où guitares et maracas font gicler rythmes et mélodies sur les voix d'armoires à glace locales, pourtant plus soyeuses qu'un vol de papillon. Un truc qui sort des yeux des gamins qui attendent sur la plage notre débarquement, après avoir défié le calme des ruelles par des courses de brouette.

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Un truc chez ces gars qui passent l'après-midi, plus concentrés qu'un coulis de tomates, à jouer à l'awale, comme des enfants sages. Un truc dans le fait qu'on laissait Beluga ouvert aux Alizés comme un moulin. Un truc chez ces pêcheurs qui chantaient pour revenir au port en faisant résonner leur coque métallique comme des djembés ou encore chez ces motards couronnés d'un casque de chantier pour parer la chute.

Il y a eu Tarafal, sur l'île de Santiago, où on a retrouvé des copains et leurs petiots. Là, le sable était blanc et il y avait même des cocotiers. Masques et tubas sont ressortis des fonds des coffres. Slackline et ballon de foot ont rebondi sur les pieds locaux et étrangers.

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A l'autre bout de la plage, il y avait des barques multicolores. Quand elles revenaient du large, tellement bouffies par leur pêche,  tous le bras de la plage s'unissaient pour les remonter ! Il y avait cette place aussi où, au retour de pêche, ça recousait les fines mailles d'énormes filets épuisés, posant de temps en temps l'aiguille contre une strela bien fraîche. Il y avait cette enfilade de gargotes où poissons du jour étaient fraîchement grillés pour quelques escudos, et un peu plus loin, le marché où Ilana nous a fait découvrir le fruit de l'arbre à pin. Des clébards nous escortant sympathiquement d'un endroit à l'autre, tout en remuant frénétiquement leur appendice caudale.

 

Il y a eu Sao Nicolau. On y a retrouvé Franscili. On a marché dans des prairies qui n'en étaient presque plus.

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Puis sur l'autre versant, on a traversé des chemins bordés de bananiers, d'aloe ou de maracujas dont un paysan a rempli nos poches.

 

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Les mômes y ont pêché la garoupa, des soles et même une petite murène qui a eu la bonne idée de confondre la ligne de Malo avec une de ses proies!

Il y a eu Boa Vista dont l'eau turquoise ont mené certains pieds jusqu'aux straps des planches à voiles tandis que les autres battaient à plein régime pour faire glisser les bodys!

 

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Les dunes dignes de la skyline new-yorkaise invitaient au construction sans fin de cabanes et les gros fauteuils des bars de plage au crapahutage illimité des plus jeunes. 

 

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Il y a eu Santo Antao, petite Madère capverdienne où les pieds se sont cette fois glissés dans des chaussures de marche pour plonger dans un vert et un relief qu'aucune autre île n'avait nuancé à ce point, croisant par contre les mêmes regards rieurs malgré la bombonne de gaz de 13 kilos ou autres, qui pèse sur la tête mais qu'il faut remplacer au village, qui est en bas, tout en bas, au bout de serpentins qui n'en finissent pas!

 

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Maintenant, il y a Sao Vicente qui passe un peu à la trappe car c'est la fin, car la liste est longue avant de larguer les amarres vers l'autre côté. On est quasi prêts... Et quand on arpente les rues de Mindelo pour dénicher les derniers indispensables avant départ, on regrette presque de l'être autant ! On s'rait bien resté un peu plus dans cette douce morabeza capverdienne...

17 septembre 2018

Isaac et iguanes

Beluga et la baie de Marigot ont retrouvé le calme. Le calme d'avant Isaac. On a eu un début de semaine où l'eau du mouillage était lisse et transparente comme le vide. Elle reflétait nos visages comme un miroir. La tempête tropicale passant au Sud nous a un peu secoué à partir de jeudi fin d'après-midi. Notre anémometre a joué avec les quarante noeuds et le pont avec des pluies parfois aussi battante qu'une batucada. La chaîne de l'ancre, bien tendue sous les rafales, a fait son boulot comme notre nouvelle pioche, sans perdre leurs nerfs. On avait rangé tout ce qui pouvait faire du fardage.

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La houle qui rentrait un peu nous a bercés toute la nuit. Cartables gargantuesques avaient été mis à l'abri dans le coffre de la voiture entre deux grains, en fin de journée jeudi, la veille, par Jean-Sam. Allégeant dos et départ matinal du vendredi, ce qui n'était pas superflu. Au petit matin, il ne restait plus grand chose des colères du ciel, hormis quelques nuages exceptionnellement boudeurs. Florence, Hélène et Joyce ne sont plus grand chose, elles non plus. Mais la saison n'est pas finie et tous nos matins commencent rituellement par un coup d'oeil à la carte du National Hurricane Center.

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Le quotidien prend sa place sur Beluga et dans nos journées. Chacun y développe ses nouveaux repères, s'y adapte. Ce n'est plus le hérisson qui anime le bitume de la cour mais l'iguane. Ce n'est plus la bouillasse lennonaise au seuil de la porte mais les vaguelettes qui jouent avec les boudins de l'annexe jusqu'à parfois surprendre nos postérieurs.

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J'ai quitté le multi-niveau pour un niveau unique dans une école où le rouge de mon stylo est censé noter les têtes blondes. Je m'adapte à ça aussi en espérant déjouer ce rapport entre pourcentage et apprentissage. Les enfants aussi, s'adaptent à tout ça. A ces choses auxquelles on ne croit pas forcément mais avec lesquelles il faut composer un peu, en tous les cas pour l'instant. Et souvent, je me dis que c'est une sacrée chance que d'avoir été pendant deux années entières plongés dans un autre univers. Celui du large, dont l'air nous picote le regard plus d'une fois dans la journée.

Les bourgeons de prochaines navigations éclosent de ci de là dans nos têtes, ils seront peut-être en fleurs aux prochaines vacances. Avec comme pétales nos voiles affamées et comme tige, notre coque et sa vague d'étrave qui nous emmèneront vers des champs tout bleus... 

