08 novembre 2017

Rétrospective number Five

En attente d'une nouvelle fenêtre météo pour les Canaries depuis Madère, d'un vent un peu moins rafaleux, on fait du tri, on bidouille, on trucmuche et on replonge aux Bahamas qui nous avaient ébloui par sa lumière, son camaieu de bleu, une nature inégalée et ses alizés constants comme une date d'anniversaire qui revient chaque année!

 vers le Nord

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30 octobre 2017

Cheese!

Une fenêtre météo s'annonce enfin pour les Canaries. Cela fait maintenant plus d'une semaine que nous sommes sur Sao Miguel, la plus grande île du groupe oriental açoréen. Quand on reste trop longtemps quelque part, Beluga semble se transformer en studio où, avec cinq médaillés d'or quand il s'agit de mettre du bordel, les chaussettes bien fumantes de certains se retrouvent souvent sur le précieux oreiller d'un autre! Alors on a un peu hâte de retrouver le large histoire d'aérer tout ça...
On nous avait chanté les louanges de l'accueil açoréen, que ce soit notre guide nautique ou des navigateurs rencontrés sur les pontons. Mais, au coin des ruelles, les tontons locaux cloués au troquet semblaient davantage attendre la prochaine carte ou le prochain coup à boire que notre passage pour ouvrir leurs bras, bien croisés sous leurs épaules rentrées. Nos regards surprennent ceux, circonspects, de matrones vissées à leur appui de fenêtre et on les sent prêtes à jouer du rouleau à pâtisserie si le tonton cité ci-dessus rentre un peu tardivement !
On savoure cependant les dessins que forment les pavés noirs et blancs des trottoirs qui nous remplissent les pieds d'étoiles, de moulins, de cachalots ou plus simplement de formes géométriques organisées comme des parterres versaillais! On se perd dans des dédales de ruelles aux murs un peu décrépits coiffés d'anciennes tuiles romanes. On traverse une puis deux ou trois ou quatre rues et à chaque fois, la première voiture ralentit avec courtoisie pour nous laisser passer. On joue à cache-cache dans des parcs qui regorgent d'espèces végétales en tout genre, déposées ici par des explorateurs afin de les acclimater avant l'Europe. C'est un feu d'artifice préparé parfois depuis des centaines d'années et le bouquet final vaut le détour! On profite des aires de jeux ou des piscines naturelles où se côtoient darons-darones, grands kékés qui cherchent à épater les filles par leurs acrobatiques plongeons ou gentils morveux qui enfilent leurs brassards avant de s'engager dans des escaliers, protégés par l'oeil attentif d'une grand-mère dévouée. Après tout ça, on s'assied longuement à la terrasse d'un café. Coutume presque inexistante sur les côtes américaines avec laquelle on est très heureux de renouer. On sirote un expresso ou une bière aux lumières caressantes du soleil. Et on s'dit que malgré les matrones revêches des appuis de fenêtre  et leur bonhomme tout aussi peu commode de prime abord,  des gens qui pavent aussi bien les trottoirs pour le plaisir d'humbles semelles, qui prennent le temps d'orchestrer divers végétaux pour nos nez, nos yeux et nos oreilles -les feuilles d'un palmier ne bruissent pas comme celle d'un Ginko et puis, il y a des myriades d'oiseaux bavards là-dedans- , des gens qui mêlent aussi bien les générations, ont très certainement une certaine maîtrise de l'art de vivre et de l'art de vivre ensemble! On n'est pas mal avec notre bière ou not'café au milieu des conversations animées, même si parfois un gros grain automnal redistribue un peu les cartes. Alors on sourit. On sourit dans le vague, un peu à tout ça. Et voilà que la matrone d'en face saisit de son oeil farouche notre sourire et...  nous le renvoie! Ce ne sera pas le dernier. 

 

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27 octobre 2017

En slip sous les Tropiques...

En slip sous les Tropiques!

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24 octobre 2017

Rétrospective, number three!