1 juin 2018

Train-train à bord!

Voilà un p'tit bout de temps que je suis toujours mouillé au même endroit. Un peu plus de trois semaines, dans l'anse de Marigot, à Saint-Martin. Il semblerait que ça reste le cas pour un bout d'temps encore... Même si des excursions de fin de week-end resteront possibles. 

Jean-Sam s'en va avant que le soleil n'entre en scène sur la colline d'en face. Il revient en fin d'après-midi, avant qu'il ne se couche. Reste donc à bord les moussaillons et Sabine. Ils jonglent entre les maths, le français, l'anglais, l'histoire et j'en passe, sur cahiers, feuilles volantes, ardoises ou fichiers d'activités. Des petites pauses baignades ou légo/playmo sont aménagées de ci de là.

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C'est pas toujours l'entente cordiale mais ça avance dirait-on, en tous les cas, plus que moi. Ils me désertent quelque fois le midi pour aller se chercher un casse-dalle et se dégourdir les pattes. Il y a une sorte de train-train qui se met en place à défaut de bateau-bateau. 

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D'après ce que j'ai compris, certains rejoignent bientôt la métropole en avion. Marjane aurait préféré voir les côtés françaises approcher doucement dans mon étrave, comme elle dit. Entendre l'ancre faire plouf, faire plouf à son tour et rejoindre à la nage une plage bretonne. J'crois qu'elle a un peu oublié la différence de température qu'il y a entre ici et là-bas. Mais d'un autre côté, j'crois qu'ils sont bien curieux voire impatients des sensations que vont leur donner l'engin volant qu'ils n'ont jamais pris encore. Alors, ils rangent les images de fin de boucle pour un peu plus tard et les questions sortent et s'enchainent sur les valises, la taille, les crashs, la bouffe (élément très important pour ces ogrions), etc...

En septembre, chacun prendra le chemin du boulot. Il semblerait qu'ils soient bientôt inscrits dans école et collège selon âge et poils aux pattes de chacun. Sabine, qui a une dispo pour suivre Jean-Sam, a trouvé une classe elle aussi, CE2 ou CM2, le suspens reste entier. Septembre qui est aussi l'un des mois où les cyclones frappent le plus fort. A bord, ça se connecte déjà au NOAA américain et son National Hurricane Center, entre autres, pour voir si des petits ronds jaunes n'apparaissent pas du côté du Cap Vert. A terre, elle fait la Une des journaux cette saison cyclonique. Et dans les têtes, elle est toujours un peu là par moment... Il faut aussi pouvoir la mettre de côté pour profiter du jour qui est là, avec sa Carib bien fraîche, son eau turquoise comme un bonbon et cette mixité caribbéenne assez fascinante. 

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Alors, comment les gérér? Est-ce que les infrastructures immobilières de l'île offrent assez de sécurité pour affronter un nouveau cyclone après le passage d'Irma qui a fragilisé tout et tout le monde sur son passage? Et si oui, y en a-t-il de disponibles à la location? Est-ce que les collectivités et particuliers auront le temps de tout nettoyer afin de minimiser les projectiles potentiels? Hisser les voiles et mettre le cap au Sud n'est-il pas la meilleure des choses à envisager? Il n'y a sans doute pas de juste réponse, pas de recette. Ce s'rait trop facile. Chacun fera du mieux qu'il pourra, avec les idées qu'il croit les plus pertinentes. Puis, j'crois qu'il va bientôt être l'heure d'une bière fraîche sur fond de soleil couchant...

10 avril 2018

Allo l'eau?

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Ca y est, on est dessus! La mise à l'eau a eu lieu hier en début d'après-midi alors que ne l'espérait plus!

Je flotte à nouveau et ma dérive se porte à merveille. J'ai l'impression qu'on est sur le point de mettre les voiles pour aller jeter l'ancre dans un endroit où l'anniversaire de ma jeune moussaillonne Marjane pourra être fêté à coups de grands ploufs... Mes cales sont pleines d'épices et d'huile pimentée pour vous, mes contributeurs... Envoi vers vos chaumières prévu début juillet, quand Beluga touchera le continent européen, après la transat retour. 

Encore merci à tous!

 

3 septembre 2017

Quel bel anniversaire!

J'ai quitté François hier. Outport terre-neuvien niché tout au fond d'un fjord qui se découvre une pointe une fois enroulée, blotti au creux de falaises dont les parois se ferment en formant presqu'un cratère. Ils avaient prévu des randonnées mais la météo en a décidé autrement. Un vent d'Ouest soutenu était prévu pour la journée. Le lendemain, c'était mou. Alors pour faire les 60 milles qui nous séparaient de Saint-Pierre, fallait pas cracher dans la soupe! Ils ont rangé les pompes de rando et ont sorti les bottes. 

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Ca devait mollir dans la journée mais ça n'a jamais molli, que du contraire. On est passé de un à deux ris puis de la trinquette au foc. La mer était belle mais un peu forte. Elle me secouait bien la poupe! 

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Au loin, des souffles de baleine ont salué mon passage, des dauphins sont venus jouer autour de moi... Des puffins majeurs, des turrs, des macareux et les incontournables fous!

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En 7 heures, au bout de 60 milles, je me suis amarré au quai de Saint-Pierre. J'suis pas resté rêver! J'crois qu'ils étaient contents de moi. Puis fallait bien ça pour leur titiller l'envie de rejoindre les Açores. Sur le quai, il y avait des bateaux avec le Gwen ha Du breton et tout un attroupement sympatique de bipèdes francophones. Un arc-en-ciel digne de ceux de Bretagne s'est dessiné sur les bateaux de pêche, on était presqu'au Guilvinec!

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Bref, on a bien fêté notre première année de vie ensemble! 

14 juin 2017

Haïti enfin...

Bon, voilà,  ça a un peu mûri. Le texte est long mais encore faible... J'ai pas pu faire bref et le mieux pour sentir la vie là-bas est sans doute d'y aller! Il y a peu de photos car je ne me sentais pas d'en faire. Chaque vision en était une en plus, c'était trop facile! Et puis, nos appareils étaient fatigués et leur batterie tiraient un peu la tronche... Comme c'est toujours le cas. Aors voilà un échantillon de là-bas...

Beluga croise les premiers pêcheurs haïtiens vers midi, leurs voiles auburn se détachant sur un horizon plus qu'houleux qui nous fait douter d'une arrivée sereine, nous sur notre 12 mètres en alu et eux, sur des boites d'allumettes qu'il faut constamment écoper. Des haïtiens l'accueillent sur leur bois fouillé à l'entrée de la baie Ferret avant même qu'il arrête son moteur. Les uns nous proposant ceci, les autres cela...  Des cocotiers plus hauts que sur les autres îles, les feuillages et branches bordant la plage engloutissent les habitations du rivage. Aucune n'envahit le paysage, sauf un hotel français un brin mégalomane qui se dessine sur la partie Est de l'anse. Les maisons locales se font plus réservées, contrairement à leurs habitants qui s'accrochent au liston pour nous proposer petits boulot sur le bateau, essence,  gasoil, langoustes, mangues pour quelques dollars ou gourdes. Parmi tous ces berniques haitiens, c'est Wildo qui s'accroche le plus et s'impose finalement comme notre guide en ces lieux. On débarque avec lui malgré la fatigue de la nav. 

Pas de routes sur l'île. Juste des sentiers. Les gens se déplacent à pieds, plus souvent pieds nus que chaussés, ou à motos. Pas de voitures. A terre, on prend un verre au bar, chez Wildo. Pas de murs. Juste des bâches tendues sous des bouts de bois. Sa femme cuisine. Pas de gaz, pas d'électricité.  Du charbon. On boit une bière fraîche.  Pas de frigo. Juste une glaciaire avec de l'eau fraîche.  Malo fait un foot pieds nus avec d'autres enfants. Fanch et Marjane crapahutent sur la plas Timoun. La musique envahit nos oreilles autant que les cocotiers le paysage. Sono branchée sur une batterie de bateau sans doute laissée par un voyageur. Le soir, Ashley nous prépare poulet boucané, bananes plantain et pâtes. Le tout dans une petite paillotte décorée de bouteilles en plastique enfilées en guirlande entre deux  rembardes, envahie par les brûlots une fois le soleil couché.

Le lendemain, la journée commence de bonne heure. Bateau taxi un peu avant huit heures pour la ville des Cayes sur l'île principale, où se trouvent immigration et douanes. Une longue barque déjà bien remplie accoste le bateau.

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Elle repart ensuite vers la plage pour aller chercher une mamy un peu en retard, élégante comme un jour de mariage. Chapeau en feutrine et boucles d'oreilles. Pour monter à bord,  un porteur la saisit dans ses bras et la pose ensuite dans la barque. Une libellule sur le dos du colosse. Le moteur démarre après quelques bouderies mécaniques habituelles mais toujours un peu inquiétantes. Très vite, les embruns de l'étrave qui se heurtent au clapot contraignent le bord à se protéger avec une grande bâche en plastique noir sortie de la proue. L'écope se met en action. Notre taxi a sans doute des allures de Batman vu de loin. De plus près, c'est moins aérien. Les uns sur les autres. Sueurs, éclats de voix créoles et de rire laissant parfois échapper un mot français. Conversation devinée. Échange avec un professeur dépité du népotisme ambiant. Odeurs envahissantes de gasoil. Après trois quarts d'heures d'embruns et d'éclats de voix, le moteur s'éteint. L'ancre en tiges de béton armé se pose. Devant nous s'étend le rivage des Cayes. Magma d'algues et de déchets remués du groin par des cochons noirs. Enfants statiques ou cavalant. Gravats. Tôles.  Habitations branlantes. Pas de quai. Un bâtiment vient nous chercher pour s'approcher jusqu'à la rive. Sa perche s'appuie sur le fond de l'eau. Venise haïtienne. Ca crie, ça braille. Et là, c'est à notre tour de nous faire porter... On suit le mouvement. Ça nous tombe dessus un peu comme ça. Je me sens tout d'un coup soulevée comme autrefois, petite, portée par deux copains qui ont joint leur mains pour former un siège mobile. A chaque étape, des billets glissent de main en main. Wildo nous guide dans le système. On marche sur des déchets, beaucoup. Il y a du monde. Beaucoup. On nous parle. On ne comprend pas tout. Wildo fait un peu bouclier entre nous et eux. On part vers les administrations. Longue marche. Chaleur. Poussière. Soif. Rues perpendiculaires ou parallèles. New York haïtien. Des arcades accouchent d'ombres courbes quand elles sont exposées au soleil, offrent un refuge quand elle ne le sont pas. Jaunes, rouges, oranges, vertes, bleues. Même presque croûlantes, elles colorent les rues qu'elles rendent charmantes comme un arc-en-ciel un vieux béton russe oublié. Motos surchargées comme les bateaux. Fillettes sortant de l'école, les nattes bien serrées, noeuds bleus éclatants, leur père au volant. Vélos. Poules. Voitures cabossées, fumantes. Tout de même quelques unes rutilantes. Chèvres faméliques et chiens errants. On arrive aux services de l'immigration. Sombre couloir suffoquant. Des gens attendent. Beaucoup. Enveloppe à la main. On monte. On attend nous aussi. Mais on est seul et on nous propose un café. Mouvements migratoires? Sorties et entrée? Un balcon donne sur la rue. Drapeau haïtien. Klaxons. Un douanier arrive. Lourdeur exigeante. Besoin de photocopie. Wildo part avec nos passeports. Attente encore. Puis enfin, tampons contre cent dollars pour une semaine. Pas de reçu.  Sa tête ne nous donne pas envie d'insister. On sort. La foule qui était au rez de chaussée suffoquant n'a pas dégonflé ! Maintenant, il nous faut une banque pour du liquide. Sous une arcade,  il y a la banque. Gardes. Fusils à pompe. Gilets pare-balle. Détecteurs de métaux. Dedans, il fait moins chaud mais il y a autant de gardes. Ambiance un peu tendue. Nouvelle attente. Certains habitués s'ensommeillent après nous avoir jeté des regards vaguement étonnés. Leur tête, battue par son propre poids, s'incline inexorablement vers le bas. Des mouches volent et des voix chuchotent. Des gens arrivés après passent avant. Fanch s'endort presque lui aussi. Notre tour arrive mais ça ne donne rien. Il manquerait un numéro sur la carte de banque.  Il faut finalement attendre le distributeur en réparation qui est en panne depuis hier. Un quart d'heure nous dit-on. Mais sera-t-il plus disposé que l'employée? Finalement, on entend le ronronnement de la machine qui nous crache enfin des gourdes. On sort... Longue marche. Chaleur. Poussière. Soif à nouveau. On cherche encore deux trois trucs. Eaux croupies le long des façades. Amas de papiers, boue, plastiques et autres substances non-identifiés mais fort douteuses. Brasero où s'agglutinent de maigres gourmands. Montagne de sacs de charbon. Marchands. Mangues. Noix de coco. Riz. On marche encore puis enfin, on se pose sous une arcade où on boit une bière fraîche,  les enfants de l'eau. On grignote des cacahuètes. On retrouve Fritznel. Notre lien avec l'orphelinat. Il reprendra le taxi boat avec nous.