Toujours aux Açores, dans l'attente d'une fenêtre météo qui se fait désirer... Le temps passe entre l'école, les randos, les bobos de Beluga et... en faisant des p'tites videos! Rétrospective number Three, la transat... Il ne nous restait hélas que deux vidéos de ces 12 jours d'Atlantique, notre tablette nous ayant mystérieusement joué des tours de corbeille intempestifs! 

TRANSAT

TRANSAT

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21 octobre 2017

Rétrospective, number two...

Vers la vie en slip...

 

Vers les Tropiques 2016

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20 octobre 2017

Rétrospective, number one!

On a eu un peu de temps à passer au port à cause de Dame Ophélia! J'ai découvert Movie Maker... Petite rétrospective de notre première année en cours! Voici le premier morceau. Le deuxième n'est pas loin des starting blocs!

Vers les Canaries...

 

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18 septembre 2017

On n'est pas des puffins!

Beluga a quitté saint-Pierre mardi 5 septembre. On avait envisagé de rester sur ce bout de caillou français une petite semaine, de s'y balader, de se poser un peu et de laisser décanter le choix de notre route future. Mais la lucarne météo qu'on avait sentie depuis Terre Neuve est devenue veranda ensoleillée. Donc après une trop brève journée bullage et balade sur l'île aux chiens, branle-bas de combat. On se prépare au cas où, en laissant passer le coup de brafougne annoncé pour lundi. Le retour du 220V nous remet le bateau d'équerre : notre aspirateur rugit à nouveau, lui qui était contraint au silence depuis les eaux bahamiennes. Il avait de quoi se remplir les entrailles, vous imaginez bien! Avitaillement, pleins d'eau et de gasoil. Entre deux, un bout de baguette garni de calendos! On est prêt. On hésite. L'atlantique nord nous impressionne. Olbia, un autre bateau français, nous pousse un peu la poupe. Le centre Météo France de l'aéroport confirme la fenêtre. Irma, le cyclone en cours mourra sur la Floride et son 'petit', qui deviendra plus tard, le grand José, ne devrait pas être sur zone avant une bonne grosse semaine. Alors on largue les amarres en même temps qu'Olbia, qui lui, visera Douarnenez!

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Route au 90 pour éviter le barrage anticyclonique qui s'étend au sud avec une grosse zone de pétole. Alors qu'on devine encore un peu Saint-Pierre et Terre Neuve, à quelques longueurs à peine, une baleine courbe l'échine, lentement... On prend ça comme une invitation au retour auquel on aspire déjà à peine partis. Il y aura d'autres souffles au loin, une dernière nageoire caudale et la température de l'eau ne fera que chuter. La nuit, nos mains se blottissent dans des gants qu'on avait presque oubliés et nos têtes dans leur bonnet. Le thermomètre du bord était-il déjà descendu si bas? L'eau était à dix degrés, l'air on ne veut pas savoir. Le Sud Ouest soufflait, faisant suer de brumes épaisses les eaux froides des bancs de Terre Neuve. On devinait parfois le soleil ou la lune. Parfois.

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Mais ça grouillait de vie. Des dauphins nous saluèrent de nage en piqué roulé boulé. Et il y a eu les oiseaux. Des petits oiseaux noirs, improbables, qui volent presque comme des papillons. On les avait vus déjà en traversant le golfe du Maine. Là, la nuit, la nuit seulement, ils voletaient autour de nous et nous maintenaient éveillés par leur incessant barouf qui résonnait comme un printemps à la campagne. Il y a eu les fous encore et toujours. Mais attention, ça bosse un fou. Ça trace sans jeter une oeillade. Jamais un fou n'est venu batifoler autour de nous. Et il y a eu les puffins beluga friendly, coup de coeur de l'année! Il nous a fallu trois jours pour laisser derrière nous les bancs. Trois jours pendant lesquels on s'est plus d'une fois demandé comment ils faisaient les mecs, il y a pas si longtemps, pour venir pêcher la morue, ici, en plein hiver... avec des doris à rames, parfois à des jours de leur bateau-mère. Nous, on se calfeutrait dans notre cabane flottante en sortant de temps en temps pour voir si la brume s'était évaporée, un thé fumant entre les mains.