Une fois de retour à l'île à vache, après quelques hoquets effrayants du hors-bord, on vide le bateau de ses entrailles. Matériel scolaire, médicaments, chaussures, spaghettis, lait infantile,  sauce bolognaise dégueulent du cockpit.

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Wildo ne peut s'empêcher de s'emparer d'une petite part de cette cargaison... on lui dit non, on insiste 'c'est pour Soeur Flora'. Il n'entend pas. Le nouveau taxi boat arrive.  On discute du prix. Il devient acceptable. On  charge et on embarque... L'île défile mais on ne voit rien. On est face au vent et les embruns nous obligent à nous refugier sous la fameuse bâche à nouveau jusqu'à ce que le moteur descende enfin dans les tours. La bâche retrouve alors les fonds de la barque qui accoste un quai.

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On débarque,  on décharge.  Là,  à nouveau, une grande gueule qui aurait mieux fait d'aller pêcher avec son oncle, son frère ou son cousin fait le malin et prélève une part de la marchandise... On dit non, mais rien n'y fait. On n'allait pas se battre pour un Picsou magasine et un stylo!

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La moto-remorque arrive. On charge. Il fait chaud encore. Le matériel prend la route. Nous aussi. À pieds. Place déserte. Le marché c'est le lundi et le jeudi... D'une église s'échappent des voix douces, généreuses et des percussions presque caressantes. Ça monte. Collégiens et lycéens descendent, tirés à quatre épingles dans leurs uniformes. Ça crie, ça parle fort, ça nous regarde en coin ou plus franchement.
On arrive à l'orphelinat. Grande porte métallique. Les enfants et soeur Flora sont là, ils ont déjà accueilli la moto. On se joint à eux pour vider la remorque et remplir une sorte de réserve.
Soeur Flora est frêle comme une herbe sur la dune et pas beaucoup plus haute que Marjane. Sa voix est aussi discrète que sa silhouette. Il faut tendre l'oreille pour qu'elle s'y glisse. Elle nous raconte un peu le quotidien, évoque les effectifs, livre quelques anecdotes de la vie du lieu ou de la sienne. On comprend qu'elle souhaiterait davantage s'adonner aux soins et déléguer la gestion de l'ensemble.

On s'égarera à peine dans le lieu avant de rejoindre le quai et notre taxi pour le retour. Grande salle de vie où de l'eau stagne, fuyant des cuves à eau de pluie, attirant moustiques et brûlots une fois le soleil couché. Au milieu, quelques chaises. Une table. Plus loin, le bureau de Flora. Rudimentaire lui aussi. Sobres pharmacie et laboratoire. Fritznel tient à nous faire visiter la maison des volontaires, construite par l'asso qui nous a donné l'adresse... On est captivé par les fourmis infatiguables qui font comme des lézardes dans le mur éclatant.

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Les jours qui suivent se font plus plaisibles. Les visites commerciales en bois fouillé des berniques haitiens sont moins nombreuses. Restent Marchenri et Wendy qui nous rejoignent souvent dans la matinée et en fin de journée, quand l'école n'a pas commencé ou est finie, sans attendre de gourde ou quoique ce soit. Leur bois fouillé mettent le cap sur Beluga sans rien à proposer...Les premières fois étaient magiques mais délicates, comme cette fois où j'ai refusé les cerises de Wendy alors que c'était un cadeau, croyant qu'il voulait me les vendre. Son visage a changé. Mais on s'est expliqué... alors il est revenu avec des cocos, a transformé un coquillage en collier pour Jean-Sam. On joue au Wom, jeu traditionnel que Wendy nous a fabriqué en s'appliquant comme un enfant soigne la formation de ses premières lettres. On rigole. Des enfants aussi rejoignent le bord au premier moment libre. Lélé, Donald, Dimension ( oui, oui, c'est bien ce prénom!). Ça plonge autour de Beluga,  ça dessine, ça part à l'aventure en bois fouillé,  ça regarde des films, ça joue de nouveau au Wom, ça nous apprend le créole, ça chambre, ça puzzlise...

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Wendy nous guide dans les sentiers jusqu'aux belles plages de l'île,  nous apprend à tirer des cailloux sur les mangues pour les faire tomber, à manger des bâtons de canne à sucre, à couper les coconuts. Il part pour une pêche miraculeuse avec Malo, qu'il prépare généreusement et qu'on mangera tous ensemble le soir autour de la table du carré. D'ailleurs, rares seront les repas qu'on ne prendra que tous les cinq! Chacun dévoile un peu de soi dans tout ça. Regards sombres de Lélé qui s'illuminent de plus en plus souvent. Enthousiasme inébranlable de Wendy. Calme olympien mais toujours un peu ironisant de Marchenri. Curiosité abyssale de Dimension, visage rieur de Donald !  On s'est lié sans que surgisse la question harrassante du dollar. Juste comme ça,  car c'était chouette d'être ensemble. 

Comme cette femme, sur la plage... C'était un jour de fête et on jouait avec des enfants et Wendy. Il faisait des petites chaises et une table avec des capsules de bière réduites à la 2D. Moi, je cherchais par terre bouchons et fines racines pour les transformer en bonhommes. Alors elle m'a tendu un fin filet de pêche avec lequel j'ai pu articuler mes personnages. Juste un lien fin, juste un bout de fil, avec un sourire...

21 septembre 2016

L'île à vache, Haïti

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Nous profitons de notre projet pour mener une action coopérative auprès d'un orphelinat de l'île à vache au Sud d'Haïti.

En lien avec l'association « L'île aux enfants d'Haïti » de Saint-Brieuc, nous y acheminerons du matériel : chaussures d'occasion en bon état, petit matériel scolaire ne craignant pas l'humidité  des médicaments et du riz que nous embarquerons lors de notre escale en Guadeloupe.

Deux écoles primaires et leurs équipes éducatives nous suivent déjà dans cette aventure. Tout notre équipage leur a présenté le bateau et le projet début septembre. Un article dans le journal local est paru peu après :

http://www.letelegramme.fr/finistere/lannedern/humanitaire-sabine-presente-son-projet-caritatif-19-10-2016-11260842.php#closePopUp

Les élèves ont récolté des chaussures d'occasion et du matériel scolaire qui remplissent les cales de notre voilier.

Nos enfants et ceux de ces écoles échangeront sur le thème élargi du voyage et des rencontres, par mail, par voie postale ou par le blog.

Nous évoquerons lors de ces échanges :

- les contraintes de la vie à bord.

- les caractéristiques historiques et géographiques des pays de nos escales.

- les conditions d'éducation dans certaines parties du monde.

- la faune et la flore rencontrées.

- les langues des escales.

Nous serons à Haïti autour du mois de mars.

Nous avons choisi de nous engager là-bas avant que le cyclone ne frappe l'île. Peut-être resterons-nous leur prêter nos bras. Au dernières nouvelles, il n'y avait pas eu de dégats humains sur l'île à Vache mais beaucoup de dégats matériels.

18 septembre 2016

Première pêche miraculeuse...

Aujourd'hui dimanche 18 Septembre, entre les Glénan et Port-La-Forêt, on a pêché deux maquereaux à la traîne, celle que Anne nous a offert !

Ils étaient gros, charnus et appétissants. Papa les a assommés à coups de manivelle de winch pour abréger leurs souffrances...

Quand il a coupé la tête du poisson, il bougeait encore ! C'était étrange et surprenant...

Papa les a vidés puis il les a mis au four avec de l'oignon et du beurre.

On va se régaler ce soir!

Par contre, le dérouleur n'a pas survécu à la puissance des bestiaux! On a mis notre planche à pain à la place!

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31 août 2018

Le silence du burger et du yoga

Ce matin, j'étais à nouveau entre les quatre murs d'une classe... Venue pour la première fois à l'école histoire de préparer un peu la semaine prochaine qui approche à grands pas. Moi qui pensait être un tantinet à l'arrache. Oulala, que nenni! C'est le bronx dans l'école. Ils en sont encore à vider les merdes stagnantes de l'année dernière. Bref, je crois que ça commence à être une règle sous ces latitudes : je serai toujours la plus stressée du lot! Du coup, une fois que je m'en rends compte, ça va beaucoup mieux déjà! 
Les enfants seront là dans deux dodos. Les cabines sont plus accueillantes qu'une chambre d'hotel trois étoiles et nos bras impatients à l'idée de les encercler tous les trois. Les valoches commencent à se remplir à Cosquinquis. Et l'Atlantique oriental se remplit de basses pressions. Un cyclone est en formation aux portes de l'Afrique. Il aura une trajectoire plus nord a priori, si Dieu le veut, Inch'Allah, en touchant du bois et de la peau d'singe comme d'hab. Mais bon, d'autres bébés suivent. On entre dans le vif de la mauvaise saison. 
La météo n'est plus la même. Beaucoup moins stable. Ca fait deux jours qu'on se tape des grains hauts comme le one World new-yorkais... Ils grondent de temps en temps, craquent en éclairs dont la lumière zèbre le jour ou la nuit. Tu te fais petit dans le bateau... Puis le vent, il monte et monte et monte comme la p'tite bête. Mais il fait pas guili. Il hurle comme on hurlerait au loup flirtant avec les quarante noeuds plus d'une fois dans la journée. 
Bref, vous imaginez mardi prochain? Quand il va falloir embarquer mes trois loustics dans l'annexe dodelinant sous les moutons avec cartables sur le dos, lunchbox entre les chicots et pieds baignants dans le jus de flotte qui stagne au fond! Ah, ça va être comique! On va s'marrer! Parce qu'en gros, des journées comme ça, si t'attends l'accalmie, tu peux ne jamais partir. 
On galère à trouver une bagnole qui roule et qui soit sécu. Les mecs ils te pondent des annonces avec des "dans l'ensemble, il roule" en parlant du véhicule qu'ils vendent à 2000 euros! Puis attention, quand tu as rendez-vous avec un mec et que tu essaies une bagnole, il te dit "parfois elle ne fait pas de bruit!" "Aaah wouais? Et tu le vends 1500 euros ton pot de yaourt qui chante et qui n'a pas le contrôle technique? C'est bien ça?" Non mais je te jure! Un poème... 
Résultat des courses, ben on n'a que nos pattes pour se déplacer. Ce qui veut dire qu'après l'annexe, on marche jusqu'à la gare des bus, on prend un taxi co jusqu'à l'école où on doit rebelote marcher! Déjà, de Kermargon, notre hameau à Lennon's school, c'était parfois folklo le trajet alors qu'il était en soi minimal, pour ainsi dire rectiligne et ne nécessitant qu'un support, la voiture, je me demande ce que ça va donner ici.
Bon, je force un peu le trait. Mise en place d'une nouvelle routine. Je n'aime ni la routine ni les changements Plus d'un me répondra que c'est souvent soit l'un soit l'autre pourtant et qu'en matière de changements, on n'est pas les derniers. Ben oui, c'est vrai. Ce que j'aime, c'est un quotidien qui change avec chaque sous-vêtement en fait. J'aime pas la routine qui dure... Un peu sans doute car il faut baigner dedans avant d'en trouver les soupapes où respirer. Tout ira mieux une fois que ce sera lancé, quand on aura trouvé nos silences dans la chanson de ce nouveau quotidien. Là, comme on ne le connait pas, on voit pas les soupapes, les pauses, les virgules. Et dans ces cas là, je me dis intérieurement qu'on s'rait pas mal dans une maison immobile à se mater des reportages animaliers tous les dimanches!
Sinon, comme j'aime bien me mettre des idées à la noix dans le ciboulot, j'ai entrepris de remplacer les coussins du carré. Après tant d'années à bord, ils étaient aussi frais qu'un hall de gare oubliée. On a investi dans une machine à coudre digne d'un char de l'armée rouge. Elle pèse un âne mort et les quadruple épaisseurs de cuir ne lui font pas peur. Elle envoie du bois notre grosse Bertha! Alors mes doigts ne sont pas encore ceux d'une fée niveau couture et j'ai souvent un bout de langue qui sort, comme une môme qui veut surtout pas que son crayon dérape et foire son coloriage de licorne magique, mais ça avance, douloureusement. On a reçu les dernières mousses à couvrir ce we, blanches comme des oeufs en neige et moelleuses comme des nuages. On va enfin pouvoir, peut être, quitter l'ambiance de la vieille gare. Si je parviens à gérer les découpes à la mord moi le noeud... Ils sont malins aussi de pas faire des bateaux carrés, ce seraient tellement plus simple sans tous ces arrondis. Les journées sont donc bien remplies, j'oserais presque dire que je me sens petite chinoise au fin fond d'une usine. Mes idées fixes et moi. 
 