Dimanche, notre Gillot Petre nous annonça qu'on pouvait descendre en loffant pour anticiper le retrait de l'anticyclone. Le roi des Açores allait en effet laisser de la place à une perturbation venue du Sud. On s'est demandé si c'était pas un copain ou la fin de l'autre 'petit' qui suivait Irma... Beluga pointait enfin Flores, navionics nous annonçant une arrivée dans quatre jours. A l'intérieur, on se fait à une vie à bord au près, à laquelle on avait peu gouté jusqu'ici. Le vent est encore souffle caressant et la mer comme en sommeil. On range cependant puzzle et chateaux de cartes.

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On s'empare des mammifères marins qu'on décline en dessins et le jeu d'échec aimanté reste vaillant.

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Les mouvements du bateau restent doux. Mais la perturbation arrive... Le vent forcit et se fait refuseur. Que nenni... passeront pas! Beluga chevauche les vagues qui lui font face, monte et descend du rostre tout en gitant de plus en plus. Mercredi et jeudi, il s'est carrement mis en colère. Soufflant d'abord à 25-30 noeuds, puis à 30, flirtant avec les 40 en rafales sans jamais les étreindre. Merci à lui! Le foc détrône la trinquette. Pour la première fois depuis notre rencontre, la GV prend un troisième ris, n'offrant plus qu'un maigre triangle blanc au vent. Les corps essayent d'anticiper les mouvements plus secs de Beluga. Lui et Zizou font tout pour ne pas enfoncer des pieux dans la mer qui se creuse de plus en plus. Mais parfois ça claque et moi, ça me faisait mal, le gréement qui encaissait chaque marche ratée. On range les mammifères marins et les crayons aussi. Petits et grands assuraient chaque pas en s'appuyant ici ou là. T'as intérêt à toujours avoir une main libre ou presque sinon, c'est un coup à s'retrouver avec une empreinte nasale ou dentaire dans les vaigrages! Un assiette ou un bouquin mal calé volaient parfois, finissant dans un grand paf de l'autre côté du bateau. Est venu le moment où Beluga en a eu marre de tirer des bords carrés dans une mer plus que formée. Nous aussi. On a fait le gros dos après maintes tentatives de route infructueuses. On s'est mis à la cape, le temps que ça passe. Certains grains, d'après le radar, couvrait jusqu'à six milles. Il y a eu des éclairs, au loin. Beluga encaissait les vagues qui s'écrasaient avec force sur le pont. Il s'inclinait sous le vent dans les rafales alors que l'anemo s'emballait. La pluie faisait comme des milliers de danseurs à claquettes au-dessus de nos têtes. Presque deux nuits ont passé comme ça. Attendre. On essayait de repartir parfois... mais c'était pas la peine. La distance parcourue ne valait pas l'effort.

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Un petit matin, le vent a tourné à droite, enfin essoufflé par son trop plein de rage. On est reparti, ayant envie de relancer de la toile mais craignant encore un peu les grains retardataires. Le vent avait tourné mais pas la houle, que Beluga recevait de face... il lui fallait des forces. Fallait tomber le foc pour la trinquette, au moins la trinquette... Le jour s'est levé, les yeux se nichant dans leurs poches frappées par une plus forte gravité que de coutume. T'as le teint blême d'un contrôleur de la RATP et l'énergie d'une caillou. Tu sors le sac. Tu le traines sur le pont jusqu'à l'avant. T'as juste l'impression de tirer un âne mort et de te déplacer comme un éléphant. Tu saisis les mousquetons du foc. Tu peines à les desendrailer. Ton équilibre est mis à mal par les mouvements désordonnés de la mer sur laquelle tu poses le regard. Juste pour respirer, un peu... Et là, tu vois un puffin frais comme un gardon, planer au loin, avec la légèreté d'une feuille qu'emporte l'automne. On n'est pas des puffins! C'est pas notre monde ici... Mais que c'est beau, un puffin!