Hier, je me suis accordée une pause yoga car quand même, on est pas en Chine bordel! Wouaw... Ca m'a fait un bien fou. J'avais oublié à quel point! En fait, le yoga c'est presque des mini-séances d'osthéo qui fonctionnent. T'es shootée pareil après. Ca va être un joli silence tiens ça, dans le quotidien! En plus, il y a des sessions à deux pas du mouillage (ou "brasses" serait plus adapté). A deux brasses, on a aussi le Burger 12. Ils font des burgers maisons pas mauvais du tout. Alors des fois, quand il fait tout gris dehors, ça s'finit par là-bas!
 
3 janvier 2017

Bonne année 2017

J'ai quitté Valle Gran Rey et ses conditions d'amarrage et de mouillage un peu pourries lundi matin à l'heure à laquelle où tout un chacun fait vrombir les cylindres de sa voiture... Moi, c'est ceux de mon moteur qui ont ronronné vers 7h30. Le départ de la veille ayant été reporté car les fichiers météo annonçaient une nuit bien difficile alors que mes capitaines étaient un peu sur les rotules et le moral en berne vu la distance qui les séparaient des festivités habituelles de fin d'année mais surtout des trognes amicales ou familiales ! Plus la fatigue du mouillage qui leur avait fait des valises un peu pesantes sous les yeux !

Les conditions du petit matin n'étaient pas plus clémentes, mais la fenêtre pour le Cap Vert risquait fort de se refermer après, avec des vents de Sud annoncés pour la fin de la semaine sur les Canaries. Ils m'ont donc largué les amarres alors que le jour venait de poindre. Au début, mes voiles étaient encore à l'abri avec la côte de La Gomera... J'étais quelque peu sous-toilé avec mon foc à l'avant qui ressemble presque à un string, même si c'est pas encore le tourmentin... Et pour aller avec, il m'avait accoutré de deux ris dans la Grand Voile. J'avais un peu l'air ridicule dans 15 nœuds de vent... Mais très vite, j'ai compris qu'ils avaient eu raison de m'habiller léger : ça allait être un peu chaud. Enfin, moi, comme ça, ça allait... Je filais à plus de 7 nœuds sur une mer qui formait des jolies petites montagnes russes, c'était l'éclate ! Par contre, dedans, les gosses s'éclataient moins. Ca nous faisait des vacances pour une fois ! Fanch est rapidement aller se cloîtrer sur le plancher de sa cabine avant, sur sa couette tout de même et s'est endormi. Il est rigolo ce petiot... Il a trouvé sa place : à chaque fois qu'il est bof bof, il s'endort au pied de sa banette et quand il se réveille, il va mieux ! Malo a rapidement ressorti son p'tit-dej et Marjie n'osait plus trop ouvrir la bouche de peur que tout ne sorte aussi. Ils sont restés un bon moment assis à l'abri de la capote, comateux, silencieux. Ils acquiesçaient à toute demande parentale... C'est dire s'ils étaient patraques ! Eux qui démarrent au quart de tour à la moindre consigne dans des débats argumentairement dignes des avocats les plus vaseux possible ! Là, ils observaient les vagues énormes qui déferlaient loin ou tout près.Il faut dire qu'ils étaient jolis ces monstres d'écumes, avec parfois, un éclair bleu turquoise luminescent à leur sommet, percé par les rayons d'un soleil pâle, peut-être un peu malade lui aussi devant tant de mouvements. Nous, on savourait ce silence enfantin pour se consacrer pleinement à la musique du vent et de la mer...

Le vent est resté fort et est même monté au large de Hierro, la dernière île des Canaries qu'une mauvaise visibilité ne m'a même pas permis de saluer ! Il y avait entre 30 et 35 nœuds de vent, avec des claques au sommet des vagues à plus de 35. On m'a mis un troisième ris dans la grand voile... Même dans le golfe de Gascogne, je n'y avais pas eu droit. La nuit, le vent est « retombé » autour de 25 nœuds pour s'essoufler au petit matin, à 20 nœuds. A bord, la vie est peu à peu revenue... Malo s'est plongé dans le deuxième tome d'Eragon et Marjane, dans le premier, Fanch piratait de temps en temps le calme en s'inventant des navires à aborder sur l'horizon ! Sabine et Jean-Sam avaient les yeux tantôt fermés, tantôt tournés vers la carte, le cap et l'horizon...

Le temps a filé, le vent s'est calmé, la mer aussi... Même si elle est restée énervée un petit moment ! Je descendais vers le Sud Sud Est. J'ai pas croisé beaucoup de copains par contre. Deux trois cargos, au loin, un ou deux piafs, une ou deux tortues. Quelques dauphins sympas sont venus jouer avec ma vague d'étrave, je crois qu'ils l'adorent. Mais bon, y'avait pas foule. J'ai passé le Tropique...

Le 31 ? Pas la grosse fiesta digne de celles de Kervel, du Parcou ou de Kermargon dont j'ai entendu parler...A la cape, le réveillon, à une trentaine de milles de Sal, l'île la plus à l'Est de l'Archipel. Impossible ou en tous les cas, vivement déconseillé d'arriver de nuit où que ce soit dans le Cap Vert. C'est con, moi qui avait filé comme l'éclair au début, voilà qui amortissait bien ma moyenne ! Mais bon, je préfère arriver entier un peu plus tard que jamais éclaté sur une sordide pavasse ! C'est donc le matin du premier jour de cette année 2017, après six jours de nav, que mon ancre s'est posée au fond de la petite anse bien abritée de Palmeira. Je ne bougeais plus...Tout mon équipage s'est affalé bien confortablement dans ma coque immobile pour ne partir à la découverte de Sal que plus tard dans l'après-midi ! J'allais enfin retrouver un peu de solitude et eux, la terre ferme...

16 mars 2017

Moral dans les cales...

Beluga a donc été sorti de l'eau hier.

Au premier regard, la densité des espèces accrochées à sa coque n'atteignait pas celle de New Delhi mais elles ont tout de même réussi à ôter les couches de peinture. Celles-ci n'étaient pas en quantité suffisante et ne pouvaient donc protéger dignement la coque.

Bref, va falloir s'armer de courage pour mettre la coque à nu et chatouiller notre Beluga des couches nécessaires.

On va lancer des courriers au chantier où on a acheté Beluga, qui semble avoir manqué de professionalisme de manière criante et vômissante. Mais bon...

Cette découverte entame lourdement le moral des troupes, notre budget mais heureusement pas le pronostic vital de notre pseudomammifère marin préféré!

Voilà nos news guère follichonnes... La bise à tous ceux qui nous suivent!

8 novembre 2017

Rétrospective number Five

En attente d'une nouvelle fenêtre météo pour les Canaries depuis Madère, d'un vent un peu moins rafaleux, on fait du tri, on bidouille, on trucmuche et on replonge aux Bahamas qui nous avaient ébloui par sa lumière, son camaieu de bleu, une nature inégalée et ses alizés constants comme une date d'anniversaire qui revient chaque année!

 vers le Nord

11 novembre 2017

Adresse postale décembre...

Toujours aux Canaries, pris par notre exigeant Beluga qui avait à nouveau besoin qu'on s'occupe de lui. C'est toujours plus long que ce qu'on croit mais on ne devrait plus trop tarder à mettre les voiles pour le Cap Vert. Du coup, j'ai prospecté et la marina de Mindelo est ouverte à la réception de colis. On y passera sans doute deuxième moitié de décembre, avant Noël... Sinon,ce sera juste après.  Y'a l'temps! Bises à tous!

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Cais da Alfândega Velha

C.P 1191 Mindelo Sao Vicente

Cabo Verde

20 novembre 2016

Avis de recherche canin en cours

On cherche Maki depuis vendredi soir. Elle a quitté le bateau dans la soirée, discrètement, en loucedé...

Quand on s'en est rendu compte, on s'est activé dans tous les sens. Chacun à notre tour, on a arpenté l'avenue passante qui borde la marina... Les gardes de la marina l'ont aperçue, la police locale qu'on avait croisé lors de nos formalités était au courant déjà. On les croise plusieurs fois et ils nous demandent à chaque fois si on l'a retrouvée. Ils la cherchent aussi. Mais rien. Jean-sam lui a préparé sa gamelle et sa paillasse, espérant la revoir le lendemain matin. On était rincé de notre nav', la nuit était tombée, on ne pouvait plus faire grand chose. 

Mais au petit matin, elle n'était pas revenue de son exploration. L'enquête commence. Des gardes de la marina l'avaient vue filer vers la medina où nous avions été nous balader la veille dans l'après-midi. On imprime des affichettes à coller de partout. On se sépare en deux groupes et on marche. Vers le port de pêche, les plages, la medina, tout son alentour. A chaque pas, la vie d'ici nous met des claques dans la figure. On distribue les photos, on parle. Les gens écoutent, disent qu'ils vont chercher. On achète un téléphone avec carte pour être joignable et on complète nos affiches qu'on rephotocopie!

On se retrouve vers midi dans une aire de jeu, à l'entrée de la medina. Des enfants courent dans tous les sens en criant, d'autres grimpent dans le sens inverse aux toboggans, jeu universel dirait-on, d'autres encore jouent au foot avec un ballon bien usé, qui n'a plus grand chose à voir avec la forme ronde.

Malgré l'angoisse, on peut appeler ce sentiment tord-boyau et gorge nouée comme ça, je crois, nos ventres commencent à s'éveiller aux parfums qui serpentent les orangers. On se fait un sandwich délicieux dans un p'tit café, assis face à la rue. Tout le monde est unanime, ça fait du bien au bidon! On voit passer des mobylettes avec trois gars dessus, un assis sur le guidon, une autre avec deux mecs dont le deuxième portant des planches en bois de 5 mètres de long, les voitures roulent vite, klaxonnent, les gosses traversent au dernier moment... des papys sirotent le thé en face. On se sent étrangers et donc observés, mais les regards sont doux, curieux.