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16 août 2017

Déserts de Nouvelle-Ecosse

Nous voilà dans l'Atlantique Nord. Certains d'entre nous l'attendaient un peu avec impatience après quelques nuits tropicales étouffantes où moustiques et sueurs s'allient et transforment doux rêves en cauchemars. Le beurre aussi semblait attendre un peu de fraîcheur. Notre groupe froid étant gravement décédé, il fondait lamentablement quelque soit notre système D de refroidissement. On rêvait donc de beurre solide et de nuits ventilées. Les nuits se sont refroidies, nous permettant de renouer avec un sommeil sans obstacles jusqu'à l'aurore et le beurre a retrouvé une consistance normale. On peut même conserver du lait plus d'une journée sans qu'il ne se transforme en fromage. Nos banettes sont à nouveau équipées de couettes où chacun s'enroule avec grand plaisir après une soirée frisquette. Les shorts sont au placard et les jeans de sortie, les bottes ont détrôné les tongs et les bonnets les borsalino. On a retrouvé les manches aussi, et avec elles, cette désagréable expérience qu'on avait oubliée, celle des manches que tu remontes pour faire la vaisselle mais qui finissent toujours par redescendre en effleurant l'eau grasse juste avant que tu n'aies le temps de les remonter à nouveau! L'eau des réservoirs atteint une température où il devient difficile d'envisager une douchette même éclair sur la jupe arrière. Le ciel a perdu ce bleu profond, son soleil fidèle et ses vents réguliers.

Beluga se noie souvent dans une fleur de coton épanouie. On apprend à lire son approche lorsque l'horizon est clair... On découvre ces nuances inconnues des Tropiques où le brouillard n'existe pas. Ici, il est roi... Une fois qu'il a avalé la côte et la mer, qu'il ne reste plus que le brame incessant des balises pour habiter cet univers blanc, on cherche les signes précurseurs de sa disparition... Du blanc terne et gris, on peut passer à un blanc plus lumineux lorsqu'on quitte le centre de la fleur et qu'on se rapproche de sa périphérie où le soleil perce enfin les fins pétales! Ou pas... Il arrive que pluie et brouillard ne quittent pas le ciel de la journée et de la nuit. On quitte un mouillage et on arrive dans le prochain dans cette même fleur de coton parfois très humide, devinant à peine le rivage.

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Le soleil, quand il est là, rend à chacun ses couleurs et ses contrastes. Les îles rocheuses éclatent sur l'horizon, parfois surplombées par un phare respectable. Les plages de galets encore brillants de la marée descendante tranchent avec l'orée des forêts où se dressent des sapins patibulaires. Les quelques maisons timides dans la brume affichent presque fièrement leurs couleurs vives ou leur façade ornée de détails parfois kitsch.
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Un hangar de tôle rouillée, oublié au fond d'un jardin, prend des teintes orangées dignes des plus beaux couchers de soleil caribeen. On croise peu de bateaux et dans cette côte découpée où se multiplient les repaires secrets d'anciens contrebandiers, rares sont les mouillages où on a de la compagnie. Les oiseaux du large accompagnent encore souvent nos voiles et des phoques gris nous saluent parfois de leur regard moelleux à l'approche des côtes toutes un peu esseulées!

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On est presque surpris quand on entend un chien aboyer au loin, quand on devine une silhouette humaine au bout d'un quai ou juste un bateau. Alors quand en plus, on a une connexion wifi qui tombe du ciel, on en profite pour vous envoyer des échos de tout ça.

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09 août 2017

Mother Nature is in charge (spéciale dédicace à Greg de Norfolk)...

Beluga a quitté les côtes etatsuniennes vendredi dernier après une dernière escale à Boston. Robin, Lola et Julien y ont repris l'avion, laissant un grand vide là où avant, il y avait leurs chaussettes, leurs sourires, leurs pyjamas, leurs regards, leurs dessins, leurs blagues, leurs culottes ou caleçons. Dans un si petit espace, chacun prend une place qui devient vite béante une fois qu'il s'en va! Alors on s'est un peu forcé et on n'a pas traîné dans les faubourgs de l'aéroport où un avion survolait toutes les deux minutes notre mat.