On revient vers la marina. Là, quelqu'un a appelé pour notre Maki. Une recherche labyrinthique commence avec Zaid et Ahmed, deux gars que j'avais croisés avec Malo et Marjane. On marche dans les ruelles de la medina où on n'avait pas osé s'aventurer. Salé est très pauvre. On trouve de tout dans le souk. Tout se vend. Ca sent la misère et donc la débrouillardise, la démerde à chaque pavé. Après une longue marche qui épuise les plus petits, Zaid et Ahmed nous disent d'attendre à un coin de rue. On se demande un peu s'il n'y a pas une embrouille. Un autre gars arrive. Ca parle haut et fort, avec les mains qui s'agitent. Finalement, le gars n'est pas là. On devra revenir. On se demande de plus en plus s'il s'agit de notre chienne.

On rentre au bateau mais Zaid emmène Jean-sam et Fanch sur son scooter... On comprend pas tout. Fanch a un sourire jusqu'aux oreilles évidemment. Moi, je retourne au bateau avec Malo et Marjane en s'arrêtant pour une glace qu'on essaie réconfortante. Le temps est long. Fanch et Jean-Sam ont été reçus chez Zaid, à bras ouverts, avec plats et thé servis par la maman. Ils sont rentrés dans la maison comme s'ils la connaissaient depuis des années...

Ils finissent par revenir sans Maki, avec Zaid qui se sent mal à l'aise dans l'enceinte de la marina. Salé est coupé en au moins deux parties qu'on a bien senties en échangeant avec les gens du coin. Marina et en dehors de la marina. Le gars qui aurait trouvé Maki n'était toujours pas là. On discute avec Zaid, de musique, du Maroc, de la France... Il n'y a rien ici. Pas de boulot, tous les jeunes ne pensent qu'à partir. Les inégalités sont fosséiques. 

Zaid finit par repartir, seul, nous promettant de nous appeler dès qu'il a du nouveau. Jean-sam le retrouvera plus tard dans la soirée pour enfin voir s'il s'agit de Maki. Hélàs, ce n'était pas elle. On s'endort difficilement... On se réveille tôt. La deuxième journée d'enquête commence. On doit retrouver Zaid, notre étoile un peu tout de même, dans l'après-midi.

Voilà, on a hésité à vous tenir au jus. Mais on se dit que des ondes positives de tous ceux qui connaissent notre petit bout de chienne ou non sont les bienvenues. Jazilan choukran...

On vous tient au jus.

 

14 février 2017

Un bug...

On vient  de se rendre compte qu'on a perdu toutes nos vidéos de la transat! Heureusement qu'on avait posté les deux du dernier article avant cette disparition inexpliquée. Il en reste peut-être une deux sur un autre support.

On est un peu dégoûtés, mais les images restent dans la tête... Donc on s'en remettra. On vous laisse avec les photos choisies du coup...

Gros bécots à tous!

21 mars 2017

De l'expérience du labyrinthe...

Voilà presque déjà une semaine que je suis sorti de l'eau. L'état de ma bedaine ne semblait guère réjouir mon equipage. Je crois même que ces plaques de peinture et ces traces de corrosion leur bouffaient le cerveau. Ils étaient cernés et avaient les traits de visage aussi tendus qu'un Corleone contrarié.
Les nuits un peu chaudes et vrombissantes de moustiques affamés n'arrangeaient rien à l'affaire. Le recherche labyrinthique de personnes compétentes, les coûts élevés des différents devis faisaient presque sonner le glas de notre aventure. J'entendais parler de retour en métropole, de travail sur place, de scolarisation temporaire ou non des nimbus. Bref, tout un tas de bifurcations qui tournaient en rond dans leurs neurones surchauffés  et qui ne nous menaient pas vers Panama en tous les cas.
Mais il y a eu des rencontres et des retrouvailles qui permettent de prendre de la distance par rapport à cette situation qui aurait pu être bien plus dramatique finalement. L'équipage d'Alcyon,  d'abord, qui les a  apparemment régalés d'un festin fait de lasagnes, fromages et vins français presque oubliés de leurs papilles. Ensuite, les iguanes, la poiscaille et les autres enfants qu'abritent le chantier et ses alentours et qui réjouissent mes moussaillons. Puis, les voisins de chantier qui se sont montrés ressources en bons tuyaux et sages paroles... Et hier enfin, c'est un champion du court-circuit qui est venu jeter un coup d'oeil aux méandres ampériques de mes entrailles où Arianne n'avait hélas pas laissé son fil! Il procède étape par étape et propose que Sabine et Jean-Sam mettent eux aussi les mains aux câbles sous son égide. Il y a un sacré bordel vraissemblablement, un véritable entrelacs de psychopathe du dominos et de la pince crocodile ... ce qui pourrait donner une fuite électrique, le pire des trucs qui peut arriver sur une bedaine en alu! D'où la perte de matière de celle-ci! Il y a aussi eu Thierry qui nous a peut-être permis de trouver une solution pour me gratter la bedaine sans ponceuse, ce qui serait vraiment un gain de temps et de confort... Car le "je ponce donc je sue" doit prendre tout son sens ici sous les Tropiques!
Pas à pas, ou fil à fil, les choses se mettent en place. Je crois que l'idée est de les faire bien et un maximum soi-même pour limiter la douloureuse finale. Et puis l'équipage fera le point du bilan à la sortie de ces dédales afin de déterminer le cap à prendre.
Tout l'équipage remercie une fois de plus tous ceux qui ont contribué à l'arrivée de Zizou, notre fier régulateur qui profite de chômage technique actuellement! Sans vous, ce coup de massue-ci aurait pu prendre des airs de guillotine... Le moral n'est pas encore en tête de mat mais semble avoir quitté mes étroites et sombres cales! 

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