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Les amarres larguées, les voiles hissées, Beluga a mis le cap sur la Nouvelle Écosse, faisant le deuil du Maine et de ce bout de famille repartie. La fenêtre météo était là, il ne fallait pas la rater dans ce coin de l'Atlantique où la stabilité des Alizés fait rêver. On y passe rapidement de la pétole au coup de vent, en passant semble-t-il rarement par la jolie brise, tout ça avec une girouette opérant des demi-tours radicaux d'une journée à l'autre. Les prévisions nous annonçaient trois jours de vent de secteur Sud, un peu Sud Est qui s'orienterait de plus en plus en Suroit. C'était pas un portant bien franc mais faut pas cracher dans la soupe, surtout par ici...

Heureusement que nos têtes étaient emmitouflées de ces bons moments de tribu élargie... Il y a eu du brouillard dès la première nuit. La pleine lune s'est voilée comme dans certains films où surgit le loup-garou, puis elle a complètement disparu. On était comme dans du coton, mais du coton très, très humide. Notre bon vieux radar est devenu nos yeux et on priait un peu, sans le dire, qu'il ne se mette pas à faire la tronche! La deuxième nuit a commencé avec le débarquement de Golgoths électriques. Moi, j'ai fait l'autruche dans mon sac de couchage et Jean-Sam a mis ses lunettes de soleil pour ne pas devenir aveugle sous le coup des trop nombreux éclairs. Quand mon quart a sonné, les Golgoths filaient au loin sur l'horizon et Jean-Sam semblait revenir d'un match de boxe. Mais la purée de pois leur a rapidement succédé, voilant à nouveau une lune bien ronde! Il faisait froid. Le vent piquait un peu. Bonnets, cache-cou, chaussettes et bottes étaient évidemment de la partie. Le brouillard est resté une bonne partie de la journée. On a entendu un cargo claironner dans notre travers, arrachant à notre coeur quelques battements! Puis le coton est devenu moins épais, plus lumineux.

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Il laissait presque percer le soleil. Ensuite, toujours à ce moment que tu n'attends plus, tu remontes de la descente après un check-up radar, échevelée sous un bonnet de traviole, et là, tes yeux un peu cernés sans doute et pas tout à fait en face de leurs trous clignent voire double-clignent devant la ligne bleue qui s'étire bien nette à l'horizon. Il n'y a plus cet effet fondu, tu vois le haut du mat... La brume est partie! C'est presque un autre monde dans la même journée.

Les oiseaux étaient là à nouveau, des océanites cul-blanc sans doute et des puffins majeurs peut-être. Les uns, petits, volent à ras de l'eau, l'effleurant parfois d'un jeu de pattes qui vaut largement un jeu de jambes James Brownien.

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Les autres, plus grands, plus ventrus, ne payent pas de mine à côté d'un fou de bassan. Mais leur vol est plus fascinant que le sourire de la Joconde! On dirait qu'ils ne volent que pour le plaisir de voler. On les voit rarement plonger.

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Ils semblaient accompagner Beluga, planant tout autour de lui et venant parfois caresser du bout de la dernière plume de leur aile la vague la plus proche. On a vu des ailerons... Entre requins ou sunfish ou autre, on ne sait plus trop. On a vu une énorme tête aussi. Au début, on pensait à un phoque frappé de boulimie mais une carapace d'un bleu qui se confond avec la mer traînait derrière l'occiput. Une tortue Luth! Elle était énorme, comme la sensation de la voir là, au milieu de ce rien qui est tout en bateau. Il y a eu des dauphins aussi... furtifs. Le brouillard et les éclairs nous ont enfin laissé tranquilles.

On a eu une dernière nuit étoilée et une dernière journée lumineuse comme une journée de montagne. Le coucher et lever de soleil prennent leur temps par ici, l'un étant le négatif de l'autre.

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Les couleurs s'enflamment lentement jusqu'à teinter le ciel d'un rouge incandescent qui tombe ou apparaît derrière l'horizon. Le vent nous poussait, les oiseaux aussi. On a donc décidé de poursuivre la route au lieu de risquer de s'enfermer dans les bras de Yarmouth. On a passé le Cap Sable. Les abris se faisaient plus nombreux, offrant un repli au cas où la météo prévue change d'humeur trop vite. Beluga a pointé la côte et le phare Sambro, en milieu d'après-midi, laissant derrière lui la vie du large et ses oiseaux. Il aurait bien continué je crois. Mais derrière la pointe, il y avait Halifax où un avion ne va pas tarder à atterrir !

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Nota Bene : mon reflex étant gravement décédé, j'ai piqué les photos des animaux volants sur la toile!

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29 juillet 2017

Premières visites...

Ce sont d'abord les hauts sommets de Manhattan qui se sont dessinés sur l'horizon. Le One-world et ses acolytes ont émergé alors qu'il nous restait une bonne vingtaine de milles à parcourir. Les tours s'épaisissaient au fur et à mesure que Beluga avançait, nous offrant un des zooms les plus lents de notre périple. C'est souvent dans ces douces approches que se cristallisent toutes les projections qu'on pouvait avoir sur le lieu qu'on s'apprête à accoster. Un pont est apparu... Le Verazzano. Sa structure métallique se tendait entre le New Jersey et New York, aussi fine de loin que le fil d'un habile funambule. Peu à peu, les bouées des différents chenaux ont coloré l'eau grise et le trafic s'est intensifié. Beluga pointait Coney Island et Rockaway beach. Sur tribord, une fine langue de sable à bordé l'horizon, étonnamment vierge comme un iceberg décroché de l'Antarctique.

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On aurait dit une dune bretonne en plein coeur de l'hiver, abandonnée par les touristes et même les habitués. Premier contraste avec les images d'une ville fourmillante. Sur babord, c'était le festival habituel de grande roue, double looping et autres attractions à sensation dont nous avait déjà régalé la côte américaine. Il y avait des voiles aussi qui parsemaient de leur triangle les rives new-yorkaises. Manhattan a disparu, bouffé par un avant-plan trop proche. On a longé Coney Island, ses plages, ses immeubles et petites maisons de bord de plage, bien loin eux aussi des trottoirs de Downtown! On a jeté l'ancre dans une petite crique d'où on entendait un bruissement urbain, entre sirènes et sifflements stridents étouffés de rails de métro.

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Des avions la survolaient... Peut-être que le lendemain, Robin, Lola et Ju la survoleraient également avant d'atterrir. Pas un chat dans la crique mais par contre des nuées de moustiques qui ont fait un festin de nos peaux tropicaliseés toute la nuit.
Au réveil, branle-bas de combat pour l'arrivée de nos invités! On frotte le pont à grands coups de seaux, on balayette et pelle, on astique le gros Beluga. On a juste le temps de faire une expédition terrestre pour peaufiner le tout avant que la Belgique ne débarque !  Ils arrivent, on se retrouve en se reconnaissant à peine tellement tout le monde a changé. Ça fait du bien... Mais Beluga a envie de participer à la renconte et trépigne.  On lance alors l'engin dans l'Hudson pour une remontée vers la Lady new-yorkaise... Lola adopte de suite notre Beluga et enfile son maillot, Robin observe les manoeuvres, le trafic et les rives dont l'urbanisme s'intensifie à chaque dixième de mille parcouru. Ju savoure tout ça.

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On jette l'ancre après avoir contourné Liberty Island et sa célibrissime statue. Je l'avais toujours trouvée un peu surfaite sa réputation, elle ne figurait pas partie au top five de mes légendes new-yorkaises. Une fois de plus, la confrontation avec la réalité redistribue les cartes. Elle s'est esquissée sur son piédestal et s'est naturellement imposée comme un cumulonimbus dans un ciel de traîne. 

On s'endormira avec l'impatience de découvrir la suite et de vivre ensemble tout ce qu'on a imaginé de ces retrouvailles depuis qu'elles sont annoncées !  

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